🎵 RENEGADE — AARYAN SHAH
Je n'en revenais pas.
Pourquoi est-ce que tu gardes toujours espoir, Lucy ?
En inspectant mon reflet dans le grand miroir des toilettes de l'université, je remarquai mes cernes que j'avais essayé de cacher tant bien que mal ce matin et qu'une seule larme avait coulée tout le long de ma joue droite vers ma lèvre inférieure, fendue suite à la gifle que je m'étais prise la veille.
Je ne pouvais m'empêcher de ressasser la discussion de la veille entretenue avec mon père. De me dire qu'il n'était pas, ou ne voulait pas être présent pour moi - pour nous - et qu'il ne portait aucune attention à ce qu'on pouvait lui dire, que ce soit important ou non, me faisait bien plus mal que ce que je croyais.
Pourtant, je ne recherchais que cette figure paternelle, censée montrer du soutien et protection à ses enfants. Hélas, je réalisai la désillusion dans laquelle je m'étais enfermée durant ces années. J'étais déçue de son comportement.
Je ne lui demandais pas la lune, je voulais juste lui parler comme une fille parle à son père sur d'innombrables sujets. D'avoir une oreille attentive sur mes peurs, qu'il puisse me rassurer quand j'en éprouvais le besoin. Mais aussi cette complicité qu'il m'arrivait de voir avec un parent et son enfant, mais que moi, je n'y avais pas droit.
Même un seul de ces points-là, il ne daignait m'accorder.
Peut-être est-ce trop demandé ?
La seule chose qui le préoccupait semblait être sa réputation, ainsi que la façon dont les autres le voyaient de par l'image qu'il renvoyait. Il ne se préoccupait que de sa personne et de son apparence.
J'avais l'impression qu'il s'en fichait de moi. Pas une seule fois il ne m'avait demandé comment je me sentais depuis notre arrivée ici, de mon sommeil encore plus catastrophique qu'auparavant, de tout ce qu'il y avait à côté que je devais gérer en plus des cours à l'université.
Il ignorait complètement tout cela, ou plutôt il n'y portait guère attention, ne voulant pas ou n'ayant pas le temps de m'écouter.
Après tout, il a d'autres choses plus importantes à faire...
Néanmoins, pour trouver du temps afin d'être au courant de mes fréquentations ou des personnes à qui j'adressais la parole, là ça ne lui posait plus aucun problème. La seule présence ou personne que je connaissais parfaitement s'agissait de lui et ma mère. J'avais la sensation d'être égoïste que d'oser lui demander d'accorder le peu de temps qu'il possédait à sa fille.
Peut-être que je ne le mérite pas ?
Perdue dans mes réflexions, j'entendis la sonnerie qui signifiait la fin des cours, signe qui annonçait que la matinée s'était déjà écoulée.
Je soufflai un bon coup en replaçant quelques-unes de mes ondulations blondes devant ma poitrine et j'essuyai légèrement la trace de la larme qui avait déjà séché. Je m'empressai ensuite de sortir des toilettes. Aussitôt, une foule d'étudiants se forma autour de moi, réduisant mes espoirs d'apercevoir si Amélia se trouvait dans les parages.
Je ne l'avais pas croisée de toute la matinée, et étrangement, je n'avais pas vu les motards non plus pour le moment. Je me retenais de me réjouir trop vite, n'ayant pas oublié la dernière fois sur le parking de l'université.
Je fonçai jusqu'à l'aire de restauration, The Ville Grill, la tête légèrement baissée en murmurant des « pardons, excusez-moi », afin de me frayer un passage parmi toute cette foule. Ce ne fut pas sans encombre, je ne comptais plus le nombre de fois où l'on me bousculait sans ménagement. D'une main, j'entrepris de tenir fermement mon sac, et de l'autre, je la replaçai sur ma chevelure pour ne pas qu'une mèche de mes cheveux ne soit tirée.
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MEMORIA
Mystery / Thriller« Lucy Collins, 22 ans, est loin d'avoir la vie qu'elle aurait souhaitée. Entre les nombreux conflits permanents auxquels elle peine à y faire face et la discorde qui règne dans sa famille... Elle est complètement meurtrie. Lorsqu'elle apprend qu'...
