19 | THE EAGLE

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🎵 Yad — Erika Lundmoen (instrumental)


Amélia se retourna d'un coup vers moi, surprise que j'acceptais, malgré mon malaise évident, entourée de ces cinq motards.

Surtout envers un, en particulier.

Seuls trois d'entre eux reprirent leur marche avec elle jusqu'au restaurant The Eagle. Tant qu'à moi, je pris mon téléphone en voulant envoyer un message à Madame Wilson. À la dernière minute, je choisis de passer un appel, moyen beaucoup plus simple et plus rapide de m'assurer que tout était ok lors de ma brève absence. À l'instant où j'appuyai sur la touche appeler, je remarquai Jones et Harris discutants ensembles en me jetant de temps à autres des coups d'œil, jusqu'à ce que le grand frère de Rosie n'intercepte un appel.

— ... mademoiselle Collins ?

— Oui, je voulais te dire que j'arriverai un peu plus tard que prévu, j'ai prévu de manger-

— Ne vous en faites pas, m'interrompit-elle. Cela ne me pose évidemment aucun problème.

— Merci beaucoup. Je voulais aussi savoir comment Lenny allait ? Est-ce que tout va bien ?

— Oui, ne vous en faites pas pour lui, il est devant son dessin animé favori. Tout va très bien de notre côté, vous n'avez pas à vous inquiétez. Vous pouvez compter sur moi, comme toujours.

— Merci, Susan. Si toutefois il y a le moindre problème...

— Je n'hésiterais pas à vous appeler.

— Oui. Merci encore, et à tout à l'heure.

— Profitez bien de cette soirée, mademoiselle. À tout à l'heure.

— Merci !

En ramenant mon portable vers le bas de mon torse, je fixai l'écran et coupai la communication, complètement rassurée de savoir que tout allait bien. Toutefois, je ne voulais pas trop tarder, déjà parce que la fatigue commençait à s'emparer de moi alors qu'il n'était que 18h.

Je rangeai le téléphone dans mon sac et observai autour de moi, puis je constatai que Harris, avant d'entrer dans le restaurant, jeta un coup d'oeil à son ami. Jones, lui, était accolé contre l'un des murs près des vitres et portes qui donnaient vu sur l'intérieur du restaurant. Il m'épiait. Je déglutis péniblement, à croire que par mon geste j'avais quelque chose à me reprocher.

Je tâchai de récupérer mon esprit un peu trop égaré à mon goût, me dépêchant de rejoindre les autres sûrement déjà installés à l'intérieur. Arrivée à sa hauteur, je penchai la tête. Soudain, on m'attrapa par le bras et on me tira brusquement en arrière. Un hoquet de surprise franchit mes lèvres, qu'au même moment plusieurs personnes quittèrent l'établissement.

— Merci, dis-je en me retournant vers lui, m'évertuant de ne pas bégayer.

Ce ne fut pas évident en sentant le rouge me monter aux joues face à la situation ainsi que les regards curieux des gens que j'avais évité de justesse, mais surtout en plongeant dans des yeux d'un vert perçant impénétrables.

— Tu ne pourrais pas regarder où tu vas ? lança-t-il froidement après avoir raccroché.

Face à son ton sec, j'ouvris la bouche et la refermai, ne sachant pas quoi dire sur l'instant. Je ne relevai donc pas, préférant m'engouffrer à la hâte à l'intérieur, ne voulant m'attarder plus que nécessaire. De par cette simple et infime interaction avec lui, je regrettai d'avoir dit que j'allais rester manger avec eux.

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