Ce chapitre pue le gros délire et la fatigue
Mes jambes tremblent. J'ai froid. Les couloirs sont glacials et angoissants. D'autres patientent avec moi. Ils attendent le moment où le prof va sortir de la salle pour appeler leur nom. Nous sommes tous dans la même galère pour le moment, et lorsque nos regards se croisent, nous nous encourageons mutuellement en silence, bien que nous ne nous connaissions pas.
Bizarrement, je n'ai pas peur. Rivaille m'a fait travailler d'arrache-pied tout le weekend, et subir son courroux à chaque mauvaise réponse donnée a été une excellente préparation mentale pour ce que je vais vivre aujourd'hui.
La porte s'ouvre et un étudiant sort, le teint un peu pâle mais le soulagement peint sur ses traits. Un prof le suit aussitôt et appelle un nom.
Le mien.
Je me lève, jette mon sac par-dessus mon épaule et entre dans la salle. Je découvre mon sujet et m'installe à un bureau, tandis que l'étudiante qui se préparait jusqu'à présent s'apprête à passer son oral. Je me remémore le dernier conseil de Rivaille : il y a toujours quelque chose à dire.
Déterminée à avoir mon Bac et à aller fêter ça avec mes amis, je commence à écrire sur ma feuille de brouillon.
*****
Je fais les cents pas dans la cour en attendant l'affichage des résultats définitifs. Ma tante patiente, les bras croisés mais pas inquiète. Au contraire, il semblerait qu'elle sache déjà comment ces rattrapages vont se terminer.
Je suis tirée de mes pensées quand des voix familières parviennent à mes oreilles, résonnant dans toute la cour et attirant tous les regards. Bientôt, je vois Jean, Marco, Eren, Armin et Annie venir vers moi, me faisant de grands signes de la main.
-Tu n'as pas encore eu tes notes ? demande Jean, surpris que ce soit aussi long.
Il est vrai que je suis ici depuis sept heures et demie ce matin et qu'il est déjà seize heures. Je secoue négativement la tête, les bras croisés sur la poitrine. Armin pose une main sur mon épaule, arborant le même air assuré que ma tante.
-Je parie tout ce que tu veux que tu l'auras, me dit-il.
-C'est que je lui répète depuis qu'elle a terminé, soupire ma tante. Mais elle affirme ne pas avoir donné les réponses attendues.
-Eh bien, on va savoir tout de suite qui a raison, les coupe Jean en pointant les panneaux du menton.
Un homme tout maigre et grisonnant se fraye un chemin dans la foule d'étudiants, un paquet de feuilles à la main. Je déglutis et, poussée par Eren, je m'approche, la peur au ventre. Trop petite pour pouvoir regarder par-dessus les épaules, je dois attendre que les victorieux s'écartent en poussant des cris de joie, et que les défaitistes partent lentement, dépités. Une fois devant le panneau d'affiche, j'arrête de respirer, juste le temps de parcourir la liste de noms classés par ordre alphabétique.
-Ah.
Le menton posé sur le sommet de mon crâne, Eren pointe mon nom parmi tous les autres. Un grand sourire nait sur mes lèvres. Je rejoins mon groupe d'amis en sautillant et les prends dans mes bras en riant, immensément soulagée. Jean m'ébouriffe les cheveux en clamant qu'il était impossible que je rate mes rattrapages. Armin me félicite posément, imité par Marco et Annie. Eren, lui, me fait valser à droite et à gauche, aussi heureux que moi, si ce n'est plus. Ma tante me serre fort contre elle, les yeux humides.
-Elle serait fière de toi, me souffle-t-elle à l'oreille.
Mon sourire s'agrandit et je renforce mon étreinte.
Quelques minutes plus tard, je profite d'un bref moment de calme pour écrire un message à Rivaille. Sa réponse est immédiate.
Je ne vois pas pourquoi tu n'aurais pas réussi alors que tu m'as eu en professeur particulier pendant trois jours. Félicitations quand même, morveuse. Tu es officiellement reconnue intelligente par l'académie.
VOUS LISEZ
Please Remember Me (Levi x OC)
FanfictionSequel de la fiction "A choice with no regrets" Lise, 17 ans, est contrainte de changer d'école à cause du harcèlement qu'elle y subit. Arrivant dans une toute nouvelle ville, elle doit s'adapter à sa nouvelle vie. Orpheline de père et sa mère toujo...
