- Je peux savoir ce qu'il se passe !? clamais-je
Pour toute réponse je n'avais que le silence. Je m'approchais d'Emilie. Son oreiller était trempé de larmes, les larmes ne cessées de couler sur ses joues et ses yeux étaient bouffis. Comme aucun son de ne sortait de sa bouche, je m'assois à côté de Valentin. Quelques larmes avaient aussi couler sur ses joues. Je ne comprenais pas bien pourquoi il se tenait la joue droite et quand il enleva sa main, je fus choquée : une trace de main ornait sa joue. Elle était tellement rouge que le coup avait du être violent. La personne qui avait fait ça ne pouvait être qu'Emilie. Comment mon amie avait-elle pu faire ça alors que 5 min avant ils bavardaient joyeusement ? J'interrogea Jonas du regard. Lui aussi ne semblait pas comprendre.
Enfin, Valentin, ouvrit la bouche pour nous expliquer : la jolie Emilie avait voulu embrasser le beau Valentin et celui-ci s'était laissé faire mais au moment de poser ses lèvres sur les siennes, Emilie s'était reculée d'un geste brusque et avait flanquer une gifle à Valentin. Mon amie s'en voulait tellement d'avoir fait ce geste qu'elle pleurait à n'en plus pouvoir s'arrêter. Le pauvre garçon stupéfait s'était assis sur mon lit, se tenant la joue qui lui brûlait. Il se leva, alla s'asseoir au bord du lit d'Emilie, posa une main dans son dos et lui murmura quelque chose d'inaudible.
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Le lendemain matin je fus réveillée à 6h45 par la sonnerie d'alarme du réveil. Toute pimpante je sortis du lit. Emilie avait le regard triste. Je me demande ce que Valentin a pu lui dire.
A 7h nous étions dans la salle à manger et nous retrouvâmes Judith et les autres. Quelle partie de rigolade ce petit déj'. Melle Spigerfeld vint me trouver pour me dire de la rejoindre à 8h dans la salle de danse du 3ème étage. Nous remontâmes dans la chambre et Nina et Judith restèrent avec nous. Je filai à la douche. J'entendais les filles chahuter malgré le bruit de l'eau. J'étais contente qu'Emilie aille mieux et en sortant de la douche je fus surprise de la voir sur son lit la tête basse pendant que les deux autres riaient aux éclats, se bousculant et se faisant des chatouilles. J'enfilais mes collants rose, mon justaucorps turquoise et je mis un cache cœur blanc sur mes épaules pour ne pas attraper froid dans les couloirs. Avec l'aide de Judith je me fis un chignon. Je pris mes pointes et mon sparadrap et je partis rejoindre Melle Spigerfeld.
Dans le couloir, je percuta violemment Jonas. Une épingle tomba de mes cheveux, il la ramassa et me dit :
- Je la garde en souvenir
- Hein ? Euh... de quoi tu parles ?
- Ton épingle à cheveux je la garde en souvenir
- Euh...oui si tu veux
- Tu vas où comme ça ? Tu as l'air pressée
- Je monte en salle de danse, je vais faire un échauffement
- Ah d'accord ! A tout à l'heure alors !
Et il me colla un bisou sur la joue.
Au studio, je me mis directement à la barre. "Plié, demi-plié, plié, demi-plié"... répétait la voix de Melle Spigerfeld. Sous son regard je m'appliquais. Le studio était vaste et je fus vite rejointe par Judith, Nina et d'autres visages que je ne connaissais pas. J'enchainais les exercices sans relâche. Je m'accorda une pause au bout de 2h. Avec les filles nous descendîmes aux toilettes. Dans le couloir nous vîmes Valentin, tee-shirt blanc rentré dans son collant gris, assis contre le mur, la tête baissée dans les bras. Il avait visiblement raté son audition et d'après ce que je compris, ça s'était mal passé avec Emilie hier soir quand il a voulu lui parler. J'en demanderait plus à Jonathan ce midi.
Après notre pause nous remontâmes et là, dans le studio, à la barre se trouvait le plus beau mec de la compétition : Jonathan. Je ne pouvais pas rêver mieux : un cours de danse avec lui. Je restais planter là à l'entrée du studio. Mes muscles n'étaient plus en capacité d'avancer et mon cerveau ne pouvait plus fonctionner. C'est Nina qui me sortit de mes pensées :
- Hé ho ! Augusta !!! Youuuhouuuuu !!!! Tu regarde qui comme ça ?
-....
Elle passa sa main devant mes yeux et tout à coup je revins à la réalité :
- Euh...rien...enfin je regardais personne...je réfléchissais
- Mouais...on a bien vu que tu regardais Jonathan ! Tu serais pas un peu amoureuse de lui ?
- Euh...si
- Je crois que lui aussi ! rajouta Judith, t'as vu comment il l'a regarde ?
- Bon les filles on a pas fini notre cours, il faut passer aux étirements ! dis-je d'un ton un peu agacé
Et quand nous arrivâmes au milieu de la pièce, on descendis toutes les trois en grand écart. Ma tête posée sur mes genoux et les bras au niveau de mes pieds, j'observais discrètement Jonathan faire ses pas de cheval. Avec précaution, je remonta et j'attrapa mes pointes. Et tout les élèves passèrent au milieu. Nous devions réaliser un manège (le manège est un parcours circulaire autour de la scène. Les pas peuvent être des tours piqués mais aussi des enchaînements de grands sauts et pas de liaisons.Les manèges peuvent se faire seul ou à plusieurs). Nous devions alterner une fille et un garçon. Et nous devions faire une glissade, un tour piqué, une pirouette et à la fin de celle-ci, nous devions effectuer une portée avec le garçon de derrière et faire une arabesque en l'air. Malheureusement il n'y avait pas assez de garçons alors certaines filles jouaient le rôle des garçons. Le garçon qui se trouvait derrière moi était Jonathan. La musique commença, j'effectua une belle glissade, je monta sur pointes pour faire mon tour piqué et avec une grâce divine je fis ma pirouette, je sentis les mains de Jonathan se posaient sur mes hanches, il me souleva, mes pieds décollèrent du sol et je me mis dans la position de l'arabesque. Et comme ça, nous fîmes un tour complet. Après, les professeurs nous observèrent faire des adages (une section lente d'un pas de deux ou un exercice dans une classe technique consacré aux mouvements lents et maîtrisés, qui met en vedette l'équilibre et l'extension et qui exige force et assurance). Cette fois-ci je changea de partenaire et je me mis avec Maxime. Contrairement à Jonathan, ses mains ne tremblaient pas. On sentait qu'il avait une certaine assurance. Ses bras se fermèrent fermement sur mes jambes pendant mon saut . Et il me reposa avec délicatesse.
A 12h, le cours se finit et nous redescendîmes dans nos chambres nous changer pour le repas. J'avais tellement transpirée que je pris une douche et je descendis manger. Judith et Nina m'attendaient à une table. Jonathan faisait aussi parti de la table et je m'asseyais à côté de lui.
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Ballerines
Novela JuvenilAugusta, 16 ans, élève à la Royal Ballet School raconte comment du haut de ses 12 ans elle a pu entrer dans cette école de danse et devenir danseuse professionnelles
