Chapitre 13

44.6K 5.2K 68
                                        



****Woppa****

Après avoir écouté ce type, je ne peux m'empêcher d'avoir un pincement dans le cœur. Je pensais vraiment que c'était Idy qui l'avait envoyé.

-Je m'excuse, j'avais mal interprété votre venue.
-Je comprends c'est vrai quand un ami de votre mari se pointe, il y a de quoi penser qu'il vient de sa part.
-Possible. Je dois faire une mauvaise hôtesse. Vous voulez boire quelque chose ? Jus de fruit, café, autre chose ???
-Un thé me plairait bien. Et aussi on peut se tutoyer. Ce n'est pas un entretien d'embauche non plus... Sourit-il alors que je me contente de me lever pour lui faire son thé.

Pour être déçue, oui je le suis. Que dois-je faire pour mériter l'attention d'Idy ? J'ai déjà attendu plusieurs mois, presque un an. Faudra-t-il que j'en attende d'autres ? Je me demande même pourquoi je tiens encore à ce mariage. Je pense que je ferais mieux de l'envoyer au diable.
Je sers à Assane son thé et automatiquement je me rappelle que Rose avait prévu de passer. Mon invité me sort de mes pensées.

-J'ai beau chercher mais j'ai du mal à savoir comment Idy fait ?
-J'ai pas compris.
-Je me demande juste comment peut-on avoir une femme aussi belle et la laisser à des milliers de kilomètres.
-C'est ton ami alors à toi de lui poser la question.
-Si tu étais ma femme je te garderais à mes côtés jours et nuits.

C'est moi ou ce mec est en train de me draguer ? Je ressens en moi l'envie de répondre à ses avances, de rentrer à Dakar et de me mettre devant Idy accrocher au bras de son ami. Mais non, je le ferais pas. Ma mère n'a pas élevé une femme mariée qui se met avec un autre homme. La France ne pourra jamais me faire oublier mes valeurs morales.

-Tu sais Mariama en tant qu'ami d'Idy, je peux te dire avec certitude qu'il ne te mérite pas.
-Et qui me mérite ? Toi ?
-Je me dévoue. Je suis là avec toi au moment où ton mari est à Dakar alors qu'il peut se payer aujourd'hui même 100 billets pour la France.

Je sais qu'il a raison mais si Idy ne me mérite pas, lui il ne mérite pas de se nommer comme étant un ami d'Idy.

-Tu es sûr d'être un ami d'Idy car je doute qu'il apprécierait qu'un de ses amis se montre devant sa femme et lui tienne de tels propos.
-Crois-moi sur parole. Je lui ai dit toutes ces choses en face et si c'était à refaire je le referais.
-Pourtant en tant que l'ami de mon mari, je suis surprise qu'aujourd'hui soit la première fois que je te vois. Tu n'étais pas là à notre mariage.
-J'étais en déplacement pour le travail, sinon j'aurais été là.

Avant que je puisse répondre, j'entends la sonnerie de l'interphone. C'est Rose à qui je demande d'entrer.
Je l'ouvre, on se fait la bise et je l'invite dans le salon.

-Rose je te présente Assane, un ami d'Idy.
-Assane c'est Rose une amie.
-Enchantée...Dit Rose.
-Pareillement... Répond Assane.
-C'est la première fois que je vois un ami d'Idy ici.
-Assane dit qu'il est venu à Paris et il a voulu me rendre visite.
-D'accord je vois. Tu as vu comment Mariama a changé, je suis presque sûre qu'Idy tomberait des nues en la revoyant.
-Pour ça il faut d'abord que mon cher mari daigne venir.
-Il viendra, on ne met pas autant d'argent sur une personne pour après la laisser tomber. Tu es sa femme, pas n'importe qui. En tant que son ami, Assane peut en témoigner.
-Ça me fait du mal de dire ça mais je pense que si Idy tenait à son épouse, il serait venu il y a longtemps.

Lui il sait enfoncer des portes ouvertes.

