Recherches approfondies

150 12 1
                                        

Cela fait maintenant 2h37 que nos cerveaux bouillonnent et je peux sentir la moiteur des mains de Ji-yong alors que je suis toujours dans le canapé et lui est assis sur une chaise de la cuisine.
Je fixe le plafond, les mains jointes, et ne dis pas un mot depuis le début de la recherche mentale.
Souvent, les gens me demandent si je prie mais non, je ne prie pas. Je réfléchis.
C'est alors que je me rends compte que je n'en connais pas assez au sujet de Ji-yong pour pouvoir faire des recherches approfondies.
Je prends alors mon ordinateur et tape son nom dans le moteur de recherche Google. L'ordinateur m'offre une petite gamme de sites internet qui auraient pu parler de lui de n'importe quelle manière.
Je clique sur le premier lien et découvre un site spécialisé dans la mode orientale.
Tout est écrit en Portugais mais j'arrive quand même à lire quelques passages.
«Physique atypique... Gros potentiel... Regard perçant... Style particulier... »
Ça ne me donne pas plus d'info sur sa vie...
En bas de la page, quelques photos avaient été jointes pour apporter un peu de dimension à l'article.
C'est vrai qu'il avait du talent. On voit tout de suite qu'il s'amusait à faire ces photos.
Une ribambelle de lycéennes (d'après leur orthographe) avait posté des commentaires disant «coment il è tro bo é tou!» mais je ferme vite mon pc car les fautes sont tellement nombreuses qu'elles me donnent mal à la tête.
Je laisse tomber l'idée qu'internet peut répondre à toutes les questions basiques ou existentielles de la terre et de l'univers et me tourne vers mon initiative de base: lui demander pour en savoir plus.
Je me lève et dépose mon pc sur la table basse. Je m'apprête à entrer dans la cuisine quand quelqu'un frappe à la porte.
Je vais ouvrir et découvre qu'il s'agit de l'inspecteur Lestrade.
-«Police. Emmanuelle, je suis désolé mais il faut que tu nous laisses entrer.»
Il me bouscule et entre, suivi de plusieurs officiers en combinaison blanche.
-«Qu'est ce qu'il se passe?! Qu'est ce que vous faites?!»
-«On vient voir ce que tu caches.»
Oh non, pas lui, pas encore, pas gros pif! (C'est vrai que c'est marrant de se moquer du physique! Je crois que ça va devenir son nouveau surnom: Peter alias Gros pif!)
-«Et qu'est ce que tu fous là toi?»
-«On m'a inclus dans la brigade des stups.»
-«Je vois que tu n'as pas rendu son téléphone à ton client.»
Lestrade fixe le téléphone qui était resté sur le fauteuil.
Vite, vite, une excuse...
-«Il n'est pas venu. Il avait des choses importantes à faire.»
-«Ouais...»
Il n'a pas l'air très convaincu.
-«C'est quoi ça?»
Peter sort de la cuisine avec un sachet contenant plusieurs tubes de papier et ... Dois-je vraiment vous le dire? Bon... C'est...
-«De la cocaïne?!»
Voilà! Vous êtes contents?
-«C'est mon kit de secours...»
Lestrade à l'air surpris par le terme employé.
-«Kit de secours?!»
-«Je suis clean! Ok? Vous pouvez demander à...»
Et zut... Je lève la main en direction de Ji-yong et le regarde en attendant une réponse mais ce dernier me sourit et me fait «non» de l'index avant de croiser les bras sur sa poitrine.
Il ne bouge pas de sa chaise et je commence à comprendre pourquoi.
Il veut voir comment je me débrouille seule.
Et Petet contre attaque!
-«À qui?»
-«La ferme gros pif!»
Oups! C'est sortit tout seul.
Tout le monde s'arrête de travailler et tourne les yeux dans notre direction.
Plus personne n'ose faire un bruit sauf Ji-yong qui est en train de mourir de rire dans la cuisine.
En le regardant, je ne peux m'empêcher d'avoir un rictus.
C'est Lestrade qui réengage la conversation.
-«Ce n'est pas drôle Emmanuelle. Est ce que tu te rends compte que tu détiens de la drogue?»
-«C'est pour mon usage personnel et je n'en prends que dans les cas d'extrême urgence.»
Évidemment, Peter se mêle toujours de ce qui ne le regarde pas.
-«Et qu'est ce qui nous le prouve?!»
-«Je t'ai déjà dit de la fermer!»
Lestrade soupire.
-«Bon, Emma... Ça va pour cette fois, mais si la prochaine fois qu'on repasse tu as encore de la drogue chez toi... Je ne pourrai plus le passer sous silence.»
-«Ok...»
Je baisse la tête pour montrer à quel point je suis gênée.
-«Allez les gars, on remballe!»
Ils sortent tous de l'appartement, à la file indienne en emportant mon kit de secours.
Une fois qu'ils sont tous sortis, je m'accroupis et prends ma tête entre mes mains.
Ji-yong rit un peu puis s'approche de moi.
-«T'aurais pu m'aider un peu!»
-«C'est pas ma faute si t'es une psychopathe toxicomane. Et comment j'aurais pu t'aider hein? Tu peux me le dire?»
-«En faisant... Je sais pas moi... Des trucs de fantômes! Et je ne suis pas une psychopathe, je suis une sociopathe de haut niveau.»
-«Si tu le dis...»
Il retourne s'asseoir dans la cuisine et je le suis.
-«Bon... Tu veux bien m'en dire plus à ton sujet s'il te plait?»
-«Ok. Qu'est ce que tu veux savoir?»

just HOLMESDes histoires addictives. Découvrez maintenant