-«Ji-yong? Qu'est ce qu'il y a ?»
Il se recule et me laisse voir qu'il est en larmes.
Je comprends très vite pourquoi.
L'homme que l'on prenait tout deux pour un SDF est en vérité... Ji-yong. Enfin... plutôt son cadavre.
Il est là, rigide, dans une position de foetus, la bouche grande ouverte, les yeux blancs, écarquillés, et avec de milliers de mouches et de fourmis qui le dévorent petit à petit.
Je sens mon estomac se soulever, mon coeur bondir vers le haut comme s'il voulait s'échapper par ma bouche.
Je cours pour vomir un peu plus loin tandis que Ji-yong se contemple, les yeux remplis de larmes, la main droite sur la bouche, le bras gauche rassemblant ses genoux contre son torse.
Je reviens près de lui et pose ma main sur son épaule.
-«Ji-yong, je vais appeler Lestrade pour dire que j'ai trouvé un corps et négocier la prise en charge de ton corps par la morgue. Ils vont s'en occuper, le nettoyer, et demain on reviendra pour déterminer la cause de ta mort avec la légiste, d'accord?»
Il me fait oui de la tête.
Le pauvre à l'air de s'être calmé.
Je téléphone donc à la morgue.
Une fois cela fait, je me tourne vers Ji-yong.
Il ne pleure plus mais fixe toujours son corps avec des yeux vides et se ronge l'ongle du pouce droit.
Il a l'air perdu.
Ellipse de la nuit
Je me réveille tranquillement.
J'ai eu un peu de mal à m'endormir après ce que j'avais vu mais je ne pense pas être celle à plaindre.
Jiyong n'a pas dit un mot depuis qu'il a posé les yeux sur son cadavre.
Il a passé le reste de la nuit recroquevillé sur le canapé en cuir et je ne l'ai pas entendu faire un pas en dehors du périmètre de ce dernier.
Je sors de ma chambre pour préparer un café. Je n'ai pas envie de déranger Mme Hudson tout les matins pour un simple café.
Ji-yong est encore allongé dans le canapé, dans la même position dans laquelle je l'avais laisser la veille.
-«Ji-yong? Tu veux un café?»
-«Oui merci.»
Il parle, c'est déjà ça.
Mon ami se lève et vient s'asseoir sur une chaise dans la cuisine.
C'est alors que je remarque qu'il s'est changé. Mais lui qui m'a plusieurs fois répété qu'il adorait les tenues extravagantes, il ne porte aujourd'hui qu'un jean basique, un tee-shirt blanc et des bottines noires.
Ses cheveux rouges flamboyant sont en pagaille et c'est plutôt ... mignon? Ce n'est pas le mot que je cherchais mais je dois vous avouer être un peu dans le gaz ce matin.
Ah voilà! Attendrissant, c'est le mot.
Je nous sers une tasse de café chacun et nous la buvons sans un mot.
Je décide d'engager la conversation...
-«Tu veux un peu de miel dans ton café? Mon grand-oncle Mycroft en mettait souvent dans mon chocolat chaud à l'époque où j'ai perdu mes parents.»
Il lève les yeux vers moi ce qui prouve qu'il émet un certain intérêt pour ce que je raconte. Je décide donc de continuer.
-«J'avais ... 12 ans. Et on était en voiture avec mes parents. 10 ans après j'y repense encore... J'étais heureuse parce que c'était la première fois que je partais en vacances avec eux... 5 jours au Canada, c'était mon cadeau de Noël. On a eu un accident en allant à l'aéroport. Un camion nous est rentré dedans.»
Je tire la manche de mon tee-shirt afin de lui montrer la cicatrice se trouvant sur mon épaule gauche.
-«Ce jour-là, j'ai failli perdre mon bras... Mais je m'en fichais... J'avais perdu mes deux parents...»
-«Emma...»
-«Mmh?»
-«Tu pleures...»
J'essuie mes larmes et souris parce que je ne m'en étais même pas rendu compte.
-«C'est pas grave... Termine vite ton café, il va refroidir.»
Je me lève pour nettoyer ma tasse qui est vide.
-«Emma?»
-«Oui?»
-«Je veux bien du... du miel.»
Il esquisse un sourire et je le lui rends.
2 heures plus tard
-«Tu es près?»
-«Je crois.»
-«Si tu ne veux pas...»
-«Non je veux venir. Je veux voir.»
Nous sommes devant la morgue.
Après un moment d'hésitation, nous pénétrons dans le bâtiment.
Ici tout le monde me connait que ce soit de près ou de loin. Je reçois donc une ribambelle de «bonjour!» à chaque pas que je fais dans le bâtiment.
Jiyong me suit de loin et essaie de ne pas me perdre de vue.
-«Emma! Bonjour! Tu veux voir le corps que tu as trouvé hier c'est ça?»
-«Oui... C'est ça.»
Julie, la légiste, ne sait pas de quoi elle parle. En même temps cela fait 7 ans qu'elle passe ses journées avec des cadavres donc bon...
Elle m'emmène vers la chambre froide et cherche le corps de Ji-yong dans tous ceux déjà entreposés dans les tiroirs.
Ji-yong est derrière moi et observe les tiroirs de métal.
-«Ah! Le voilà. Kwon Ji-yong c'est ça? C'est bizarre, son nom me dit quelque chose...»
-«Il était mannequin. C'est peut-être pour ça.»
-«Oui, peut-être.»
Ji-yong est maintenant à ma gauche.
Julie ouvre le tiroir, nous montrant un grand «sac» de plastique gris épais avec une tirette blanche traversant toute la longueur.
Il se mort la lèvre inférieure, tic qui revient souvent chez lui lorsqu'il est stressé.
-«Alors...»
Julie tire la tirette afin de la descendre jusqu'aux hanches du cadavre puis ouvre le sac afin que je puisse observer et elle m'expliquer.
Pris de panique, Ji-yong m'agrippe la main gauche, ce qui me raidit car je n'y étais pas préparée.
-«La victime a reçu trois coups de couteau, le premier juste à droite du sternum, c'est ce coup qui lui a fait perdre la vie. Mais on dirait que...»
-«Que le tueur s'est acharné en portant deux autres coups à l'estomac.»
À mes mots, la main de Ji-yong serra encore la mienne un peu plus fort.
-«Exactement.»
-«Vous n'avez rien d'autre à me dire?»
-«Si. On a retrouvé quelques gouttes de neurotoxine dans une artère. À priori la substance à été ingérée par voie buccale.»
-«Merci beaucoup Julie. Ce sera tout.»
D'un geste vif, elle referme le sac mortuaire ainsi que le tiroir.
Nous rentrons ensuite à Bakerstreet.
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just HOLMES
FanficJe me présente: Emmanuelle Holmes, 22 ans, vivant au n°221b Backerstreet. J'ai repris, non seulement l'appartement mais aussi le travail de mon grand-père: Sherlock Holmes. La question est peut-être un peu directe mais... Croyez-vous au fantômes ? ...