-Non vous avez juste du mal à le comprendre.
-Toi tu le défends toujours.
-Mais Maria c'est parce qu'il y a de quoi le défendre. S'est-il passé un mois sans qu'Idy ne t'envoie ton argent ? S'il t'avait délaissé comme tu le cries toujours, aurais-tu continué à mener cette vie ?
-C'est vrai qu'il lui envoie de l'argent mais c'est loin d'être suffisant.
-Merci Assane.
-Vous avez du mal à le comprendre, c'est tout. Peut-être que le mutisme d'Idy est simplement dû au fait qu'il attend encore des résultats.
-Quels résultats ??? Questionne Assane.
-Si j'ai réussi la transformation de Mariama ou pas.
-D'accord...Soupire Assane.
-Mais Rose tu penses qu'Idy n'a pas vu la pub que j'ai faite. Peut-être qu'il regarde rarement la télé mais quand même je pense au pire que quelqu'un dans son entourage a dû me voir.
-En parlant de pub, j'ai un nouveau cachet pour toi.
-Non merci. Tu sais bien que je ne suis pas mannequin et que j'ai fait cette pub juste pour pouvoir attirer l'attention.
-Si tu n'étais pas si compliqué, tu m'aurais laissé l'appeler.
-Non c'est à lui de le faire.
-Alors tu attendras d'autres mois supplémentaires.
-Ou je demanderais le divorce.
-Divorce ? Tu veux quitter Idy malgré tout ce qu'il a fait pour toi.
-A part m'envoyer de l'argent qu'est-ce qu'il a fait pour moi ?
-Idy a beau être mon ami mais je ne peux pas cautionner cela. Il faut plus que de l'argent dans une relation. Même petit-copain, petite-copine alors mari et femme n'en parlons pas.
-Rose il faut se mettre à l'évidence, elle est là. Il n'y a rien qui reste de ce mariage. Et tu étais au courant, Idy est venu plusieurs fois en France pour ses affaires. Il a préféré loger un hôtel plutôt que de venir dans son appartement, notre appartement. Je reviens.

Je me lève automatiquement pour me mettre dans la salle de bain. Ces mois en France, les cours avec Rose, les cours avec mes professeurs n'ont rien changé, je reste encore la pauvre petite Mariama qui pleure pour un rien. Il faut que je change ça. Plus de larmes et encore moins pour Idy il ne les mérite pas. Je me débarbouille, me fait une petite beauté avant de regagner le salon.

-Mariama jamais je te laisserais divorcer d'Idy.
-Moi je pense que c'est la meilleure solution... Intervient Assane.
-En tant qu'ami d'Idy t'es bizarre toi... Lui dit Rose et elle a pas tort.
-Bizarre comment ?
-Bizarre genre tu veux que sa femme le quitte. Quelle sorte d'ami fait ça.
-La sorte qui veut le mieux pour eux. Je pense qu'Idy ne veut plus de ce mariage. Mariama l'a bien dit il est venu plusieurs fois à Paris sans passer la voir.
-Il est aussi possible qu'il soit juste venu en coup de vent.
-Rose tu peux arrêter. Je suis sûre que si tu trouvais Idy sur une fille, tu diras que la fille est en train de le violer.

Rose éclate de rire.

-Non, je le défends juste parce que je sais que c'est un type bien et que ceci n'est qu'un moment d'égarement.
-En tout cas, moi Mariama je ne pourrais te donner un autre conseil. C'est le mieux que tu puisses faire. Quant à toi Rose, je pense que tu dis ça simplement parce que tu ne connais pas Idy comme je le connais sinon tu changerais d'avis.
-La prochaine fois que je parlerais à Idy je lui toucherais deux mots sur son ami Assane car toi en tant qu'ami t'es louche.
-Loin de là. Je dis juste la vérité c'est tout.
-Quelle vérité ? Mariama ne fait pas de bêtises s'il te plait. Et même tu t'es trop habituée à ce nouveau style de vie. Tu crois qu'Idy continuera ces versements.
-Il peut aller au diable avec son argent. Je suis sûre que notre projet va bientôt porter ses fruits.
-Projet ??? Demande Assane.
-En fait Rose est déjà styliste, elle m'a fait découvrir le métier. N'ayant pas de diplômes mes possibilités d'insertion professionnelle sont assez limitées. Elle a déjà son atelier sur Paris alors moi je vais ouvrir celui qui sera à Dakar. On va travailler ensemble. Je sais maintenant dessiner et coudre.
-Elle se débrouille même très bien. Je dirais même qu'elle a un don.
-C'est toi qui a inculqué la mode en moi. On a déjà l'argent. Idy envoie toujours plus que je ne pourrais dépenser donc j'épargne le reste en vue de mon retour sur Dakar.
-Mais tu sais en tant qu'épouse d'Idy tu as droit à 50% de sa fortune si vous divorcez ?
-Je doute que ça soit aussi simple... Intervient Rose.
-Pourtant si ça l'est.
-Comment ça ??? Demandai-je.
-Je vois qu'Idy t'a épousé sans t'en parler.
-Me parler de quoi ?
-A sa mort, son père avait mis une clause afin qu'il puisse toucher à son héritage.
-Clause de quoi ?
-Clause « mariage », Idy était obligé de se marier pour hériter de son père.
-Voilà qui a le mérite d'être clair, je comprends maintenant pourquoi il m'a épousé aussi vite.
-Tu t'es jamais demandée pourquoi il t'a épousé toi, une fille qui travaillait dans sa maison et pas sa copine mannequin de l'époque.
-Oui souvent mais après je me suis dite que ça devait être dû au fait que cette fille était une peste.
-Pas faux... Sourit Assane... Mais c'est plutôt dû au fait que tu étais la seule fille suffisamment naïve pour ne jamais rien savoir à propos des 50% de son héritage qui t'attendait en cas de divorce.
-Ça doit être clair pour toi mais moi j'ai rien compris... Dit Rose alors que je suis encore choquée.
-Son père avait mis une clause « divorce » à la clause « mariage ». La femme d'Idy a droit à 50% de tout si elle le quitte.
-Bordel de merde... Dit Rose.
-Donc c'est pour ça qu'il m'a épousé. Simplement parce que j'étais différente des autres. Parce qu'il s'est dit qu'avec moi il ne risquait absolument rien.
-A toi de lui montrer qu'il a eu tort de te sous-estimer... Dit Assane
-C'est vrai que 50% de tout Mar entreprises c'est un bon paquet d'argent... Dit Rose.
-Pour travailler dans ce consortium j'en sais quelque chose.

