Naissance Cervine.

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  En 2009, un vidéaste amateur étudiant au Royaume-Uni met en ligne sur YouTube sa dernière œuvre fraîchement terminée. La vidéo finit par être supprimée vu le nombre de signalements et de plaintes.

La vidéo commence avec un plan fixe sur une prairie brumeuse, qui selon certains se trouverait en Irlande. Les seuls sons qui accompagnent ledit plan sont un léger sifflement et ce qui semble être des paroles sourdes et inintelligibles. La caméra zoome ensuite sur une forme blanche dans le pré. Après de longues minutes, la forme se révèle être une biche albinos. S'ensuit un plan rapproché sur ses yeux, montrant des signes d'infection voire un début de cécité.

 S'ensuit un plan rapproché sur ses yeux, montrant des signes d'infection voire un début de cécité

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  Le plan suivant montre la biche fixant un miroir pendant quelques instants. La vidéo prend ensuite une tournure bizarre : le reflet de la biche dans le miroir se met à suivre ses propres mouvements, indépendamment de son modèle. La caméra zoome ensuite sur le reflet de la biche qui commence à bouger de manière anormale et grotesque, comme une sculpture d'argile modelée par une main invisible. Ces contorsions perturbantes sont interrompues par un dé-zoom, dévoilant la « vraie » biche, allongée sur le sol. La biche aurait un regard « étrangement apaisé » selon certains. Le plan reste tel quel pendant plus ou moins deux minutes, le reflet continuant de se contorsionner et de gesticuler. Le miroir semble cependant s'assombrir. La biche allongée au sol commence ensuite à excréter un liquide noir du dessous de sa queue, ce qui laisse penser qu'elle est sur le point d'« accoucher ». La substance, qui ressemble à du goudron, continue de sortir de la biche. C'est généralement à ce moment que les gens coupaient la vidéo.

La suite de la vidéo varie en fonction des récits mais beaucoup rapportent que la biche finit par accoucher du cadavre d'un enfant d'apparence vaguement humaine, couvert par la substance noire, ce qui le rend difficile à décrire. Certains affirment qu'il s'agit d'une représentation d'« hybride humain-animal », fabriquée par l'artiste pour les besoins de la vidéo. Un plan rapproché, flou, sur le visage de l'hybride, est montré pendant quelques secondes avant de retourner au miroir, à présent cassé, dans la même prairie qu'au début. S'ensuit une séquence en noir et blanc et au ralenti affichant un public qui applaudit. La vidéo finit par un plan noir de cinq minutes accompagné par des murmures inintelligibles s'affaiblissant doucement au fur et à mesure.

Certains disent que la vidéo n'est plus trouvable sur le net tandis que d'autres supportent que l'audio circule de temps à autre via des programmes de partage de fichiers comme BitTorrent. D'autres affirment même avoir pu récupérer la vidéo par certains moyens. Occasionnellement, des screens refont surface sur des imageboards et des sites semblables, mais la vidéo elle-même a été très peu vue depuis sa publication.


Un an plus tard, le vidéaste a posté une autre vidéo sur YouTube. Cette fois-ci, c'était cinq minutes d'écran noir et de silence avec pour seule piste, un lien en description pointant vers un site d'échange par webcam. Les spectateurs présents ce jour-là ont dit y voir une paire de pieds pâles qui pendaient mollement dans le vide, tournant doucement au-dessus d'une chaise renversée.


Le créateur de la vidéo « Naissance cervine » est surtout connu pour cette dernière œuvre choquante, mais beaucoup ne connaissent pas forcément ses travaux antérieurs qui sont similaires au niveau du contenu et du style. Entièrement en noir et blanc, la vidéo souvent appelée « Fox-trot » a été créée début 2005. Elle commence avec un plan sur une forêt au clair de lune. S'ensuit une longue transition vers le début de la première scène. Une renarde maigre, visiblement sous-alimentée, titube dans la forêt, poussant des gémissements navrants, avec ce qui semble être un nœud coulant autour de son cou.

La caméra suit la corde jusqu'à son extrémité, où l'on peut voir les petits de la renarde, attachés, se faire trainer par terre. Impossible de déterminer si les petits sont morts ou non. La vidéo coupe sur un plan montrant le croissant de lune se muant lentement en une tache informe. Le son de la vidéo est jusqu'ici essentiellement constitué des gémissements de la renarde, ainsi que d'un fond musical au ton plaintif que beaucoup décrivent comme "anormal et perturbant".
La vidéo coupe ensuite sur une clairière. On peut voir la renarde s'acheminer lentement vers le centre de la clairière, toujours en tirant ses petits derrière elle. La musique laisse progressivement place au silence tandis que la renarde se pelotonne sur le sol, prête à mourir. Après quelques instants de silence uniquement troublé par les derniers souffles de la renarde, un plan rapproché de son visage nous est montré : ses yeux brillent encore sous la lumière de la lune.
Deux petites mains pâles, vraisemblablement des mains d'enfants, commencent alors à lui caresser la tête. D'autres mains se montrent petit à petit avant que la caméra dézoome, révélant que son corps entier est couvert de mains et de bras, qui la caressent.

La vidéo se trouble plusieurs fois avant de couper sur l'intérieur d'un foyer assombri. La caméra se dirige lentement vers la salle à manger où l'on peut voir les cadavres pourrissants d'une famille entière, assis à la table. La renarde de tout à l'heure se trouve sur la table mais cette fois-ci, vivante et en bonne santé, veillant sur ses petits.
S'ensuivent des plans rapprochés des corps, révélant des blessures qui pourraient faire penser à un suicide collectif. Sur le dernier plan, on peut voir un papillon de nuit voletant autour d'une ampoule qui pend dans une pièce sombre. Soudainement, une main qu'on ne pourrait décrire que comme "bestiale", surgit et saisit l'insecte au vol.

#Lau

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