8* Œuvre

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Marco arrive devant la porte de sa chambre. Cela fait plus d'une heure que je l'attends. Il a encore les joues rouges d'excitation. Je regarde par la fenêtre : tout le monde ou presque est encore au feu de camp.

-Lise ? s'exclame Marco. Qu'est-ce que tu fais ici ? Rivaille a dit que tu ne te sentais pas bien et que tu étais retournée dans ta chambre.
-Il faut qu'on parle, dis-je. Maintenant.

Mon air sérieux semble le surprendre, mais il comprend rapidement la situation. Je pense qu'il a deviné de quoi je veux discuter. Il m'ouvre la porte et m'invite à entrer.

-Alors ? demande-t-il.

L'espace d'une seconde j'hésite. Est-ce vraiment une bonne idée de lui parler ? Certes, Marco est bizarre, mais il risque sans doute de me prendre pour une folle...

Je secoue la tête. S'il y a bien une personne à qui je peux le dire, c'est Marco.
-Ça va te sembler dingue, mais... J'ai des visions.

Bizarrement, il réagit plutôt bien à l'annonce. Il hoche la tête et s'assoit sur le bord de son lit.

-Je... Je vois des choses bizarres depuis mon arrivée ici... Des monstres... Nous dans une espèce de tenue militaire... Je me suis vue en train d'utiliser le 3D Manœuvre... Et les dessins que je fais... Tu as dit que c'était des souvenirs, n'est-ce pas ? Est-ce que... est-ce que ce serait possible ? Et mes visions... est-ce que ce serait aussi des fragments du passé ?

Marco pose les coudes sur ses cuisses, le menton reposant au creux de ses mains.
-Lise, je ne vais pas te mentir. Je suis certain que ce sont des souvenirs, mais je n'ai aucune preuve que ce soit vraiment le cas.
-Mais à qui appartiennent-ils ? insisté-je.
-Ce sont les nôtres. Ce sont nos souvenirs, Lise. Ceux d'une vie que nous avons menée bien avant cette époque. Du moins, c'est ce que je pense.

Je m'assois par terre, sonnée. Alors depuis le début... je me souviens de ma vie antérieure ?

-La première fois que je suis venu ici, j'étais dans le même état que toi. J'ai eu des visions. Je parlais soudainement de choses que je ne comprenais pas. Souvent, j'ai eu des impressions de déjà-vu : quand j'ai rencontré Jean pour la première fois par exemple.
-Et tu as demandé aux autres de l'aide ?

Marco pinça les lèvres :
-Peu importe combien de questions je leur pose, ils ne veulent pas répondre. Pourtant, je sais qu'ils savent quelque chose, ça se voit à leurs yeux, aux remarques qu'ils font parfois... Hanji m'a dit un jour qu'il fallait que j'attende d'être complet pour avoir mes réponses.
-Être complet ? répété-je.
-J'imagine que je dois attendre que la mémoire me revienne totalement.

Je soupire et baisse la tête. Je ne suis pas plus avancée. Si je pose moi aussi des questions à Hanji, elle risque de me répondre la même chose qu'à Marco. Inutile d'interroger les autres profs : ils ne m'aideront pas non plus.

-Tu sais, dit doucement Marco. La pire de mes visions est celle où je me suis vu mourir.

Je frissonne. Se voir mourir ? Ce doit être la chose la plus effrayante qui soit. Je reste silencieuse. Je ne souhaite pas m'étendre sur ce sujet morbide.

Ma gorge se serre. Une de mes visions me revient en mémoire. Celle où je suis dans les bras de Rivaille. Celle où je me sens flotter dans les airs. Celle où ma conscience dérive. Je chasse ces images qui me terrifient. Je ne veux pas savoir ce qu'elles signifient.

Il y a certaines choses qu'il vaut mieux ignorer.

*****

Jour de liberté. Je désespérais de le voir arriver, et j'en ai terriblement besoin. Debout aux aurores, je descends au réfectoire pour prendre un rapide petit-déjeuner et aller déambuler dans la vieille ville. Je ne croise personne à part le personnel, qui m'offre une gourde de jus d'orange et un énorme pain au chocolat quand il apprend que je vais déambuler en ville.

Please Remember Me (Levi x OC)Des histoires addictives. Découvrez maintenant