Les deux parlent chiffres alors que moi jamais je me suis sentie aussi humilier. C'est vrai que les conditions de notre mariage ont toujours été floues mais jamais je n'aurais pu imaginer que c'était dû à ça. Il m'a épousé parce que j'étais naïve et stupide.
Ne supportant plus d'entendre leur conversation, je me lève pour aller dans ma chambre.

****Idy****

Ça fait des heures que je suis sur mon ordi dans mon bureau mais pourtant j'ai beaucoup de mal à me concentrer. J'ai appelé Assane hier dans l'après-midi mais il m'avait dit qu'il y avait du bruit là où il était et qu'il allait me rappeler dans la soirée. Jusqu'à présent pas aucune nouvelle et quand j'ai essayé de le rappeler mais c'est sur sa boite vocale que je suis vocale que je suis tombé. J'espère pour lui qu'il a une bonne raison sinon je le tue.
Pendant que j'essayais de décortiquer ce que j'ai en face de moi, mon oncle entre comme d'habitude sans frapper accompagner de son fils. Je lui jette le plus noir des regards, franchement je n'ai pas son temps.

-J'ai entendu dire que c'est Assane qui va représenter l'entreprise à Bruxelles. Je pensais qu'on était d'accord que c'était à Kader de le faire.
-Cher cousin, le fait d'être toujours baby-sitter par son père ça ne fait pas chier.
-Je ne te permets de nous parler sur ce ton... Crie mon oncle, de toute façon il ne connait pas un autre moyen de communication.
-Ceci est mon bureau et je vous parle comme je veux.
-Je suis sûr que mon pauvre frère regrette le fils qu'il a eu.
-Ton pauvre frère ??? Tu as fait perdre plus d'argent à l'entreprise dans la semaine où tu étais à la tête que n'importe qui d'autres. Mais toi ton problème il était là, tu voulais qu'elle fasse faillite. Si on parlait des fonds que tu as détournés.

Mon oncle me fait les gros yeux alors que son fils le regarde choqué.

-Papa tu n'as pas fait ça ?
-Si il l'a fait et tu peux être sûr que ton avenir est déjà assuré.
-Ce ne sont que des blasphèmes.
-Blasphème de quoi ? J'ai vu les documents et c'était écrit noir sur blanc. Je n'ai pas porté plainte car je savais que mon père aurait souhaité que j'en fasse rien. Et pour la dernière fois mon oncle, cette entreprise est à moi et j'en fais ce que je veux. Kader ce n'est en rien contre toi. Des séminaires, il y en aura d'autres et tu vas y aller mais pour cette fois-ci, j'avais besoin que ça soit Assane qui soit sur place.
-Je te promets que ce choix tu vas le regretter... Dit mon oncle avant de s'en aller suivi de son fils.

Regretter ??? Regretter quoi ? Cet homme est complètement fou.

