Chapitre II : Nancy

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Thomas Highberg avait toujours eu l'habitude d'inviter chaque semaine un groupe d'edelvargs différents à sa table. Cela contribuait à sa popularité, lui permettait de mieux connaître ses compagnons et d'avoir leurs avis sur certaines actions.

La maison du Grand Maître se dressait en face du donjon, massive et sobre, bâtie dans la même pierre blonde que les remparts. Ses fenêtres étroites, percées en hauteur, laissaient filtrer un peu de lumière. Seule la large porte de chêne cerclée de fer, marquée de l'étoile verte des edelvargs, rappelait qu'ici battait le cœur du pouvoir de Mosjen.

Un homme s'avança vers la maison. Il n'était pas spécialement grand, mais semblait toujours se tenir droit comme une lance plantée dans le sol d'un champ. Son visage, buriné par les campagnes et les années, conservait une noblesse simple, celle d'un homme qui, dans les temps troublés, parlait peu mais pensait juste.
Ses cheveux sombres grisonnaient aux tempes, mais cela semblait davantage une ornementation du devoir qu'un signe de vieillesse. Ses yeux, d'un brun profond, trahissait une personnalité calme. Il s'appelait Godefroy.


En plus d'être un chevalier très apprécié, il était un parent éloigné de Thomas et participait régulièrement à ses réceptions. Les deux hommes étaient assez proches. Leurs conceptions du monde étaient assez semblables et ils avaient rejoint l'ordre presque en même temps.

Ce soir-là, Godefroy arriva entre deux averses, en compagnie de sa femme Svanhilde. Elle avait des traits calmes, mais sérieux.
Ses cheveux noirs tombaient librement sur ses épaules comme des vagues sombres, et son regard profond mélangeait curiosité et mélancolie. Elle avançait dans la cour d'une démarche assurée, tenant ses fils avec douceur mais autorité.

Âgé de sept ans, Gareth était un reflet lumineux de ses deux parents. Il avait hérité du regard franc de son père, mais animé de la curiosité de sa mère. Ses cheveux bruns et son sourire en coin donnaient à son visage un éclat de malice contenu, comme s'il savait des choses que d'autres n'osaient encore imaginer. Il bougeait, parlait beaucoup, riait parfois quand il fallait se taire — et pourtant, dans ses moments de silence, il semblait alors dégager une étonnante gravité, se refermer dans une profonde introspection.

De presque quatre ans son cadet, Plus discret, plus calme, William n'avait que trois ans, mais déjà son regard cherchait à comprendre ce que personne ne lui disait. Il passait pour l'ombre douce de son grand frère. Ses joues rondes, son front sage, ses grands yeux sombres qui s'ouvraient avec confiance sur le monde formaient un tableau de douceur et d'observation.
On le voyait souvent la main dans celle de sa mère, ou assis à contempler, absorbé dans le calme des grandes personnes.

Ils entrèrent dans le logis du grand maître. :

« Bonsoir, maître.

-Allons, Godefroy, combien de fois devrais-je vous dire de m'appeler Thomas quand vous êtes mes invités ? »

Derrière le grand maître, une femme à la silhouette élancée leur sourit. Elle portait avec simplicité une robe bleue foncée sans ornement, mais qui semblait avoir été taillée sur mesure pour mettre en valeur les yeux bleus profonds de sa propriétaire. Son visage rond souriant était encadrés de cheveux bruns ondulés qu'elle laissait tomber gracieusement sur ses épaules :

« Bonsoir, Vanessa.

-Soyez les bienvenus. Vous êtes les premiers. Nancy, tu dis bonjour ? »

Cachée derrière la robe de sa mère, une fillette de l'âge de William apparut, puis se figea. Petite, presque frêle, elle fixait les invités comme elle aurait regardé une forêt dans laquelle elle aurait eu peur de se perdre. Avec prudence, presque vigilance, elle avança de quelques pas.
Ses cheveux blonds, fins comme des fils d'hiver, encadraient un visage dont les traits semblaient trop sérieux pour une enfant.

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