Overdose

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C'était fade.
Il n'y avait qu'une texture et un léger goût.
C'était répugnant.
Il n'y avait comme seule consolation l'idée que ça me maintenait en vie.
C'était trop.
Il n'y avait que l'envie de tout recracher.

J'en reprenais. Encore et encore. Puis un hoquet. Puis une grimace. Puis un liquide fortement désagréable remontant le long de la gorge.
J'en reprenais. Encore et encore. J'y étais presque. J'étais malade mais ça me calmait. Ça m'empêchait de réfléchir.
J'en reprenais. Encore et encore. Puis un mal de crâne. Puis un blocage à l'entrée de la gorge. Ça ne descend plus.
J'en reprenais. Encore et encore. Je continuais à espérer de me rendre malade. J'avais mal à la tête. J'avais mal à mon coeur. J'avais mal à mon égo. Ça ne sortait pas. Il fallait en reprendre toujours plus. À moins que...
J'insérai un doigt puis deux, bouche grande ouverte, regard dans le vague, âme décédée.

Une musique peu agréable, une odeur nauséabonde, des tâches de honte.
C'est ainsi que je fini, avachie sur le rebord des toilettes, détruite, me promettant de ne plus jamais rien avaler, de me laisser mourir à petit feu sous le regard aveugle des autres.

Tout est un mot Où les histoires vivent. Découvrez maintenant