*****

Je suis rentré depuis un moment mais puis que je n'ai pas envie d'être seul, j'opte pour rejoindre ma mère et Fatou dans le salon. Je les trouve en train de regarder un film africain. Je m'assois et j'essaie de me concentrer sur leur film mais sans succès. Un film à l'eau de rose.

-Vous n'avez pas autre chose à regarder ?
-Tu as une télé dans ta chambre, ne nous fatigue pas...Dit ma mère.
-Je ne sais même pas depuis quand se joigne-t-il à nous pour regarder la télé.
-Vous me faites du 6 ou quoi ?
-Non pas du tout mais si tu veux te joindre à nous tu es obligé de regarder ce que nous regardons. Nous ne te laisserons pas changer de chaîne à ta guise.
-Idy dis-moi...M'interpelle Fatou... Tu as parlé avec Assane ?
-Il doit avoir un problème avec son portable car quand je l'appelle c'est sur sa boite vocale que je tombe.
-Qu'est-ce qui se passe avec Assane ??? Demande ma mère. Merci Fatou, cette bonne femme va encore me faire chier.
-Idy l'a demandé d'aller parler à Mariama.
-Ah d'accord.

A ma grande surprise ma mère n'en dit pas plus. Non mais je rêve ou quoi.

-Qui êtes-vous et qu'est-ce que vous avez fait à ma mère ?
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Maman attend... On te parle de Mariama et tu ne fais aucune remarque blessante.
-Pourquoi j'en ferais ? Fatou m'a montré cette vidéo sur son portable et j'ai bien vu que cette fille n'avait rien à voir avec celle qui a failli faire exploser ma maison.
-Donc tu as fini par l'accepter ?
-Est-ce que j'ai le choix ? Je ne pourrais jamais faire en sorte que tu m'écoutes.

Je ne réponds pas et ma mère reprend la parole.

-Elle va revenir ici ?
-Je ne sais pas mais je l'espère en tout cas.
-Si elle revient, j'espère qu'elle saura rester en sa place et qu'elle ne s'est pas transformée en ces filles choco-chocos qui se croient tout permis.

Je rigole comme pas deux. Entendre ma mère dire choco-chocos, c'est simplement pas possible.

-Pour qu'elle revienne ici il faut d'abord qu'elle pardonne à Idy. Tata tu crois que c'est un hasard si Idy a demandé à Assane d'aller voir sa femme ?
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Depuis que ton fils a laissé sa femme a Paris, il ne lui a même pas donné un coup de fil.
-Idy guané sa badola gui dou meussa daigne (Tu comptes jamais changer.)
-C'est pas ça... Grognai-je.
-Alors c'est quoi ? C'est vrai que j'ai jamais apprécié cette fille mais il suffit de se mettre à sa place pour voir que ce n'est pas juste ça.

J'ai toujours droit à ce même refrain. Avec Babacar qui me fait toujours la morale maintenant ma mère s'en mêle.

-Maman tu me connais non. Tu sais bien que je regrette, pas besoin d'en rajouter.
-Comme d'habitude kou ko wakh deugue rek mou mer. (Il se fâche toujours quand on lui dit la vérité.)... Rouspète ma cousine alors que je lui jette un regard.
-Quoiqu'il en soit. Je joindrais bientôt Assane et il me dira ce qu'il en est. La Mariama que j'ai épousé n'est pas rancunière et je sais qu'elle me pardonnera.
-C'est trop facile ça.
-Prie pour que la France ne l'ait pas changée à ce point... Termine ma mère.
-Au pire depuis qu'il a su que sa femme s'est métamorphosée, nonpalikou naigne ci dougueul bek guéné bi. (Idy ne ramène pas des filles à la maison.)
-Moi tout ce que je peux faire c'est parler... Dit ma mère.
-En ce moment la seule femme qui me fait envie est la mienne alors les chances pour que je ramène des filles sont assez minimes pour ne pas dire inexistantes.
-Alors c'est bien. Mariama aura dû faire sa transformation plutôt. Et le pire est que ce genre de pratique, ça porte la poisse. Mais lui il s'en moque.
-C'est complètement faux. La chance et la poisse sont juste deux choses créées par les perdants pour pouvoir justifier leurs échecs.
-C'est ce que tu crois... Me nargue Fatou.
-Oui c'est ce que je crois.
-Trop de confiance tue la confiance.
-La confiance est primordiale si on ne veut pas se faire bouffer tout cru. Si tu veux intégrer le monde des affaires, je te promets tu en auras besoin.
-Moi j'ai déjà confiance en moi. C'est juste que toi t'as juste un peu trop tendance à te prendre pour le centre de la terre.
-Non, ne déforme pas mes propos. Je n'ai jamais dit ça.
-Mais tu l'as sous-entendu.
-Je pense aller tout droit dans un dialogue de sourd et je préfère ne pas en entendre davantage... Dis-je avant de me lever et de quitter le salon. Une fois dans ma chambre j'essaie encore d'appeler Assane mais sans résultat. Mais qu'est-ce qu'il fout ?

