Ce sont des cris et les mouvements étrangement irréguliers du sol qui m'ont sorti de mon mini-coma.
J'ai ouvert grand les yeux avant de les refermer vivement.
Qui avait eu l'idée conne de mettre des ampoules avec une lumières aussi éblouissantes ?!
— La nouvelle s'est réveillée, a marmonné une voix au-dessus de moi.
J'ai tenté de rouvrir les yeux, plus lentement, pour apercevoir que j'étais attachée par des liens en cuir à un vieux brancard rouillé, sous une grosse ampoule suspendu à un câble dénudé.
J'ai tenté de me défaire des attaches, au cas où, mais j'ai échoué. J'ai reposé ma tête sur le matelas dur avant d'observer les alentours et de tomber nez à nez avec le dos nu d'une nana à dreadlocks, couverts d'épines d'une trentaine de centimètre de longs.
Sans m'en rendre compte, j'ai crié et me suis évanouie sous le choc.Quand je me suis de nouveau réveillée, j'étais avachie dans une cellule crade, poussiéreuse et sombre. Mon bras droit me lançait tellement fort que j'ai grimacé. J'avais l'impression d'avoir de l'acide dans le sang qui partait du haut de l'épaule pour lécher ma nuque jusqu'au bout de mes doigts, c'était horrible.
— C'est normal, si t'as mal, a dit une voix fluette avec une fort accent de l'Est. Les premiers jours, c'est comme ça, pis tu vas t'habituer.
Je me suis redressée en gémissant de douleur – je suis pratiquement sûre qu'avoir mal au côtes de cette manière n'était pas normal, sauf si Jeff s'était amusé à me rouer de coups pendant ma légère absence.
J'ai cherché d'où provenait la voix en me demandant si je ne devenais pas folle, mais un garçon blond à l'aspect rachitique et sale, à peine plus vieux que Danny, s'est avancé de lui-même et m'a sourit en s'accroupissant pour être à ma hauteur.
— Salut, a-t-il continué. Désolé si je t'ai fait peur, mon nom est Nikola. Et toi ?
— Keila, ai-je croassé, la voix rauque et la bouche pâteuse. P'tain, j'suis où, là ?
Le petit a mis du temps à me répondre, cherchant probablement la traduction de ce que je venais de marmonné, vu qu'il avait pas l'air très Américain.
Il m'a sourit de nouveau, un peu plus tristement cette fois.
— Je peux pas vraiment le dire très précision, mais c'est dans un vieux bunker. Ils font des expériences sur les gens comme nous. Pour nous " aider ", qu'ils disent. Ah ! Ozhidat', je vais t'aider ! s'est-il exclamé quand il a vu que j'essayais de me lever.
Il m'a tiré par mon bras indemne pour m'emmener deux pas plus loin, sur un matelas défoncé qui changeait pas trop de mon lit chez les Blackwell.
Merde ! Brook !
— Eh, petit, tu saurais pas si par hasard, il y avait une personne avec moi qui est arrivé ici, un gars ? Et qui ça, " ils " ?
— Si ! Y avait garçon qui se battait beaucoup et qui criait quelque chose à propos de une fille qu'il faut pas toucher. Tu connais lui ?
J'ai acquiescé avant de lui dire vaguement que c'était mon frère. À ce mot, il s'est redressé.
— Moi aussi, j'ai frère ! Plus grand. Il est ici aussi. Mais ils ne me laissent pas le voir, je suis inquiet...
Il s'est recroquevillé sur lui, en boule, et s'est calé contre le mur, comme un réflexe d'auto-défense.
Le petit avait du avoir une vie difficile avant d'arriver dans ce bourbier.
— T'as toujours pas dit de qui tu parlais, ai-je répondu, d'une voix douce pour ne pas sembler hostile envers lui – aussi étrange que ça puisse paraître, je pouvais être conciliante avec des gens.
— Ah ! Ce sont des... sssi.. vrachi, des docteurs, a-t-il dit avec hésitation. Ils disent qu'ils nous font du mal pour qu'on soit bien et fort après, pour le dehors. Mais j'y crois pas, et ce qu'ils nous mettent dans le corps fait trop mal...
