🎵 JUNGLE — EMMA LOUISE
Ils étaient déjà partis depuis quelques minutes et Lenny, lui, était monté pour se doucher. En fermant la porte à clefs derrière moi, je m'emparai de mon portable qui fonctionnait enfin. Je composai un numéro bien précis que j'avais conservé, au cas où un jour je voudrais la rejoindre. Je ne savais pas si elle allait accepter de me répondre. Après tout, ça ne me coûtait rien ne serait-ce que d'essayer.
— Allô ? Madame Wilson ? Susan Wilson ?
— Mademoiselle Collins ? C'est bien vous ?
— Oui, j'espère que je ne vous dérange pas. Je vous appelle car j'ai quelque chose à vous proposer. Excusez-moi de vous déranger aussi tard, mais je voulais savoir s'il est possible qu'on se parle quelques minutes, s'il vous plaît ?
Il était 20h.
Vêtue de mon pyjama blanc - qui se constituait d'un débardeur à manches fines et d'un short où il y avait des motifs de petites fleurs rouges accompagnés de petites feuilles vertes autour -, assise sur le canapé beige dans le salon avec Lenny et nos yaourts aux fraises en mains, j'attendais mon père depuis trois heure environ, sans savoir s'il allait rentrer à la maison ce soir. Cela ne m'étonnait pas du tout, avec le temps je m'y étais habituée. Son travail en tant que médecin l'obligeait à avoir certains horaires, la contrainte du métier comme l'on disait. Honnêtement, c'était plutôt Lenny qui avait du mal. Rares étaient les fois où il s'en plaignait. J'osais espérer qu'en étant là pour lui, j'arrivais à lui faire changer les idées.
Ce soir, Lenny et moi avions mangé de la salade cobb, que j'avais revisitée. C'était une recette à base de salade donc, accompagnée de sa vinaigrette ainsi que des poulets frits, un peu de bacon, des tomates et des oeufs durs. Je n'avais pas pris de risque à faire un repas moins équilibré car j'ignorais si mon père allait rentrer, puisqu'il ne supportait pas la cuisine trop grasse et du genre fast-food. À vrai dire, il n'appréciait que rarement ce que je faisais à manger. À chaque fois, il trouvait toujours quelque chose à dire : que c'était trop salé, pas salé, trop cuit... j'aimais faire la cuisine - du moins j'ai toujours eu cette obligation - mais au final toutes ces remarques faisaient que cela devenait oppressant.
Surtout les rares fois où je dois cuisiner pour lui.
Mon yaourt terminé, je me levai pour aller faire la vaisselle, tandis que mon petit frère prit place sur l'un des tabourets de bar de l'îlot central de la cuisine.
— C'était délicieux. J'ai hâte d'en remanger la prochaine fois !
Je me retournai et il planta ses iris bleues dans les miennes alors que la cuillère était désormais dans sa bouche. Aussitôt, mon cœur fondit instantanément face à ses paroles et à tant de mignonnerie, je ne pouvais m'empêcher de me rappeler quand il était bébé.
Je rinçai mes mains, les essuyai et en faisant le tour de l'îlot, je m'arrêtai près de lui puis passai mes mains dans sa chevelure douce et brillante.
— Merci mon ange.
— Merci à toi plutôt, grande sœur, répondit-il en me souriant et en balançant légèrement ses pieds.
Je lui rendis son sourire, quand au même moment à l'extérieur, le moteur d'une voiture rugit. Ayant terminé lui aussi, il descendit de son tabouret avec précaution et courut vers la porte qui s'ouvrit en même temps. Un grand sourire illumina son visage, il était vraiment heureux de le revoir.
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MEMORIA
Mystery / Thriller« Lucy Collins, 22 ans, est loin d'avoir la vie qu'elle aurait souhaitée. Entre les nombreux conflits permanents auxquels elle peine à y faire face et la discorde qui règne dans sa famille... Elle est complètement meurtrie. Lorsqu'elle apprend qu'...
