Chapitre 24 : Roi

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Côme 



La salle du trône brûle d'un silence tendu, rythmé seulement par le crépitement des braseros qui illuminent les murs de reflets d'onyx et d'or. Je suis assis à droite du trône, Seraphine à gauche. À travers les vitraux aux teintes orangées, le soleil déclinant teinte la pièce d'une lumière presque irréelle. Clovis reste debout à mes côtés, en garde, droit comme une lame, une main posée sur le pommeau de son épée. Le général, un homme imposant à la chevelure grisonnante et au regard perçant, est assis sur un fauteuil perpendiculaire à nous, dessinant un triangle de pouvoir avec mon père, au sommet.

Les portes s'ouvrent enfin dans un grincement sourd, et Polyque, le souverain intendant du royaume de l'Eau, entre d'un pas mesuré. Il avait une place importante au sain du royaume de l'eau quand Abrina gouvernée. Son apparence m'étonne presque : je m'attendais à un homme imposant, froid et calculateur, mais à la place, c'est un vieillard sage et distingué qui nous fait face. Drapé dans une toge immaculée brodée de bleu, il avance avec la prestance d'un roi qui n'a rien à prouver. Sa longue cape traîne derrière lui comme une vague immobile, et ses cheveux, presque transparents sous la lumière, flottent autour de son visage marqué par les années. Ses yeux, d'un bleu éclatant, presque surnaturel, fouillent la pièce avec une intensité déroutante.

Je ne l'ai jamais rencontré, mais il dégage une telle présence qu'il me semble familier, comme un vieux maître oublié. Une sympathie étrange monte en moi, teintée d'une pointe de respect. Pourtant, ce n'est pas le cas du général du Feu, assis en retrait. Je vois ses mâchoires se serrer alors que Polyque s'incline brièvement devant mon père.

— Souverain Polyque, entame mon père d'une voix grave et mesurée, merci d'avoir accepté notre invitation. Ces derniers jours, nos frontières ont subi des attaques préoccupantes. J'espère que vous pourrez m'éclairer.

— Des attaques ? La voix de Polyque est douce, presque apaisante, mais elle cache une dureté que je ne peux ignorer. Pourquoi m'invitez-vous si ce n'est pour m'accuser ? Vos mots me paraissent... chargés.

Je sens le général se raidir. Son regard noir se pose sur Polyque, et je le vois à deux doigts de bondir.

— Votre majesté, intervient le général, sa voix froide et tranchante comme un couteau. Qui d'autre aurait l'audace d'attaquer notre royaume sinon vos hommes ? Les preuves ne sont pas claires, mais tout pointe vers votre royaume.

Polyque se redresse légèrement, ses yeux fixant le général avec un calme glacial. Il reste silencieux un instant, comme pour jauger s'il doit parler ou non.

— Des preuves, dites-vous ? Sa voix reste posée, mais un éclat traverse ses yeux. Mon royaume a assez de problèmes pour se soucier des vôtres. Les hommes de l'Eau ne sont pas des assassins. Vous feriez mieux de surveiller vos propres frontières.

Le général du Feu grogne presque, et je sens l'atmosphère se tendre. Seraphine, impassible, observe la scène, son regard sombre suivant chaque mouvement.

— Vous mentez, murmure le général d'un ton lourd d'accusation.

Polyque tourne lentement la tête vers lui, ses yeux bleus plus perçants que jamais.

— Si je suis ici pour être insulté, je peux repartir immédiatement.

Un silence s'installe. Mon père, fidèle à son rôle, lève la main pour apaiser la tension.

— Ce n'était pas mon intention, Polyque. Nous avons besoin de clarté dans ces temps troublés. Mais vous semblez préoccupé. Que sont ces "problèmes" dont vous parlez ?

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