JAMES
— Est-ce que vous êtes prêt à discuter et à trouver une solution à toute cette supercherie ?
Sa voix est calme, tranchante. Chaque mot pèse. Dans cette pièce saturée de tension, le moindre faux mouvement pourrait tout faire exploser. Je balaie la salle du regard, m'arrêtant un instant sur Lana. Elle est assise, droite, les yeux rivés sur moi, aussi impassible qu'une reine, et pourtant il y a quelque chose dans sa posture une retenue fébrile, une impatience contenue.
Je fais un geste bref à mes hommes.
— Baissez vos armes.
Le claquement des armes qu'on abaisse résonne comme un signal. Mais je ne quitte pas David des yeux. Mon sourire se fait acide.
— Il faut croire que votre fille a plus de courage que vous, David.
La pique fait mouche. Son visage se crispe, et je vois sa main glisser vers son arme.
— Je ne vous permets pas...
Mais avant qu'il ne fasse quelque chose de stupide, Lana pose doucement une main sur son bras et murmure quelque chose. C'est à peine audible, mais suffisant pour le calmer. Il recule, les mâchoires serrées. Elle, en revanche, reste imperturbable.
— Alors, de combien s'agit-il ? demande-t-elle, la voix parfaitement maîtrisée.
Vadim tire un papier de sa poche, griffonne un montant et le fait glisser sur la table. Je l'observe avec attention. Elle se penche pour le saisir, et malgré moi, mon regard dérive. Sa robe dévoile un décolleté audacieux et la courbe de sa poitrine me distrait un peu trop longtemps. Je me reprends, mais l'image est déjà gravée dans mon esprit.
Elle lit la somme, et un rire nerveux s'échappe de ses lèvres. Elle se tourne vers son père, les yeux brillants de colère.
— Eh oui, chérie, ton père me doit des millions, dis-je doucement, savourant chaque mot.
Son visage se ferme. D'un geste lent, elle se redresse, et je sens le changement dans l'atmosphère.
— Très bien. Je voudrais que tout le monde sorte. Je veux parler seule à seule avec Monsieur Harley.
Le silence tombe, lourd. Même mes hommes hésitent. Il y a une autorité dans sa voix qui force l'obéissance. Un à un, ils quittent la pièce. Avant de disparaître, j'entends ses derniers mots à son père, des mots bas, mais chargés d'émotion.
— C'est la dernière fois que tu me mêles à tes affaires. Plus jamais.
Intrigante. Je sens quelque chose se dessiner, une complexité que je ne saisis pas encore.
La porte se referme. Nous sommes seuls.
Lana reste près de la porte, les bras croisés derrière son dos. Ses yeux ne quittent pas les miens.
— Finalement, on se retrouve encore, dis-je en pivotant lentement ma chaise vers elle.
Elle s'avance, s'installe sur le bord de la table juste en face de moi. Le jeu est clair. La courbe de ses jambes croisées, le décolleté qu'elle ne prend même pas la peine de dissimuler... Elle sait exactement ce qu'elle fait.
— Voilà ce qu'on va faire, dit-elle d'une voix douce mais tranchante. Je pourrais simplement payer cette somme et régler cette histoire. Mais... je doute que vous en restiez là, n'est-ce pas ?
Je la fixe, amusé.
— Vous avez raison. Mais ce n'est pas à vous de payer pour les erreurs de votre père.
VOUS LISEZ
Dangerous Ties
RomanceÀ seulement vingt-quatre ans, Lana Austen semble avoir tout pour elle : journaliste talentueuse, millionnaire accomplie, elle incarne la réussite. Mais derrière cette façade parfaite se cache un lourd secret qu'elle tente désespérément de dissimuler...