****

Assane a quitté Paris depuis un bout de temps et est à Bruxelles pour le séminaire. Moussa dit qu'il lui a envoyé un compte rendu de ce qui s'est passé dans la journée d'hier. Il peut envoyer des mails mais quand je l'appelle je continue de tomber sur sa boite vocale. J'espère encore une fois qu'il a une bonne raison sinon je le décapite.
J'ai beau être là mais mon esprit divague. Je suis dans la salle de réunion avec le comité et nous écoutons un chef d'entreprise et son directeur de marketing qui doivent nous convaincre de fusionner avec sa boite. Il y a un diaporama et j'ai des imprimés sous les yeux. J'essaie de me concentrer mais ma tête est bien trop remplie pour que je puisse le faire. Mais bon c'est à eux de me convaincre pas l'inverse.

-Ici vous pouvez voir notre chiffre d'affaire qui est remarquablement vu à la hausse... Dit le directeur alors que je jette un coup d'œil sur le dit chiffre d'affaire. Intéressant.

Alors que je feuillette, ma secrétaire entre inopinément dans la salle. Et tous les yeux se concentrent sur elle.

-Je suis désolée mais il y a une femme qui est en train de faire un scandale dans mon bureau. Elle dit qu'elle veut vous voir. Je lui ai demandé de patienter car vous étiez en réunion mais elle a refusé.
-Vous interrompez cette réunion tout simplement parce qu'il y a une dingue qui refuse d'entendre raison. Appelez la sécurité et qu'on la vire.
-C'est ce que j'ai voulu faire mais elle a dit qu'elle était votre épouse...

Madame Seck termine sa phrase alors que je me lève automatiquement.

-Mariama est ici ? Où est-elle ?
-Dans mon bureau.

Sans dire un mot à qui que ce soit je sors de la salle de réunion pour aller voir ma femme. Ça doit être la première fois que je sens mon cœur battre aussi fort. Comment ça Mariama est revenue ? Est-ce que c'est vraiment elle ? Je peux me faire de fausses idées car n'importe quelle folle peut se faire passer pour ma femme.
J'entre dans le bureau de Madame Seck et mon cœur fait un raté. C'est bien Mariama habillée d'une jupe taille haute avec des escarpins assortis à son haut. Et le regard qu'elle est en train de me lancer si ce n'est pas un regard de haine, je n'ai rien compris.

-Il est où ton bureau ??? Demande-t-elle en sortant.
-Il est là... Dis-je en la suivant et indiquant mon bureau avec le doigt.

Je la regarde entrer avant de s'installer sur ma chaise. Je sens que tout ça ne va pas me plaire.
N'ayant pas d'autres choix, je me mets dans une des chaises « invités » et je vois une Mariama qui lorgne les différentes affaires se trouvant dans mon bureau, une par une.

-Je pense que je m'y plairais ici.
-Tu t'y plairais où ??? Je pose la question mais je crains le pire. Je pense qu'elle est au courant des 50%.
-Dans ce bureau bien sûr la moitié de tout ceci me revient de droit si je divorce non ?
-Oui mais...
-Mais quoi Idy ? Notre mariage a pris fin depuis que tu m'as laissé à Paris. Un coup de fil t'aurait tué ?
-Non c'est pas ça c'est juste que...
-Incapable de continuer ta phrase c'est parce que tu sais toi-même que ton délaissement ne peut avoir de justifications. Je sais pourquoi tu m'as épousé au début je ne voulais qu'une chose savoir les différentes façons de te faire payer mais tu sais quoi, ma mère a raison... Dit-elle en se levant du bureau moi je continue à la regarder sans pouvoir sortir un mot de ma bouche... Quand on quitte un homme on quitte tout ce qu'il a. Je ne veux rien qui puisse m'amener à te revoir un jour. Je ne veux rien qui puisse me rappeler que j'ai été ton épouse. Tout ce que je te demande c'est ma liberté.

Contre toute attente Où les histoires vivent. Découvrez maintenant