Deux semaines. Deux semaines depuis le bal. Deux semaines à l'éviter. Et Georges en avait assez. Il l'avait trouvée à la sortie de la bibliothèque, emmitouflée dans une écharpe aux couleurs de Poufsouffle, la mine plongée dans ses pensées.
— Betty, attends.
Elle s'arrêta, figée, avant de pivoter lentement vers lui. Il y avait quelque chose de las dans son regard, quelque chose qu'elle connaissait bien : la déception.
— Tu comptes m'éviter encore longtemps ? lança-t-il, la voix basse mais tendue.
Elle baissa les yeux.
— Je ne voulais pas te fuir... Enfin si. Enfin non. J'ai juste... je ne sais pas, Georges.
Il la fixa, blessé.
— Tu sais, je pensais que ce qu'on avait partagé au bal comptait, que t'étais sincère. On allait s'embrasser, Betty. Et depuis, t'es partie. Plus un mot. Rien.
— Ce n'était pas rien pour moi, murmura-t-elle. C'est justement ça le problème.
Il croisa les bras, plus calme.
— Explique.
Elle inspira profondément.
— J'ai eu peur. J'ai peur de tout gâcher. Peur que tu regrettes. T'es Georges Weasley, t'as ce truc... ce charme, cette vie si... lumineuse. Et moi, je suis... compliquée.
Georges pencha légèrement la tête, adoucissant son expression.
— Et tu crois que ça me ferait peur, ça ? Que t'aies une vie de famille bizarre ? Des zones d'ombre ? J'ai pas envie de « simple ». J'ai envie de toi.
Betty cligna des yeux, prise de court par la sincérité de ses mots.
— Et si ça tourne mal ? demanda-t-elle dans un souffle.
Il s'approcha doucement, ses doigts frôlant les siens.
— Alors on assumera ensemble. Parce que je veux essayer, Betty. Je veux te connaître pour de vrai, sans tous ces silences.
Leurs doigts s'entrelacèrent, comme naturellement, comme si c'était inévitable.
— Je t'ai cherchée dans chaque couloir ces derniers jours, confessa-t-il doucement. Je me suis même demandé si j'avais rêvé de ce moment au bal.
— Moi aussi j'y ai repensé, murmura-t-elle.
Un silence. Puis, Georges, les yeux posés sur elle avec une douceur rare :
— J'ai pas envie de revivre un "presque baiser". Pas si on peut avoir un vrai moment.
Elle leva les yeux vers lui, le cœur battant. Il posa sa main sur sa joue avec une lenteur infinie, lui laissant tout le temps de reculer. Mais elle ne le fit pas.
Et là, dans ce couloir désert où le froid se faisait oublier, Betty l'embrassa enfin. Ce ne fut rien d'explosif, rien de précipité. Juste un baiser, doux, fragile, et plein de promesses.
Quand ils se séparèrent, il souffla contre ses lèvres, sourire aux coins des yeux :
— C'était mieux que "presque", non ?
Elle rit doucement, la joue rosie par l'émotion.
— Nettement mieux.
-...-...-...-...-
23 février. Cédric était tendu et ni Cho, ni Betty n'arrivait à le faire baisser en tension. Il ne voulait rien entendre, voir personne. C'était devenu compliqué pour les deux amies de savoir comment gérer le poufsouffle.
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Betty Cooper T.1
FanfictionBetty Cooper pensait vivre un été ordinaire. Mais l'été 1991 allait tout changer. Une lettre inattendue. Un monde qu'elle ne soupçonnait pas. Et soudain, une nouvelle école, des amitiés puissantes, des épreuves... et la fin de l'enfance. Ce n'était...
