La nuit s'était étirée en une longue agonie. Je n'avais presque pas fermé l'œil, hanté par les instructions de Jason et la culpabilité qui menaçait de m'engloutir. cette idée de m'introduire chez les Harris est de voler ces caméra de surveillance, me brûlait l'esprit comme une marque au fer rouge. J'étais prêt à tout pour retrouver Maia, mais à quel prix ?
Quand le soleil se glissa timidement entre les rideaux, j'avais déjà pris ma décision. Ce serait aujourd'hui. Plus j'attendais, plus la situation s'aggravait. Jason savait des choses que j'ignorais, et malgré mon mépris pour ses combines, il détenait la vérité.
La matinée passa dans un flou désagréable. Mon estomac noué refusait toute nourriture, et mes pensées étaient un chaos impossible à apaiser. Je n'avais pas daigné me rendre à l'académie et avait reçu mille et un messages de Sophie auquel je n'avais pas répondu. Je la raconterai tout le moment venu
J'avais relu les instructions de Jason encore et encore, les gravant dans mon esprit comme une litanie :
Étape1: Désactiver les caméras depuis la boîte de contrôle dans le garage.
Étape 2:Monter au bureau.
Étape 3:Forcer le tiroir verrouillé et récupérer le disque dur.
Répéter. Encore. Et encore.
À 8h 55 précises, je me tenais devant le portail des Harris. Une excuse toute prête flottait sur mes lèvres, le gardien me laissa rentrer sans problème pensant que j'étais venu voir Heaven.
Je ne pouvais pas me rendre dans le garage par la porte de l'extérieur ça serait trop suspect, Jason m'avait expliqué que y avait un accès au garage directement depuis le deuxième salon .
Je frappai à la porte, le cœur battant dans mes tempes.
Eva arriva quelques instants après, plutôt surprise de me voir. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit je pris les devants
_ Bonjour Eva, je suis venu récupérer le livre que j'avais laissé la dernière fois et aussi...voir comment va heaven
Elle resta un petit moment devant la porte puis me signe de rentrer
La maison semblait figée dans un silence presque solennel. Je pris une profonde inspiration et elle referma la porte derrière elle, mes pas feutrés sur le parquet.
_ il n'est pas possible de voir madame Heaven pour l'instant, vous avez laissé votre livre dans sa chambre ? De quelle couleur est il ? Que je vous l'apporte
_ ne va t-elle pas mieux ? Demandais je oubliant un instant la raison véritable de ma venue
_ ne vous inquiétez pas elle va bien mais elle ne peut recevoir personne. Alors votre livre ?
Elle me semblait pressé, elle regardais sa montre avec un pli sur le front, il devait être 9h déjà
_ euh d'accord, le livre est gris. Le titre est << odes et balade : les orientales >> de Victor Hugo
_ d'accord attendez moi ici je reviens dans un instant
Elle partit dans la cuisine en quatrième vitesse , en sortie avec un plat où se trouvait un petit déjeuner et des pullules.
Elle avait disparue dans les escaliers, j'avais moins de cinq minutes pour la première étape.
Je m'introduisis dans la fameuse cuisine, le cœur battant à tout rompre, et me faufilai par la porte latérale du garage. La pièce sentait l'huile et le métal, une odeur familière mais étrangement oppressante dans ces circonstances. Je repérai rapidement la boîte de contrôle électrique accrochée au mur, telle que Jason me l'avait décrite.
— Allez, respire, murmurai-je pour moi-même.
Les premières commandes défilèrent sur l'écran de la tablette. Je les suivis à la lettre, mes doigts tremblants tapant chaque séquence avec une précision maladroite. Un bip résonna brusquement dans le silence, me faisant sursauter. La tablette confirma : Caméras désactivées.
— Ça a marché... soufflai-je, un mélange de soulagement et de panique m'envahissant.
Mais pas le temps de fêter ça.
