Cassidy se plaignait encore de la chaleur. Elle était parmi nous depuis à peine une heure et elle m'énervait. Miss-je-suis-trop-belle-et-parfaite n'arrêtait pas de se plaindre. Sois les couleurs du bungalow ne nuançaient pas avec son teint, elle était exténuée, le camp était moins intéressant visuellement qu'elle ne le croyait, elle n'était plus certaine d'être assez captivante pour des gamins de douze ans et maintenant, la température était étouffante. Si seulement elle pouvait se la fermer. Livia l'écoutait sans broncher ne laissant transparaitre son agacement que par de petits froncements de nez à chaque fois que la princesse échappait une énième plaintes. Je soupirai me demandant ce que j'avais bien pu faire pour me tapper Oliver et cette fille.
Mon acolyte avait fini par nous débarrasser de sa présence quelques minutes plus tôt. Il avait filtré avec Cassidy un sourire niait au visage, puis était retourné dans la chambre des garçons. Dire que je n'avais pas participé à sa disparition serait un énorme mensonge. Comme à mon habitude, je n'avais pu m'empêcher de lui lancer une pique. Alors qu'il avait cessé de complimenter la jolie blonde, je lui avait demandé avec désinvolture:
-Je me demande bien ce que dirait Estelle en te voyant draguer ainsi? Tu sais Estelle, ta petite amie?
Il m'avait regardée durement avant de me bousculer de son épaule pour quitter la pièce. Je ne faisais que l'aider pourtant. Estelle n'était pas le genre de fille à pardonner rapidement et ce, c'était uniquement si elle pardonnait. De plus, elle était agente. Si elle le désirait, elle le poignarderait sans problème. On fond, Oliver serait le seul perdant dans cette histoire. Mort et sans petite amie. De toutes façons, âgée de 19 ans et aux atouts de mannequin, la jeune française qu'est Estelle trouverait les bras d'un autre sans aucune difficulté.
J'haussai les épaules et décidai de prendre l'air. Assise sur les escaliers, un haut parleur caché je ne sais où cracha:
-Bonjour mi gran lobo! Nos chers campeurs arriveront d'ici six minutes. Soyez à l'accueil pour les recevoir!
Les enfants arrivaient. SUPER. La porte derrière moi s'ouvrit laissant apparaître Livia, Gabe, Cassidy et Oliver. Un immense sourire parcourait le visage de Livia et un tout petit était caché au coin des lèvres de Gabe. Je ne comprenais pas leur enthousiasme. «Peut-être qu'eux ont un talent avec les enfants?» me rappela soudainement ma raison. Je lâchai un soupir suivant les autres moniteurs vers l'entrée. Certains autobus étaient déjà arrivés flouant sous des tonnes d'enfants de tous les âges. Monsieur Vasquez se tenait au milieu du groupe une expression de bonheur extrême étampé sur son visage. Encore aujourd'hui, il portait cette horrible polo vert et son short beige. Un micro à la main, il attribua à chacun des enfants un groupe, puis un moniteur. Devant Oliver et moi, 20 yeux nous fixaient. Ma respiration se fit saccadée. Je ne me souvenais même plus de leurs prénoms. Mentalement, je ressassais les paroles de Vasquez. Bree, Ashton, Liam, Tara, Nora... Encore cinq noms me restaient inconnus . J'avais beau avoir les autres, je ne pouvais dire à qui appartenait lequel.
-Tout le monde au réfectoire! Cria Gorgio
Les gamins continuèrent de me fixer tandis que ma respiration se faisait de plus en plus rapide et que mon angoisse gonflait au fond de mon ventre. Que devais-je faire d'eux? Définitivement, je n'avais aucun talent avec les enfants. Aussi impuissants et mignons soient-ils, ils avaient la fâcheuse manie de m'intimider par leurs simples présences. Je parcourais le monde à la recherche de criminels et j'étais plus terrifié par une innocente fillette que par un dangereux mafioso armé. Mon cerveau n'avait aucune logique. «Ce ne sont que des mômes, Mia.» me répétai-je alors que je m'affolais. Une voix masculine leur ordonna de se placer en rang et de le suivre. Ils s'exécutèrent. Me tournant vers la droite, je compris que cette consigne sortait de la bouche d'Oliver. Je le remerciai du regard et le suivi. Le réfectoire était tout aussi horrible que le reste de cette pauvre colonie de vacance. Toit de tôle métallique violette et murs de bois d'une couleur litigieuse. Les tables de pique-nique colorées aux couleurs de l'arc-en-ciel cachaient sûrement quelques taches de pourriture. Oliver se stoppa devant une table jaune et s'y installa avec les autres. Un grand discour de bienvenu en suivi. Celui-ci n'étant pas amplement suffisant pour le propriétaire de la colo, il demanda à tous les moniteurs de venir à l'avant se présenter. Ce qui fut totalement inutil puisque cinq minutes plus tard aucun enfant ne se souvenait de notre prénom. Tout ce numéro s'avérait une véritable perte de temps. Qu'ils aient quatre ou douze ans, chaque gosse n'attendait que de déguerpir à l'extérieur et s'amuser pour le reste de l'été. La fillette assise près de moi échappa un bâillement endormi. Monsieur Vasquez s'éternisa encore un moment, puis demanda à deux dames travaillant à la cantine et dans les cuisines de nous servir le déjeuner. Je plaignais ses enfants. Devoir se lever aux aurores, prendre un autobus bondés de morveux puis, devoir écouter un homme dans la cinquantaine baragouiner n'importe quoi et tout ça pour venir dans cette minable colo. Trois tables plus loins, un garçon lançais en l'air un ballon de soccer tandis que son voisin s'était laisser emporter par Morphée. Oh oui, pauvres enfants! On déposa devant moi un plateau. Un bol contenait une substance grise douteuse, un ver était remplie de jus orange brûler et le tout était accompagné d'une banane beaucoup trop mûr. La petite secoua les flocon gris avec sa cuillère, grimassent. Elle me regarda et m'implora de ses yeux marrons.
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Pire que jamais
Teen FictionDétruire une plateforme informatique ou hacker la compagnie d'un dangereux mafieux russe, c'est un jeu d'enfant pour Emily. La vie d'agent lui est une routine depuis des lustres. Malgré les escapades aux quatre coins du monde pour des missions, la j...
