— Lucy ?
Amélia et moi, nous nous jetâmes une brève œillade face à cette voix étrangère. Je me retournai lentement vers la personne, qui n'était autre que celui qui m'avait bousculée à la cafétéria, l'autre jour. Le brun aux yeux marron était donc entouré de ses amis, ceux qui justement nous encerclaient.
Par instinct, je reculai. Perdue, Amélia, méfiante, recula à son tour.
— J'voulais m'excuser pour la dernière fois.
— Comment ça ?
— L'incident, à la cafétéria.
Abasourdie, je m'arrêtai en continuant de le fixer. Je me souvins, désormais.
C'est juste pour ça ? Et pourquoi que maintenant ?
— Davis, c'est ça ? répliquai-je, incertaine.
Il acquiesça, je me raclai la gorge et poursuivis :
— Ce n'est rien.
D'un côté j'esquissai un minuscule sourire de façade, de l'autre, je me tins prête au cas où la situation dégénérerait à tout moment. Après tout, nous devions nous attendre à n'importe quoi. Son geste n'était pas cohérent, il ne ressemblait en rien à quelqu'un qui s'excusait amplement, surtout en étant entourée de la sorte.
Si c'était vraiment pour s'excuser, pourquoi ne pas le faire seul ?
En analysant rapidement les parages, je déglutis en constatant qu'il n'y avait aucune possibilité pour que l'on puisse s'enfuir. Pire, la foule d'étudiants curieux s'étaient attroupés autour de nous. Ils ne rataient pas la moindre miette de l'échange qui se déroulait sous leurs yeux - comme si c'était une sorte de spectacle -, pour mon plus grand malheur. Ils s'entassèrent, de plus en plus nombreux. Je me sentis étouffée, prise au piège.
Je détestais la foule.
Mais pire, je détestais être le centre de l'attention.
Alors, les deux conditions réunies...
Les mains moites, la gorge sèche, je pivotai légèrement avec Amélia qui hocha clairement la tête une fois.
— Tu ne me crois pas, c'est ça, hein ? s'enquit Davis, nous interrompant dans notre élan.
— Non... enfin je veux dire si, bégayai-je. J'accepte tes excuses, sur ce, je suis désolée mais...
— Il va falloir qu'on y aille, termina à ma place Amélia qui m'attrapa par l'avant-bras droit.
À peine eûmes-nous le temps d'essayer de nous frayer un passage, on m'attrapa par l'autre bras, me tirant en arrière avec force. Je manquai de perdre l'équilibre.
Je me tournai vers la personne qui me tenait le bras. Davis.
— Je t'accompagnerai au bal, samedi soir.
Je me figeai.
Comment est-ce qu'il sait que je compte venir ?
Personne n'était au courant hormis le groupe et Amélia. Les garçons ne le fréquentait pas et encore moins celle qui se tenait à mes côtés. Décidément, les gens parlaient beaucoup. Trop, à mon goût.
— Merci, mais quelqu'un s'est déjà proposé de le faire, mentionnai-je d'une voix calme. Maintenant j'aimerais bien que tu me lâches, tu me fais mal.
— Lâche-la ! siffla Amélia en me tirant.
— Tu mens depuis le début, poursuivit-il en l'ignorant. Tu dis que ce n'était rien mais tu ne fais que regarder autour de toi pour fuir, refusant mon invitation en prenant cet air supérieur sur ton joli visage.
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MEMORIA
Misteri / Thriller« Lucy Collins, 22 ans, est loin d'avoir la vie qu'elle aurait souhaitée. Entre les nombreux conflits permanents auxquels elle peine à y faire face et la discorde qui règne dans sa famille... Elle est complètement meurtrie. Lorsqu'elle apprend qu'...