Je rangeai rapidement la tablette dans mon sac et jetai un coup d'œil autour de moi. Aucun bruit suspect. La maison semblait figée, comme si elle retenait son souffle.
Je me faufilai hors du garage
Une fois à l'intérieur, le silence pesant de la maison me prit à la gorge. Je connaissais cet endroit, pourtant, en cet instant, tout semblait différent. Les meubles parfaitement disposés, l'horloge qui rythmait chaque seconde... Même les murs semblaient m'observer.
Je montai les escaliers en retenant mon souffle, le bois grinçant légèrement sous mon poids. Chaque bruit résonnait comme un coup de marteau dans mes oreilles. Concentre-toi, Aiden.
Le bureau de M. Harris se trouvait au bout du couloir. Je passais devant la chambre d'heaven marchant sur la pointe des pieds pour ne pas être entendu, il y avait un silence de mort dans cette pièce on dirait presque qu'il y a personne.
J'arrivais enfin. La porte était fermée, mais pas verrouillée comme l'avait dit Jason. Je posai ma main sur la poignée et hésitai une seconde avant de l'ouvrir.
À l'intérieur, tout était impeccable : une pièce sobre, avec un grand bureau en acajou et des étagères remplies de dossiers soigneusement rangés. Le disque dur devait être là, quelque part. Je me dirigeai vers le bureau et ouvris le premier tiroir. Rien.
— Allez, où est-ce... ? murmurai-je, une pointe de panique dans la voix.
Je fouillai méthodiquement chaque compartiment jusqu'à tomber sur un tiroir verrouillé. Bingo. Je sortis l'outil que Jason m'avait donné et m'attaquai à la serrure. Mes mains tremblaient tellement que je faillis lâcher l'outil à plusieurs reprises, mais au bout de quelques secondes, un petit clic retentit.
Le tiroir s'ouvrit, révélant un disque dur noir soigneusement rangé dans une pochette. Je l'attrapai et le glissai dans mon sac. Une vague de soulagement me traversa... mais elle fut de courte durée.
Un bruit sourd résonna depuis le rez-de-chaussée. Des pas.
Je me figeai, le cœur tambourinant dans ma poitrine. Quelqu'un était là.
Je m'accroupis derrière le bureau, retenant ma respiration. Les pas se rapprochaient lentement. Une voix féminine retentit.
— Monsieur Yann!Où êtes-vous !?
C'était Eva. Elle devait avoir fini avec Heaven et s'était sûrement rendu compte de mon absence . Je fermai les yeux une seconde, cherchant désespérément une solution.
Les pas s'éloignèrent finalement dans une autre direction. Sans perdre une seconde, je me relevai et me dirigeai vers la porte. Mais alors que j'ouvris la porte, mon cœur manqua de s'arrêter devant la personne qui se tenait en face de moi.
Je me figeai. Heaven.
Elle se tenait là, pâle comme un spectre, ses yeux rougis et vides plantés dans les miens.
— Heaven... ? murmurai-je, incapable de bouger.
Ses lèvres tremblèrent, mais aucun son n'en sortit.
— Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? continuai-je, m'approchant doucement.
Je levai une main tremblante pour replacer une mèche derrière son oreille. Elle frissonna, mais resta immobile, comme figée dans un état second.
— Heaven, réponds-moi, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Eva surgit soudain dans le couloir, visiblement paniquée.
— Monsieur Yann, vous ne devriez pas être là ! Elle... elle doit se reposer.
— Se reposer ? répétai-je, la voix tremblante de colère. Regardez-la ! Elle est malade, et vous le savez.
Eva baissa les yeux, murmurant presque inaudiblement :
— Vous ne comprenez pas... partez maintenant, je vous en prie
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AU BOUT DU CHEMIN
Fiksi RemajaAiden, un jeune homme au passé trouble, intègre un prestigieux institut musical grâce à son talent exceptionnel pour le piano. Mais derrière son ambition, il cache une obsession : retrouver Maia, la pianiste qui l'a autrefois inspiré et changé sa vi...
