J'allais te revoir. Plus seulement dans mes pensées, dans mon esprit désordonné mais en chair et en os, présent dans la même pièce où j'allais me trouver. Je veux dire par là que mon être entier tourne autour de toi, et de mon adoration d'aliéné, alors après tout c'était pas comme si tu m'avais un jour quitté, mais...Je sais pas si je vais le supporter de te voir là. Sans pouvoir te sourire, te toucher ou simplement me tenir à côté de toi. On dirait le supplice de Tantale, tu crois pas ? Être à quelques centimètres d'une chose désirée sans pouvoir l'atteindre ou même ne serait-ce que la toucher du bout des doigts.
Je regarde l'heure et je me dis que c'est bientôt le moment, que tu peux arriver à tout instant. Puis j'aperçois une ombre dans couloir et je prie pour voir apparaître un bout de chaussure luxueuse ou même une mèche de cheveux noirs. Mais de loin j'entends une voix à l'accent étranger et au ton caverneux. Alors je me souviens qu'il n'est pas juste question de notre relation mais aussi d'un Conseil qui s'annonce plus que marécageux.
Alors reprenant mes esprits, je me dirige tant bien que mal accueillir les invités. J'enfile alors mon masque d'insensible dirigeant, d'homme qui n'a pas peur de prendre de décisions, qui ne pleure pas pour des histoires de sentiments.
Ça m'aide à tenir le coup, tu sais ? Jouer l'acteur, revêtir sur mon visage le mensonge, rentrer dans la peau d'un personnage opposé au mien, faire comme si te voir ici ne m'heurtera pas, comme si au final je ressentais rien. Puis de toute manière j'ai pas vraiment le choix, pas vrai ? En temps de guerre de laisser paraître ou non, que ma propre vie me glisse entre les doigts. J'ai pas le droit de leur laisser entrevoir qu'à cause de toi, je suis plus en état, de les laisser se demander : "Comment pourrait-il diriger un Institut au complet, lorsque lui même, irrémédiablement perds pieds ?".
Puis je suis persuadé que tu vas faire pareil, afficher un éclatant sourire et enfermer tes sentiments en bouteille. Alors à quoi bon m'afficher nu, peau à vif et l'âme à découvert, si ce n'est que pour recevoir critiques et injustes regards autoritaires ?
Raphael est le premier à s'approcher. Il me lance un regard sombre et me serre la main bien plus fermement, plus longuement que d'habitude. Comme s'il essayait de me dire qu'il savait, qu'il comprenait à quel point la situation était rude. Alors je hoche la tête, l'invite à s'installer, mais je le vois partir à la recherche d'une personne désirée et par gratitude, je le laisse lui parler.
Luke arrive ensuite. Il a son air des mauvais jours, son visage est fermé et il marche dans le couloir d'un pas lourd. On dirait qu'il porte le poids du Monde sur ses épaules et qu'en réponse à un tel fardeau, c'est son être entier qui ploie, qui courbe le dos. Je vais à sa rencontre et lui serre la main. Ça me rassure qu'il soit là, je pourrais pas l'expliquer, mais sa fibre paternel me rassure, à le don de m'apaiser.
Puis je tourne la tête et te voilà, sublime comme toujours malgré ton teint d'un blanc cassé, tes imposants cernes noirs et tes traités tirés. Tu marches vers moi de ta démarche féline, et tes vêtements serrés, soulignes le moindre détail de ton corps musclé. Je vais perdre la tête si tu t'approches encore. Je croyais être capable de te faire face mais mon corps, mon instinct et mon esprit sont maintenant loin d'être en accord.
Malgré moi, la distance se raccourcit de plus en plus. Puis lorsqu'il ne reste que quelques mètres entre nous et la perte de ma santé mentale, tu murmures avant de t'éloigner, d'une voix morne mais musicale :
"Alec.
-Magnus."Alors contre mon gré et dans une déchirante douceur, je tombe une nouvelle fois amoureux de toi. De la façon dont ta bouche à de se mouvoir lorsque tu prononces mon nom avec une exquise lenteur, jusqu'au rythme de ta démarche sur lesquels ont finis par se caler les battements de mon propre coeur. Je re-découvre chaque recoins de ton être, de ton physique envoûtant, et lorsque tu te remets enfin à parler, la rotation de la terre au contraire, me semble cesser. Tu vois l'effet que tu me fais ? Quand t'es là mon monde entier s'arrête de tourner, comme si le temps lui même avait peur de t'interrompre ou pire, de s'écouler trop vite et t'oublier.

VOUS LISEZ
Mordorés.
Fiksi PenggemarL'histoire prend place après la fin de l'épisode 2x18 de "Shadowhunters". Magnus a quitté Alec et ce dernier perd pieds. Les souvenirs remontent à la surface, ainsi que les doutes et les regrets. Que se passe-t-il dans la tête de ces deux âmes so...