Chapitre 27

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L'inquiétude transparaissait dans sa voix, et je sentis mon estomac se nouer. J'avais envie de tout lui dire, de lui révéler la vérité, mais je ne pouvais pas la mettre en danger. S'il lui arrivait quelque chose, je ne me le pardonnerais jamais. Déjà que je ne me pardonnais pas de m'être enfuie comme un lâche et d'avoir laissé Ilan là bas, je ne me pardonne pas non d'être là pendant qu'heaven est en danger dans cette maison.

Cet impuissance me rendait malade, mais je devais rester mettre de moi même pour ne pas perdre la tête pour de bon.

— Je... non, je ne l'ai pas retrouvée, bafouillai-je. Je suis désolé... J'étais particulièrement occupé, c'est pour ça que je n'ai pas donné de nouvelles.

Un silence s'étira, suivi d'un léger souffle à l'autre bout du fil.

— Tu mens vraiment mal. Reste là où tu es, j'arrive.

Je me redressai légèrement contre l'arbre, soudain plus alerte.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu arrives où ? demandai-je, redoutant déjà la réponse.

— Je suis à quelques mètres de toi... J'avais activé le partage de localisation au cas où tu aurais des problèmes.

Je restai figé. Je n'avais même pas remarqué qu'elle avait encore accès à ma position. Pourtant, au lieu de m'énerver, je me surpris à sourire. Bien sûr qu'elle était là. Toujours au moment où on s'y attendait le moins. En vérité, je n'étais même pas étonné.

Quelques minutes plus tard, elle apparut enfin. Son regard s'assombrit aussitôt en me voyant.

— Aiden... non mais regarde-toi. Je ne regrette absolument pas de t'avoir pisté, tiens, prends ça.

Elle me tendit une bouteille d'eau que j'acceptai sans discuter. Derrière elle, son éternel chauffeur qui ressemblait à ce moment plus à un garde du corps qu'autre chose. Malgré sa carrure imposante, il était d'une douceur désarmante.

— Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, Aiden ? demanda-t-elle doucement.

Je détournai le regard. Je m'avouais vaincu,

— Pas ici. Je te raconterai tout une fois qu'on sera dans un endroit tranquille. Pas chez moi, et pas chez toi non plus.

Elle acquiesça sans discuter et m'aida à me lever. Mes muscles étaient lourds, mon corps vidé de toute énergie. Nous avons marché lentement jusqu'à la grande route où sa voiture était garée.

— Ma mère possède plusieurs propriétés, m'expliqua-t-elle. L'une d'elles est à six heures d'ici.

Un trajet de six heures... Cela me laisserait le temps de réfléchir. De planifier la suite. Parce que je savais que le pire restait à venir.

Une fois dans celle-ci, je me laissais aller à la réflexion, si Ilan était blessé je devais m'occuper de faire éclater la vérité, mais comment ? Je n'avais pas de temps à perdre, c'était d'ailleurs là qu'une idée me traversa, elle était risquée mais quitte à ne rien je devais tenter le tout pour le tout.

Une fois arrivés, je pris quelques instants pour observer les lieux. La maison, bien que modeste comparée aux standards de la famille de Sophie, n'en était pas moins magnifique. Une architecture épurée, des couleurs douces, et un sentiment de calme absolu. C'était exactement ce dont j'avais besoin : un endroit à l'abri des regards, loin de la folie qui menaçait de m'engloutir.

Sophie me guida à l'intérieur sans un mot, comme si elle comprenait que parler tout de suite n'avait aucun sens. Le chauffeur nous suivit jusqu'au seuil avant de s'éclipser discrètement. Elle s'éloigna un instant et revint avec une tasse fumante.

— Tiens, bois ça, ça te fera du bien, dit-elle en me tendant le chocolat chaud.

Je pris la tasse entre mes mains, laissant la chaleur se diffuser en moi. Un soupir m'échappa.

— Tu veux me dire ce qui s'est passé maintenant ?

Je hochai lentement la tête.

— Je vais te faire un petit résumé ; maia est heaven, Jason est ilan son frère, monsieur Harris est l'assassins de leur mère et fait subir à sa fille un lavage de cerveau par électrochoc, il a découvert qu'on avait Ilan et moi volé le disque qui montre ce qu'il fait à heaven et a failli nous tuer...

Je relevai les yeux vers Sophie, guettant sa réaction. Elle était immobile, accrochée à mes paroles. Limite à sa place j'aurais éclaté de rire tellement tous ces faits semblent lunaires.

_ si tu n'avais pas l'air si sérieux, je t'aurais demandé si tu te croyais dans un film... c'est horrible cette histoire je ne sais même pas quoi dire

— je dois la faire sortir de cette maison, Kevin doit payer pour ce qu'il lui a fait et pour le mettre de sa femme, et y a Ilan aussi qui est peut-être mort

Je sortis min ordinateur et inséra le disque dur prête à faire l'irréparable et ça avait intérêt à fonctionner. Si je ne pouvais pas me rendre à la police c'était ma dernière initiative.

Je lança la vidéo prêt à mettre mon plan à exécution. Dès les premières images, je vis Sophie se figer, ce qui me coupa dans mon élan. Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, et soudain, le verre qu'elle tenait dans son autre main lui échappa et se fracassa sur le sol.

— Sophie ?

Elle cligna plusieurs fois des yeux, semblant reprendre ses esprits.

— Pardon, je... je suis juste fatiguée et l'ambiance de la vidéo est oppressante , murmura-t-elle précipitamment.

Elle se baissa immédiatement pour ramasser les morceaux, évitant soigneusement mon regard. J'aurais dû m'attarder sur sa réaction, sur ce sursaut qui n'était pas seulement dû au choc de la vidéo... mais à ce moment-là, j'étais trop absorbé par mon propre tourment pour y prêter attention.

— On ne peut pas laisser passer ça, dis-je d'une voix rauque. Je vais faire éclater la vérité, coûte que coûte.

Sophie se redressa lentement et me regarda enfin dans les yeux.

— Et comment comptes-tu t'y prendre ?

Je laissai échapper un faible sourire, aussi déterminé que désespéré.

— J'ai une idée... mais elle est risquée.

Son regard s'assombrit, mais elle ne posa pas de question. Parce qu'elle savait déjà qu'elle allait me suivre, peu importe où cette idée allait nous mener.

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AU BOUT DU CHEMINOù les histoires vivent. Découvrez maintenant