— J'ai interrompu un truc important ? demanda Georges d'un ton léger, alors qu'ils descendaient les escaliers menant vers la salle de métamorphose.
— Une broutille, répondit Betty dans un souffle, visiblement agacée.
Mais Georges la connaissait trop bien pour s'en satisfaire. Il ralentit légèrement, la regardant du coin de l'œil.
— Betty...
Elle soupira, vaincue, et finit par hausser les épaules.
— Bon, d'accord. Ernie voulait sûrement s'excuser pour ce matin.
— Ce matin ? fit Georges, son ton devenant plus sérieux.
— Hannah a parlé de l'histoire d'Hermione dans la Grande Salle. Quelqu'un lui a envoyé une lettre avec du pus de bubobulb, sûrement après l'article de Skeeter. Et Ernie... eh bien, il a trouvé ça "drôle".
Georges grimaça.
— Sérieusement ? Il a rigolé de ça ?
— Il a été maladroit, comme souvent. Il voulait détendre l'ambiance, je suppose. Mais ce n'était pas le moment. Et je lui suis tombée dessus.
Un sourire fier s'étira sur les lèvres de Georges.
— T'as bien fait. Hermione ne mérite pas qu'on se foute de sa gueule. C'est une fille brillante.
Betty esquissa un sourire plus doux, touchée.
— Je l'aime beaucoup. Elle a toujours été droite, même quand c'était difficile et j'admire ça chez elle.
— J'aime bien quand tu t'énerves, tu sais ? T'as ce truc... un peu flippant, mais carrément sexy, dit-il en riant doucement.
— Georges ! protesta-t-elle, mi-amusée, mi-scandalisée.
— C'est vrai ! J'me souviens encore de toi en train d'engueuler Peeves l'année dernière. J'me suis dit ce jour-là : "Ok, elle pourrait me tuer, mais au moins j'crèverais heureux."
Elle éclata de rire, secouant la tête.
— Tu n'es pas avec Fred et Lee, d'ailleurs ? Je pensais que vous aviez un projet louche à préparer.
— Je les rejoins après mais je voulais t'accompagner. On n'a même pas pu se voir à Pré-au-Lard, alors je me rattrape.
— Désolée pour ça. Hannah et Justin tenaient vraiment à ce qu'on passe du temps ensemble, comme avant. Et puis... ça m'a fait du bien, admit-elle en haussant les épaules.
— T'en fais pas, répondit-il doucement. J'comprends. Et puis... tu me manques, c'est tout.
Ils arrivèrent à l'entrée de la salle de métamorphose. Betty s'arrêta et se tourna vers lui.
— Merci de m'avoir accompagnée.
— Toujours, murmura Georges avec un clin d'œil. Allez, file avant que McGonagall te transforme en presse-papiers.
Elle rit, puis le regarda s'éloigner dans le couloir, mains dans les poches, le pas léger. À peine s'était-elle retournée pour entrer que la voix hésitante d'Ernie l'interpella.
— Betty... Est-ce que je peux... ? Je peux m'asseoir avec toi ?
Elle hésita, le détaillant un instant sans rien dire, puis hocha la tête en silence. Ils prirent place côte à côte tandis que les autres élèves entraient à leur tour. Ernie semblait chercher ses mots.
— Je voulais juste te dire que je suis désolé. J'ai vraiment été nul ce matin et je me suis rendu compte après coup que ce n'était pas le moment, ni le sujet à rire.
— C'est pas la première fois que tu fais ça, dit-elle d'un ton neutre. Mais je sais que t'as pas mauvais fond.
Ernie hocha la tête, sincèrement penaud. Le silence se fit dans la salle alors que le professeur McGonagall entrait, droite comme un piquet, son regard fauve balayant la classe.
— Ouvrez vos manuels à la page cent trente-sept. Aujourd'hui, nous allons travailler sur la métamorphose animale partielle. J'espère que vous êtes reposés.
