Funèbre nuit.

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C'était une simple nuit d'un rare hiver glacial. Encore une nuit blanche sous ce ciel noir pour cette jeune fille blonde platine à la belle boucle et aux yeux verts amandes assises par terre la tête contre le carreau froid, elle gelait. Ses pieds étaient devenus violets et elle tremblait serrant un petit livre entre ses pauvres mains, elle s'accrochait à chaque mot comme si sa vie en dépendait. "Ne pas céder, lutter contre l'engourdissement." Se disait-elle, mais à ses supplications intérieures, seule la nuit faisait écho. Elle se leva délicatement du sol de la salle de bain et alla contemplait le ciel depuis sa fenêtre d'un air mélancolique en repensant au passé, elle voulait mieux le voir alors elle enfila une paire de chaussure et prit un manteau bien chaud. Trébuchante et glacée, cherchant ses repères dans les rues désertes. Elle longea les murs de la ville durant de longues heures seulement à l'aide de la lumière offerte par les lampadaires, tournant la tête de droite à gauche comme si elle cherchait quelque chose, quelque chose d'invisible comme si elle avait perdu son âme. Elle se laissa guider par cette mystérieuse chose qui l'attirait. Elle errait, elle tentait de se réchauffer et elle arriva sur une vieille voie ferrée recouverte de neige encore blanche. Elle la regarda le cœur lourd et la tête remplie de souvenirs. Vous savez ces souvenirs que l'on ne peut pas oublier. Ces souvenirs qui nous tuent à petit feu. Ces souvenirs qui nous font hurler et pleurer durant des nuits entières. Après avoir sécher les quelques larmes qui avaient coulé sur ses joues, elle rouvrit les yeux et prit le temps d'observer les étoiles. Elles formaient un cœur, un flash, elle aussi elle avait un cœur qu'on s'amusa à briser il y a quelques années. Elle se perdit dans ces images, elle aimait le danger. Elle voyait plus loin que les astres, elle voyait le vide. Ce n'est pas si atroce que ça d'être seule ? Alors elle ria comme elle ne l'a jamais fait depuis des années. Il fit briser ce silence glacial. Cette peur, le danger était l'une des seules choses qui semblait la faire vivre ou plutôt survivre. En effet, cela agitait en elle des démons enfouis depuis bien trop longtemps. A cet instant, elle les narguait, elle n'avait pas peur. Cette masse noir ignoble qu'ils forment. Cette noirceur venant des ténèbres. C'était une fille banale aimant l'aventure, la solitude. C'était une fille banale aimant observer le ciel, s'allonger au bord des vois ferrées. Elle rêvait de changer de vie, d'être heureuse. Un bruit la fit sortir de ses songes. Son rire s'éteignit en un clin d'œil, elle se releva et vagabonda telle une âme errante sur les rails.
Une lumière aveuglante arriva à toute vitesse qu'elle ne put réagir. Plus rien, voile opaque, salle plongée dans l'obscurité. C'était la mort. Elle était venue la chercher.

Le bonheur suicidé.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant