VIII

16 2 0
                                        


Est-ce que cela vous est propre de chercher la haine ? Est-ce que cela vous est propre de tout faire pour vous faire détester ? Est-ce que, vous aussi, plus vous parler plus vous vous haïssez mais vous avez besoin de parler pour vous rassurer, arranger les erreurs ? Est-ce que cela vous est propre de penser ne pas mériter ceci ou cela ? Est-ce que, vous aussi, vous cherchez la haine et la destruction ? Est-ce que vous hurlez la colère, est-ce que vous déchirez tout ce qui se trouve sur votre passage pour apaiser la haine qui vous dévore ? Est-ce que, vous aussi, vous souhaitez envoyer tout balader et «niquer» les gens ou les situations par pulsions noires ? Est-ce propre à vous d'avoir mauvaise foi, de tout rejeter sur les autres, de nier les faits tout en se punissant en même temps ? 

Je me demandais...

Est-ce normal de vouloir se détruire sentimentalement ? Est-ce normal d'avoir envie d'arracher son cœur de la poitrine ? De souhaiter que quelqu'un le fasse parce qu'on pas la courage de le faire soi-même ? Est-ce normal de vouloir que tout s'arrête mais, d'un autre côté, vouloir garder ces sensations dix fois trop puissantes parce qu'on a peur de ne plus rien ressentir, d'être mort de l'intérieur ? Est-ce normal de ne plus savoir comment on dort ? Est-ce normal de louper l'arbre qui était face à toi parce que des flashs recouvraient notre vision ? Est-ce normal d'attendre la nuit toute la journée, et d'attendre le lendemain toute la nuit ? Est-ce normal de vouloir fêter tous les soirs ? Est-ce normal de vouloir boire toutes les nuits tout en dansant ? Est-ce normal d'avoir besoin de boire pour se sentir vivant ? Plus vivant que jamais ? Est-ce normal de devoir boire pour se permettre d'être qui l'on veut, de boire pour se permettre un petit peu avant de s'interdire à nouveau quand le sobriété sera de retour ? Est-ce normal de bondir au moindre problème ? Est-ce normal de vouloir détruire ? 

Je ne sais pas si vous voyez, si vous sentez ce que je suis en train de dire. Vous savez c'est comme si mon cœur se situait sous chaque parcelle de peau. Comme si j'étais réduit à un battement de cœur. Vous savez c'est comme si chaque sensation s'irradiait dans le corps entier n'épargnant rien. Absolument rien. Cela ressemble à une main qui empoigne le coeur, qui joue avec. Aujourd'hui, tu ne ressentiras rien. Demain, tu seras la personne la plus heureuse au monde. Et après-demain, tu entreras dans une misère suicidaire. Je ne sais pas si vous voyez, si vous sentez ce que je suis en train de dire. C'est une sorte de douleur qui se propage avant de vous rendre malade. Je ne devrais même pas être en train de le dire. Je ne devrais même pas poser toutes ces questions aussi ouvertement. Je ne sais pas si vous voyez, si vous sentez ce que je suis en train de dire... C'est comme si j'étais une bombe à retardement. Une bombe qui s'accroche au moindre regard, au moindre geste, au moindre son prononcé avant de détoner dans une explosion meurtrière.

Est-ce que ça va passer ? Est-ce que j'en ai envie ?

Mais surtout, est-ce que ça passe ?

Tout est un mot Des histoires addictives. Découvrez maintenant