Amour : texte 3

124 10 10
                                    

Un ange. 

C'est ce à quoi j'ai pensé en te voyant la première fois.

Pendant quelques instants, je me suis demandé si j'étais mort et si mon âme s'était retrouvé au paradis. J'étais pourtant bien vivant.

Puis, avec un peu plus d'attention, j'ai eu l'impression que tu sortais tout droit d'un tableau, peint par le plus prodigieux des artistes. Voilà un cadre tout à fait idyllique pour faire la plus belle des rencontres, c'est ce que tout le monde nous dira lorsqu'on leur racontera notre histoire à nous. 

Assise là, sur ce petit ponton de bois, dans ta belle robe blanche, ton regard était fixé sur l'horizon, par-delà ce lac sur lequel on pouvait apercevoir le reflet des arbres dont les feuilles avaient déjà commencé à jaunir. Tes cheveux de la couleur d'un coucher de soleil entouraient ton visage, si bien, que je ne le voyais pas d'où j'étais. 

J'ignore combien de temps je suis resté là à t'observer, debout près d'un saule pleureur comme un parfait idiot. Il me semble que le temps s'était alors arrêté.

À ce moment précis, il n'y avait plus que toi et moi. 

Lorsqu'un courant d'air s'est levé, je t'ai vu frémir. Tes épaules dénudées, tu ne pouvais qu'avoir froid en ce début d'automne. Alors sans réfléchir, j'ai délicatement retiré ma veste et je me suis mis à avancer à pas de loup. Je voulais être discret, mais lorsque j'ai mis un pied sur ce pont, il a craqué, t'obligeant à quitter ton petit monde. Je me suis alors pétrifié sur place tandis que tu avais tourné la tête vers moi. C'est mon cur qui s'est alors arrêté avant de se remettre à battre plus vite qu'à la normale. Ni l'un ni l'autre, nous n'osions bouger. 

Puis tes yeux, qui brillaient au loin, se sont posés sur la veste que j'avais en main. Alors, ta mine surprise a laissé place à un magnifique sourire. Le plus beau qu'il m'est été donné de voir. J'ai senti mon rythme cardiaque s'emballer un peu plus, et tout mon être entamer cette chute libre, avant de prendre son envol. C'était comme si mon âme s'était mise à respirer, à prendre réellement vie, comme si des ailes m'étaient poussées dans le dos. Encouragé par ton sourire, j'ai avancé prudemment vers toi. Ton regard ne quittait pas le mien, te forçant à lever la tête au fur et à mesure que je m'approchais. C'est alors que je les ai vus, tes iris d'un vert pur, hypnotiques, ensorceleurs. Tu ne l'as jamais su, mais ils m'ont à jamais chamboulé. Je suis tombé amoureux de tes yeux premièrement.

Lentement, j'ai recouvert tes épaules, je m'appliquais à être le plus délicat possible. J'avais peur de faire un mouvement trop brusque. Qu'est-ce que je craignais? Je ne sais pas, peut-être que tu t'enfuies. C'est bête, je le reconnais aujourd'hui. 

- Merci, avais-tu soufflé

Ta voix. Cristalline, douce. Telle la plus belle mélodie au monde, elle s'est élevée pour venir réchauffer mon cur, déjà touché par ta beauté.

Je me suis accroupi à tes côtés, tes yeux ne se détachant toujours pas des miens. Puis, tu as murmuré le plus merveilleux des chants : Je m'appelle Eva.

Eva. Ton prénom, depuis ce jour, est devenue mon hymne. 

- B...Bill, avais-je bégayé tel un abruti.

Je me suis senti tellement bête à côté, incapable d'aligner deux mots correctement. Mais tu as fait celle qui n'avait rien remarqué et tu t'es mise à parler pour nous deux, jusqu'à ce que ma langue se délie. Nous avons discuté longuement et lorsque la nuit est tombée, je t'ai ramené chez toi. J'avais bien trop peur qu'il ne t'arrive quoi que ce soit, alors, même si tu m'as assuré pouvoir rentrer seule, je t'avais accompagné et étais repartis une fois certain que tu étais en sécurité. 

Concours d'écritureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant