Je parcourus la maison de fond en comble, l'estomac noué. Chaque pièce était vide, et le silence régnait en maître. Le salon, la cuisine, la salle de bain, même le petit débarras sous l'escalier : aucune trace de Sophie. Pas un mot, pas un message. Comme si elle n'avait jamais été là.
Mon esprit tournait à cent à l'heure. Avait-elle vraiment volé le disque dur ? Et si elle était partie parce qu'elle voulait sauver son père, après avoir reconnu son visage sur la vidéo ? Ou bien était-elle tout simplement complice ? Je ne savais plus quoi penser. Je me souvenais encore de sa main rassurante sur mon bras, de son regard inquiet quand elle m'avait conseillé de me reposer. Impossible de croire qu'elle était de mèche avec cet homme... Mais les faits étaient là : le disque dur avait disparu, et elle aussi.
Mais c'est Sophie, la douceur incarnée toujours souriante, ce n'était pas possible je me refusais de croire à une possible trahison!
Je ne pouvais pas rester ici plus longtemps. Il y avait que moi, Je pris une grande inspiration et quittai la maison, jetant un dernier coup d'œil derrière moi dans l'espoir de voir Sophie surgir et me donner une explication. Mais rien ne bougea.
Une fois dans la rue, j'avançai d'un pas rapide, la capuche de mon sweat rabattue sur ma tête pour éviter de croiser des regards indiscrets. Les visages que je croisais semblaient tous menaçants, comme si n'importe lequel de ces inconnus pouvait être un homme de main de Harris, prêt à me sauter dessus. je n'arrêtais pas de jeter des coups d'œil par-dessus mon épaule.
Quand j'arrivai enfin au pont d'Older Street, Ilan m'attendait déjà, adossé à la rambarde, le regard rivé sur l'horizon. À peine m'aperçut-il qu'il s'avança d'un pas vif, son visage pâle, il tenait son épaule d'une main qui semblait lui faire souffrir, ça doit être là qu'il a reçu la balle. Il a néanmoins réussi à résister... et moi je n'avais plus le disque.
— Alors ? souffla-t-il d'une voix faible en tentant sa main, le disque dur où est-il ?
Je secouai la tête, la gorge serrée.
— Il n'est plus là. Et Sophie non plus.
— Comment ça, "plus là" ? s'emporta-t-il, le regard s'enflammant d'une colère indescriptible. QU'EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE "PLUS LÀ"? Répéta t-il oubliant son épaule et me saisissant par le col.
La douleur le rappela à l'ordre et il me lâcha presqu'aussitôt.
— Sophie l'a pris, sûrement pour protéger son père mais ce n'est pas une mauvaise personne
Il partit dans un rire amer qui me fit frissonner, prenant son visage dans ses mains, il me murmura des paroles imperceptibles et soupira
_ tu ne sais même pas ce que tu dis
Il me lança un regard assassin avant de se retourner sans un mot, Avant de s'engager sur la route.
__ où vas-tu ? Demandais je incrédule
Il s'arrêta un moment et dit sans se retourner.
__ je m'en vais retrouver ce disque dur et ceux même si je dois remuer ciel et terre, je ne veux pas de toi, je vais procéder seul comme je l'ai toujours fait parce que visiblement faire confiance aux premiers venus étaient là pire des erreurs et crois moi cela ne se reproduira plus. Je sauverai ma sœur seul.
Et il s'en alla
Le disque dur n'était plus là, est-ce que je pouvais vraiment lui en vouloir d'être dans cette état, non à sa place je sais pas si je tiendrai le coup et heaven, est-ce qu'elle a encore subi des sévices.
Et là je me rappellerais là dernière fois où je l'ai vu, le visage pâle, elle semblait vidée de toute énergie vitale, est-ce qu'elle survivra comme ça... et ces magnifiques yeux translucides qui avaient perdu leur éclair.
Non je refuse de la laisser une nuit de plus avec ce monstre si et seulement Sophie a le disque dur elle me le rendra de gré ou de force.
J'avais entrepris de faire de l'auto-stop parce que je me trouvais à une bonne distance et prendre un taxi n'était pas l'idéal. Un coupe à d'une trentaine d'années me prit et me déposa à deux heures de route de la maison de Sophie.
De là je pris un car. La nuit était tombée, couvrant la ville d'un voile sombre et inquiétant. Mes pas résonnaient sur le trottoir humide tandis que je me dirigeais vers la maison de Sophie. Mon cœur battait à tout rompre.
En arrivant devant chez elle, un frisson me parcourut. La porte d'entrée était entrouverte. Mon estomac se noua davantage. Je poussai doucement la porte, chaque gémissement des gonds résonnant dans l'air silencieux.
— Sophie ? appelai-je, d'une voix faible, mais aucun son ne répondit.
J'avançai à pas feutrés dans le couloir sombre. Le silence était pesant, oppressant. Un bruit étouffé attira mon attention depuis le salon. Mon cœur battait de plus en plus vite. J'approchai lentement, sentant la sueur froide couler le long de mon dos.
Et là, en franchissant le pas de la porte, je restai figé.
Sophie était à genoux, les mains tremblantes, couvertes de sang. Ses larmes coulaient silencieusement tandis qu'elle fixait le sol. Juste devant elle, un corps gisait, inerte, baignant dans une mare de sang. Je sentis ma gorge se serrer.
Puis, mon regard glissa sur le côté... Ilan était là, debout, son visage pâle figé dans une expression indéchiffrable. Comment avait-il fait pour arriver aussi vite... Je restai paralysé. Était-ce lui qui avait tiré ? Ou était-il arrivé trop tard ? Le pistolet dans sa main tremblait légèrement, mais ses yeux, eux, semblaient vides
Un silence assourdissant s'installa.
Mon souffle se bloqua dans ma poitrine.
— Qu'est-ce que... ?
La scène devant moi me laissa sans voix. Mon cerveau refusait de traiter l'image devant moi. Mon souffle se bloqua, ma gorge se serra. Était-ce bien réel ? Était-ce Sophie... à genoux, couverte de sang ? Et ce corps... ce corps sans vie
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AU BOUT DU CHEMIN
Novela JuvenilAiden, un jeune homme au passé trouble, intègre un prestigieux institut musical grâce à son talent exceptionnel pour le piano. Mais derrière son ambition, il cache une obsession : retrouver Maia, la pianiste qui l'a autrefois inspiré et changé sa vi...
