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Epilogue.

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La nuit était lourde et immobile. Le silence, presque surnaturel, enveloppait la maison des Diggory comme une cape d'invisibilité. Betty ne dormait plus vraiment depuis son retour de Poudlard. À vrai dire, elle ne faisait que somnoler, prisonnière d'un demi-sommeil où ses pensées tournaient en boucle, toujours les mêmes.

Depuis son arrivée ici, elle n'avait pas mis un pied dehors. Pas une seule fois.

On le lui avait formellement interdit. Interdiction de sortir, interdiction d'envoyer du courrier, interdiction de parler à qui que ce soit d'extérieur. Tout ce qui la rattachait à sa vie d'avant semblait désormais coupé. Comme une branche qu'on aurait sciée proprement.

Et chaque soir, depuis sa chambre à l'étage, Betty observait en silence la rue tranquille derrière la vitre.

Elle regardait leur maison, à deux numéros d'ici. Celle de ses parents.

Elle les avait déjà vus des dizaines de fois. Son père sortant les poubelles en râlant contre les hiboux qui salissaient la boîte aux lettres. Sa mère riant au téléphone en rempotant ses orchidées sur le balcon.

Ils vivaient comme si de rien n'était. Comme si elle n'avait jamais existé.

Un léger craquement la fit sursauter. La porte de sa chambre provisoire s'entrouvrit sans bruit, laissant passer une silhouette mince vêtue d'un châle tricoté à la main.

— Betty, murmura Mrs Diggory en allumant la lampe à huile posée sur la commode. Prépare-toi, ma chérie. Ils vont arriver.

— Quoi ? Qu'est-ce que... ? souffla Betty, encore engourdie par le sommeil. Il est quelle heure ?

— Il faut que tu partes. On viendra te chercher dans quelques minutes. Tu ne peux pas rester ici plus longtemps.

Betty se redressa, les yeux grands ouverts. L'angoisse monta d'un coup.

— Pourquoi ? Où est-ce que je vais ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

— Rien. Tu n'as rien fait, souffla doucement Mrs Diggory. Ce n'est pas ta faute. Mais... il faut que tu sois en sécurité.

Mrs Diggory détourna les yeux. Ses mains tremblaient légèrement, et elle arrangeait mécaniquement le drap déjà lisse sur le lit.

Betty sentit sa gorge se nouer. Elle se leva lentement, le cœur battant trop vite.

— Vous me cachez quelque chose.

Mrs Diggory ferma brièvement les yeux, comme si chaque mot qu'elle allait prononcer lui coûtait.

— Ce n'est pas à moi de te le dire ma chérie.

On frappa doucement à la porte d'entrée. Deux coups. Lents. Précis.

Mrs Diggory jeta un dernier regard à la jeune fille.

— Va te préparer.

Betty obéit en silence. Elle enfila des vêtements sans réfléchir, remit ses affaires dans la petite valise qu'elle n'avait jamais vraiment défaite. Avant de quitter la chambre, elle s'arrêta devant la fenêtre entrouverte. Elle pouvait les traits de sa vraie maison plongée dans le noir dû à l'heure tardive.

Betty se mordit la lèvre, la gorge nouée. Ce flou constant lui donnait l'impression d'être une marionnette que l'on déplaçait selon les besoins d'un jeu dont elle ignorait les règles.

En silence, elle descendit lentement les marches, appréhendant la suite. Trois silhouettes l'attendaient dans le salon éclairé d'une unique lampe.

— Bonsoir Betty, dit une voix grave mais douce.

Betty Cooper T.1Des histoires addictives. Découvrez maintenant