samedi

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Le jeune homme se réveilla chez lui, son estomac retourné dans tous les sens. Sentant des nausées monter le long de sa gorge, il courut rapidement jusqu'à ses toilettes où il vomit tout ce qu'il avait dans le corps. Il s'essuya la bouche et tenta de se souvenir de la nuit passée. Il n'avait aucune idée de comment il était rentré chez lui ou encore quelques parties de sa « conversation » avec la jeune femme.

Il se déshabilla et fila prendre une douche bien chaude. Sous l'eau, il pensa. Il pensa à elle mais surtout à eux. Une vingtaine de minutes plus tard, il sortit de la douche, se sécha et s'habilla.

Etonnement il se sentait un peu, rien qu'un petit peu, moins vide.

« Ça m'a peut-être fait du bien de parler. » pensa-t-il.

Il passa le reste de la journée à ranger son appartement, il avait envie de changer son habitation. Et puis, ça l'occupait. Grâce à cette activité, il pensa moins, beaucoup moins; et étrangement c'était agréable.

A la fin de la journée, il retourna au bar. Il voulait parler, alléger son coeur. Cependant, elle n'était pas là. Il attendit avec un verre de vodka en main, qu'il ne but pas. Il regardait le liquide, d'un regard perdu.

Au bout d'un moment, une jeune femme aux cheveux foncés et aux yeux bruns-verts s'approcha de lui. C'était elle.

Elle s'assit à côté de lui.

« Je ne me suis jamais présentée, je suis Léni. » déclara-t-elle pour entamer la conversation.

« Ton prénom est donc Léni. » répéta-t-il plus à lui-même qu'à elle.

« Oui, et le tien ? » demanda-t-elle curieuse.

« Hippolyte. »

« C'est un joli prénom. » sourit-elle.

Ils parlaient comme si l'un n'était pas brisé et l'autre n'essayait pas de l'aider. C'était calme et simple, tout ce qu'il fallait au jeune homme. Son quotidien était trop bruyant, trop difficile, trop compliqué.

« Il est particulier, mais il me correspond. Mes parents l'ont bien choisi. » répondit-il.

Elle hocha sa tête et commanda un verre d'eau. Il la regarda faire et eut une soudaine envie de lui parler de ces parents alors il commença à lui raconter, comme si c'était une amie de longue date.

« Mon père... Mon père était homme avec un grand coeur, il adorait s'occuper des gens qui n'avaient pas la chance d'avoir un toit, de l'argent et de la nourriture. » commença-t-il un léger sourire aux lèvres.

« Il était aussi un peintre, qui peignait des centaines et centaines de toiles; les unes aussi magnifiques que les autres. C'était... Et c'est toujours des chefs-d'oeuvres vraiment plaisants pour les yeux, une fois qu'ont les regarde... C'est comme si le monde s'arrêtait et qu'il n'y avait plus que moi et ce tableau. » expliqua-t-il passionné.

« Mon père était un grand homme. » continua-t-il.

« Ma mère était douce, travailleuse et sportive. Jusqu'à l'âge de ses vingts-six ans elle était une des championnes du monde de patinage sur glace. Ses figures étaient gracieuses, magiques. Ensuite... elle a effectué de longues études de médecine et elle est devenue pédiatre. » recommença-t-il après une petite pause.

« Ma mère était une grande femme. » enchaina-t-il.

Léni le regarda impressionnée, il décrivait si bien l'admiration qu'il éprouvait envers ses parents. C'était fort, puissant, éternel.

« Mon petit frère était cette chose adorable, qui redonne le sourire à n'importe qui. Il était drôle, mignon, parfait. » sourit-il en repensant à lui.

« Ça fait un peu plus d'un an que je ne l'ai pas vu, il doit avoir bien grandi, il doit avoir poussé comme une petite fleur. » ajouta-t-il.

« Ils me manquent. » finit-il par dire en éclatant en sanglots.

La jeune femme le regarda compréhensive et posa une main sur son dos. Son geste était réconfortant, consolant. Elle lui montrait qu'elle était là et qu'elle ne partirait pas.

Léni avait donc sa douce main sur son dos et Hippolyte se cachait de ses bras qui étaient croisés sur la table. Et ils restèrent ainsi quelques secondes, quelques minutes, quelques heures.

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