Ça, je ne pouvais pas le nier. J'avais l'impression que mon bras était entrain de fondre de l'intérieur, en commençant par les os, puis par les muscles et les autre tissus.
Puis je me suis rappelée de la fille aux épines dans le dos.
— Ils veulent faire de nous des mutants ? Des super-humains ?
— Oui, c'est ça ! s'est-il exclamé en applaudissant. Y en a qui ont des trucs qui sortent de leur corps, des fois, mais on les revoie jamais après. Moi, ça fait une semaine que je suis là, je crois. On reste toujours ici, dans ces cages, et des fois, on nous donne à manger ou on nous sort pour faire de nouveaux trous dans la peau. Mais sinon, on voit rien d'autre, même d'autres cobayes.
Des cobayes ? Des trous ? J'ai passé ma main valide sur mon bras douloureux pour remarque qu'en effet, j'avais une marque de piqûre à l'intérieur du coude.
J'ai frissonné de peur et de froid – on m'avait pratiquement enlever tous mes vêtements, et il ne me restait qu'un fin tee-shirt manche longue élimé qui avait connu des jours meilleurs et mon traillis. Il fallait aussi que je retrouve mon écharpe à tout pris, en plus de sortir d'ici avec Brook et même avec le petit Nikola, ce gosse ne méritait pas rester ici.
— Tu sais s'il y a un moyen de sortir, ou quelque chose qui pourrait nous aider à de tirer d'ici ? ai-je demandé.
Nikola s'est redressé précipitamment avant de venir coller ses mains d'une propreté douteuse sur ma bouche pour m'intimer le silence.
Des pas ce sont fait entendre à côté de la porte de la cellule avant que celle-ci ne s'ouvre dans un grincement à réveiller les morts – qui ne devaient pas être loin au vu de ce qui se tramait ici.
— C'est l'heure la bouffe, les mioches, s'est écrié un homme squelettique à la voix nasillarde pas plus grand que moi.
Il a lancé deux bouts de ce qui devait être du pain il y a un siècle et une vieille gamelle rouillée pour chien qui contenait de l'eau qui a fini renversée par sa faute.
— Eh ! Mais fais gaffe, connard ! ai-je crié, poussée par une rage trop accumulée depuis un moment.
La face de rat s'est avancée près la cellule en levant un poing en croyant me faire peur.
Je me suis relevée en chancelant, prête à y faire face, pour lui asséner ma plus belle droite dans son nez crochu et proéminent.
Il a glapi en prenant la patate qui lui servait d'extrémité nasale et je l'ai poussé le plus fort possible loin de la cellule en lui criant les plus belles insultes de mon répertoire – et croyez-moi, avec Barry comme voisin, j'en connaissait des bonnes.
Quand je me suis retournée vers mon codétenu, Nikola me regardait avec des étoiles dans les yeux – non, je n'exagère pas, laissez-moi tirer un peu de gloire de mon acte insensé !
— O, Bhoze moy ! C'était trop classe ! Même Viktor aurait été impressionné !
J'ai déduit que le fameux Viktor devait être son frère et je me suis assise, fatiguée de tant d'action après un nombre incalculable d'heures sans manger quoique ce soit – problème qui ne sera pas d'aussitôt réglée car je refusais de me rendre malade en mangeant du pain en décomposition – et avec je ne sais quel truc bizarre dans le sang.
Les cris du geôlier, toujours à terre devant les barreaux et le nez en sang, ont fini par alerter d'autres types en blouses et à l'air louche comme lui qui se sont empressés de comprendre ce qui venait de se passer.
Face de Rat a tout déblaté en me jetant des regards noirs à travers ses doigts qui maintenaient son nez d'une magnifique couleur violette et les autres se sont mis à écrire des trucs dans les porte-documents qu'ils tenaient en me regardant.
— Tu peux partir, a fini par dire l'un d'entre eux au premier. C'est l'heure des douches de toute façon.
Ils ont ouvert la porte.

VOUS LISEZ
Apocalyptic World
AdventureLa Troisième Guerre Mondiale a ravagé le monde et vingt ans après sa fin, il ne reste plus rien de reconnaissable : les climats sont bouleversés, la nature à repris ses droits, les gouvernements encore debout son acculés par les rebelles et une ère...