-...-...-...-...-
Le château baignait dans une lumière dorée alors que le soleil déclinait lentement derrière les vitraux. Betty remontait de la tour où se déroulait ses cours avec Flitwick, ses affaires de sortilèges encore dans les bras, bien décidée à aller travailler un peu dans une salle calme avant le dîner. La bibliothèque serait bondée à cette heure-là.
Elle poussa doucement la porte d'une salle de classe vide au premier étage, mais se figea immédiatement en entendant des voix. Elle allait ressortir aussitôt quand deux voix familières captèrent son attention.
La main toujours sur la poignée, elle recula d'un pas et se dissimula dans l'ombre du couloir adjacent, laissant la porte entrouverte.
— J'te l'ai déjà dit, Diggory. Je ne te demande pas ton avis sur notre père, dit Théodore à voix basse mais dure. Je sais très bien qui il est. Mais je te parle pas de lui... Je te parle d'elle.
Un silence.
— Et tu crois qu'elle accepterait que tu fasses quoi que ce soit pour elle ? répondit Cédric, visiblement tendu.
Théodore soupira, un soupir lourd, plein d'une lassitude amère.
— Elle ne sait pas tout. Et c'est mieux comme ça. Je veux pas... Je peux pas la mêler à ça. Il ne doit pas la retrouver.
— Que sait-il ? reprit Cédric, plus bas.
— Il ne savait même pas qu'elle était vivante quand on vous a croisés cet été. Alors maintenant il la cherche. Il parle de "devoir familial", de "légitimité", de "mariage utile". Il veut la récupérer. Il veut s'en servir.
Le souffle de Betty se bloqua dans sa gorge. Récupérer ? Mariage ? Utiliser ?
— Et tu veux que je la protège, c'est ça ? demanda Cédric, plus calme cette fois.
— Tu es la personne la plus proche d'elle ici. Elle t'écoute et t'aime comme le frère que je n'ai pas pu être toutes ces années. Moi... je ne peux pas être constamment à ses côtés comme je le voudrais.
Cédric poussa un juron étouffé. On pouvait sentir qu'il luttait contre une envie de hurler.
— Elle mérite pas ça, murmura-t-il. Elle a assez souffert.
— Alors aide-moi à faire en sorte qu'elle ne souffre pas plus.
Betty, le cœur battant à tout rompre, recula prudemment. Elle avait entendu trop de choses... mais pas assez pour comprendre tout. Et pourtant, une partie d'elle savait que c'était lié à ce vide qu'elle avait toujours ressenti, à ce passé effacé qu'elle n'avait jamais vraiment questionné. Son père. Sa famille. Son nom. Les Cooper étaient-ils en danger ?
Mais son mouvement fit grincer légèrement la semelle de sa chaussure contre la pierre.
— Attends ! lança Cédric depuis l'intérieur.
Paniquée, Betty s'éloigna d'un pas vif, tentant de retrouver son calme en feignant de fouiller dans son sac. Elle fit semblant de sursauter quand Cédric sortit précipitamment de la salle, suivi d'un Théodore tendu.
— Betty ? fit Cédric, fronçant les sourcils.
Elle releva les yeux, mimant la surprise.
— Oh ! Vous étiez là ? Je cherchais un endroit où réviser pour l'examen de Flitwick... Que faisiez-vous tout les deux ?
Les regards échangés entre les deux garçons étaient trop tendus pour que Betty, même si elle feignait de ne rien avoir entendu, ne trouvait pas ça suspect.
— Diggory m'aidait...pour un cours, dit simplement Théodore d'une voix neutre.
— Oui voilà, je l'aidais...
Aux yeux de Betty, Cédric était un piètre menteur, intérieurement elle soupira d'amusement bien que ce fut pas le moment pour les rigolades. Quelque chose se tramait dans son dos et elle n'aimait pas ne pas être au courant.
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Betty Cooper T.1
FanfictionBetty Cooper pensait vivre un été ordinaire. Mais l'été 1991 allait tout changer. Une lettre inattendue. Un monde qu'elle ne soupçonnait pas. Et soudain, une nouvelle école, des amitiés puissantes, des épreuves... et la fin de l'enfance. Ce n'était...
