Chapitre 24

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Heaven me fixa un instant, puis détourna le regard, comme si elle avait peur de me voir. Quelque chose n'allait pas, et je pouvais le sentir au plus profond de moi.  C'était un peu comme si elle ne me reconnaissait pas... Mais avant que je puisse me poser davantage de questions, Eva me saisit par le bras avec une fermeté inhabituelle.

— Vous devez partir maintenant ! répéta-t-elle, presque suppliantes.

Je n'avais pas le choix. J'étais en terrain dangereux. Je glissai un dernier regard à Heaven, qui semblait s'effondrer sur elle-même, et me laissai guider vers la sortie.

De l'extérieur,  je regardais cette maison rempli d'incompréhension, la première fois que j'avais mis les pieds ici je l'avais trouvé si belle mais en cette instant elle me faisait horreur, je luttais contre moi-même pour ne pas y retourner et la faire sortir de force. Comment ? Pourquoi ? À quel moment je me suis retrouvé dans ce tourbillon?

Le disque dur dans mon sac semblait peser une tonne. Que contenait-il exactement ? Pourquoi Jason avait-il insisté pour que je le récupère ?

Une fois loin de la maison, je me précipitai vers la grande route, l'esprit en ébullition. J'avais besoin de réponses, et je les aurais, coûte que coûte.

Mon téléphone sonna dans ma poche, il me fallut un moment pour m'en rendre compte, je décrochais presqu'aussi vite comme si ma vie en dépendait. C'était lui.

Jason avait insisté pour que je ne visionne pas le contenu seul. Il m'avait donné rendez-vous dans une vieille maison abandonnée à la périphérie de la ville, un lieu discret où personne ne viendrait nous déranger.

— Alors ? demanda-t-il, les bras croisés, bien plus sérieux que d'habitude . Tu l'as récupéré ?

Je déposai le disque dur sur la table poussiéreuse, ma main encore tremblante.

— Oui, pourquoi tu tenais tant à ce que je les visionnes pas seul ?

— parce que je ne voulais pas que tu mettes en péril mon plan

Il sortit son propre ordinateur portable de son sac et y connecta le disque dur. Jason semblait étrangement calme, presqu'imperturbable , comme s'il attendait ce moment depuis des lustres.

Un seul dossier apparut sur l'écran : "Projet H-26".

— Qu'est-ce que c'est que ça ? murmurai-je.

— C'est la vérité, répondit Jason en ouvrant le dossier.

Une série de fichiers vidéo s'afficha, mais il alla droit au but, sélectionnant le fichier le plus récent : "Séance 14 - Heaven".

_ je ne veux pas que tu fasses des folies, crois-moi ça ne servirait à rien, me prévient-il

Il lança la vidéo

L'écran s'illumina pour révéler une salle froide et clinique. Heaven était là, attachée sur un lit médicalisé. Ses poignets et chevilles étaient sanglés, et elle semblait totalement absente. Autour d'elle, un homme et une femme en blouse blanche ajustaient des appareils. À leur côté, se tenait M. Harris, les bras croisés et l'air impassible.

— C'est une blague ? murmurai-je, les yeux rivés sur l'écran.

Jason, silencieux, observait ma réaction avec attention.

Sur la vidéo, l'homme en blouse blanche prit la parole :
— Séance d'effacement mémoire numéro 14. Sujet : Heaven Harris. Objectif : supprimer les souvenirs liés à l'incident du 3 février.

— Quel incident ? demandai-je à Jason, mais il ne répondit pas.

Sur l'écran, la femme en blouse ajusta des électrodes sur les tempes de Heaven.

— Commencez, ordonna froidement M. Harris.

Un bourdonnement électrique résonna, et le corps de Heaven se tendit sous l'effet du choc. Ses yeux se remplirent de larmes, et un cri déchirant s'échappa de ses lèvres.

— Non... non... soufflai-je, horrifié, le cœur battant à tout rompre.

— Elle résiste encore, mais les souvenirs finiront par disparaître, dit l'homme en blouse, presque comme une constatation scientifique.

— Elle doit oublier, gronda M. Harris. Peu importe combien de séances il faudra. Augmenter la décharge s'il le faut !

Jason arrêta brusquement la vidéo, plongeant la pièce dans un silence oppressant.

_ j'ai un mauvais pressentiment, déclara t'il presque pour lui même.

Il regarda par la fenêtre comme s'il redoutait que quelqu'un nous espionne.

Je ne saurais l'état dans lequel je me trouvais, c'est comme si c'est moi qui avais subi toutes ces décharges, l'esprit embrouillé, j'arrivais à me demander si ce n'était pas un montage ou quoi que ce soit qui puisse expliquer ce que je venais de voir.

Peut-être... non je ne pouvais me l'expliquer

Je revenais à la réalité, Jason avait remis son ordinateur dans son et le disque dur dans le mien.

_ tu vas m'expliquer ce qu'on vient de voir a la fin !? Pourquoi tu es si calme! Tonnais je totalement hors de moi

_ qu'est-ce que tu veux savoir?

_ TOUT! En commençant par :Pourquoi fait il ça ? Qu'est-Ce qu'elle est sensée oublier ? Et tu n'as pas intérêt à me répondre que tu ne sais pas où quelque chose de ce parce que sinon..

_ la mort de sa mère, me coupa t-il, il ne veut pas qu'elle s'en rappelle parce que c'est lui qui l'a tué, tu imagines les gros titres : le fondateur de la plus prestigieuse des écoles de musique accusé d'assassinat. Il ne veut que son nom soit salit pour ça il est capable de tout même de nous faire disparaître tous les deux et ceux sans laisser aucune trace.

Tout ce qu'il venait de me raconter sembler décrire quelqu'un d'autre, monsieur Harris m'avait semblé être quelqu'un de bien, avec des valeurs et qui aimait sa fille plus que tout. Alors qu'en vrai c'est un monstre

_ comment a t-elle tué sa mère ?

Il me regarda puis détourna les yeux.

_ si je te dis incendie dans un magasin d'instruments de musique ça te rappelle quoi ?

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J'ai trop aimé écrire ce chapitre, j'espère que vous l'aimerez tout autant! N'hésitez pas me donner vos avis bisous 💋

AU BOUT DU CHEMINOù les histoires vivent. Découvrez maintenant