Chapitre 10

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L'insécurité gagnait du terrain. La panique prenait place dans le cœur du peuple. Les voyages étaient limités voir défendus depuis qu'un des Portails officiels avait été ouvert, et que le Passage avait été fait sans aucune relique. Tout le monde se demandait d'ailleurs comment cela avait pu se produire. Mais la traversée n'avait pas été des plus sûres, et le Passage forcé avait endommagé le flux spatio-temporel qui permettait les voyages entre les deux mondes. Alors, dans l'espoir de retrouver une trace des barbares ayant fait fait ceci, plusieurs troupes de la Garde d'Eel avait été déployée dans toute la contrée et au-delà afin de trouver un quelconque indice. Et même si les quatre Chefs des Gardes avaient rapidement fait le lien entre les enlèvements sur Terre et les Passages clandestins, leur principale question demeurait sans réponse. Qu'était-il arrivé ? Pourquoi avoir emprunté un Portail officiel, et pas l'un des portails clandestins ? Toute personne ayant remarqué un comportement suspect ou une action étrange était appelé à témoigner. Et ainsi, au fil des jours, plusieurs pistes se découvraient, et se rassemblaient autour d'un seul et même endroit.

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Ma tête me faisait atrocement mal. Un marteau-piqueur était en train de bousiller le peu de conscience qui me restait. Ouvrir les yeux me faisait un mal de chien, alors je les garder fermé. Les deux seules fois où j'avais essayé, j'avais seulement aperçu que j'étais enfermée dans un trou rat, et que je n'était pas la seule. Seule consolation, je me trouvais seule dans ma cellule, et n'avais qu'à seulement supporter la présence sonore des gens autour de moi. Certains criaient à l'agonie, d'autres rigolaient comme des fous, ayant complètement perdu les pédales. Toujours dans ma demi-conscience, j'essayais de savoir depuis combien de temps j'étais ici. Pas depuis longtemps, car le coup que j'avais reçu au crâne ne serait plus aussi bossu et affreusement douloureux. Je me rappelais également comment j'avais atterri dans cet endroit crasseux. Tout avait commencé lorsque j'étais rentrée de ma soirée avec les filles. Je m'était changée pour me coucher quand un mec complètement taré m'avait sauté dessus et m'avait emmené à la cave où se trouver déjà mes grands-parents. Dans une grande précipitation, on nous avait forcé à ouvrir le portail, et nos ravisseurs m'avaient emmené avec eux, laissant mes grandsparents à leur tristesse. Nous avions atterri dans une forêt en pleine nuit, et puis le trou noir. Je m'était réveillée dans cette cette cellule il y environ une heure d'après mon horloge mentale. Je gémis de douleur, ayant trop fait travailler mes neurones, surtout avec mon état actuel. J'entendis malgré tout une porte s'ouvrir dans un bruit de fer rouillé, puis compris que c'était pour moi quand je sentis une présence à mes côtés.

– Comment vas-tu Jynn ? Ça sentais pas bon pour moi.

Je feignis l'indifférence en faisant comme si je n'avais pas entendu la voix masculine.

– Je sais que tu m'entends, alors ne te donne pas la peine de faire semblant.

Je me résignai à répondre, me disant finalement qu'il fallait peut-être pas trop jouer avec

lui.

– A votre avis ?

– C'est vrai ma question est bête. Je te demande de pardonner mon homme de main, il ne mesure pas trop sa force.

– C'est vous qui lui avait demandé de me déboîter la tête ?

– Effectivement, mais je ne pensais pas que son coup te tiendrait inconsciente un jour entier.

Bon, au moins, j'avais la réponse à une de mes questions.

– Permets-moi de soulager un peu ta douleur.

– Laissez-moi rire... Vous me kidnappez et maintenant vous voulez jouer au docteur ?!

Je rigolai sarcastiquement et le regrettai aussitôt lorsque mon mal de tête me revint de plein fouet. Je grimaçais de douleur, priant pour qu'un cachet apparaisse dans ma bouche. Mais à la place, je sentis une main sur mon front, et entendis une sorte d'incantation dont je ne compris aucun des mots. Puis quelques secondes plus tard, une étrange sensation envahit mon corps, et la douleur s'atténua fortement, mais pas complètement. Mon interlocuteur ne pouvait pas être aussi gentil et me soigner tous mes maux. Ça serait rêver.

La passeuse d'EelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant