PARTIE I
UNDERWATER
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« Votre tour est terminé ! »
Je laisse échapper un soupir inaudible et obéis docilement au Gardien, levant une dernière fois les yeux vers le puit de jour avant de sentir à nouveau la froideur de la lumière artificielle mordre ma peau. Combien de temps ai-je pu rester cette fois-ci ? A peine un quart d'heure. Je me tourne quelques instants pour voir le prochain groupe entrer dans le Puits lorsqu'on me fait signe de m'en aller. Pas la peine de discuter, mon tour est terminé. J'attrape mon sac à dos et dénoue ma veste de mes hanches pour l'enfiler, remontant la fermeture jusqu'au col avant de reprendre le chemin habituel dans les longs escaliers souterrains du Terrier, mon regard braqué sur ma manche droite où se trouve un petit écran. D'ici quelques secondes il s'activera, m'annonçant mon emploi du temps pour la journée et bien que je le connaisse par cœur, on n'est jamais à l'abri d'un changement.
Neuf heures. Tous les écrans s'allument à l'unisson, provoquant un halo lumineux dans les galeries jusqu'alors mal éclairées tandis que nous baissons nos têtes pour prendre connaissance de cette nouvelle journée. C'est d'ailleurs sans surprise que j'aperçois la mention « Ecole » s'afficher. J'enfouis mes mains dans mes poches et prends le même chemin que le groupe qui était avec moi, en direction du Quai où nous attendent déjà les Subs pour quitter le Terrier.
Ici, au Terrier, il n'y a pas grand-chose. Seulement des galeries souterraines où s'entassent des baraquements plus ou moins miteux réservés aux familles modestes pour ne pas dire pauvres, un hôpital de fortune, la banque alimentaire où nous prenons de quoi manger et le Premier Puits, que je viens de quitter.
Les Puits sont des tunnels verticaux qui ont été creusés le long des côtes du Labrador, dans les années 2100 par les Anciens Hommes. Initialement il en existait une quinzaine qui devaient déboucher sur des abris anti-atomique et ne servir que provisoirement, mais à l'aube de la Grande Guerre Nucléaire, il s'est avéré vital de les transformer en un projet plus vaste et plus pérenne, destiné à la survie d'une infime partie du Canada de l'époque. C'est pourquoi, petit à petit, les abris sont devenus de gigantesques galeries souterraines, la technologie de pointe de l'époque ayant permis de creuser au plus profond de la croûte continentale pour y installer des habitations, mais aussi de créer des structures directement sous l'eau, sans pour autant subir les dégâts de la pression, protégées à l'aide de gigantesques champs de force. Les Puits quant à eux, ont été scellés à la surface par d'immenses coupoles de verre épais, peu après les premières attaques nucléaires. Permettant à la lumière du soleil de passer à travers et, à l'aide de parois en aluminium, d'atteindre les niveaux souterrains de ce qui est devenu, par la suite, le Nouveau Canada.
Aujourd'hui, sur les quinze créés par les Anciens Hommes, ne restent plus que sept Puits. Trois à l'Est, la partie francophone, dans les quartiers du Terrier, de la Perle et de la Bulle. Deux à l'Ouest, un pour la Rûche, place forte de l'Alliance Gouvernementale Francophone et Anglophone, l'AGFA et capitale du Nouveau Canada. Et un dernier qui se trouverait dans les Eaux Froides du Nord, là où se trouve le territoire des Illégaux, l'Iceberg. Les autres se sont effondrés sous le choc des bombardements ou des tremblements sismiques. Le dernier en date à s'être effondré remonte à juste avant ma naissance, emportant les mineurs et les scientifiques qui se trouvaient là, dont mon père. Et bien que cela ait fait scandale, les familles endeuillées n'ont jamais su ce qui avait bien pu le déclencher.
Malgré cela, passer par un des Puits est resté obligatoire. Un passage par jour et par citoyen, pour prendre les rayons du « soleil ». Apparemment cela permet d'éviter de tomber malade trop fréquemment, mais pour nous qui n'avons rien connu d'autre que la constante lumière blafarde des néons souterrains, c'est plutôt comme une divinité, un rite destiné à nous raccrocher à notre ancienne civilisation et un vague rappel qu'il existe, des kilomètres plus haut, un monde, une autre réalité, que nous ne verrons probablement plus jamais.
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Hunters
FanfictionAnnée 2110. Après une longue Guerre à l'arme chimique qui a conduit la Terre à sa perte, les rares survivants francophones et anglophones du Canada ont trouvé refuge sous l'eau grâce à des technologies avancées. 200 ans plus tard, la surpopulation...
