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JAMES


Elle venait de s'effondrer. Je n'arrivais pas à y croire. Son corps frêle, vidé de toute force, gisait entre mes bras. Était-ce le contrecoup de tout ce qu'elle venait de subir ? Probablement. Son souffle était court, sa poitrine se soulevait à peine. Un instant, une pointe d'inquiétude me traversa, mais je me ressaisis rapidement. Je la portai jusqu'à ma voiture, l'installai sur le siège passager avec délicatesse, puis attachai sa ceinture. Avant de refermer la portière, mon regard s'attarda sur elle.

Ses traits étaient doux malgré la tension qui crispait encore son visage. Sa peau lisse contrastait avec l'hématome violacé qui s'étendait sur le coin de sa joue. Bordel. Ils n'étaient censés que lui faire peur. Pas la toucher. J'allais devoir m'occuper d'eux. Je suivis du regard la ligne parfaite de ses cils, la délicatesse de ses traits, et remarquai deux grains de beauté, l'un proche de sa bouche, l'autre sous son œil gauche. Une seconde, un sourire effleura mes lèvres. Puis je refermais la porte et montais à mon tour.

Mon téléphone vibra sur le tableau de bord. D'un geste rapide, je le connecte au Bluetooth avant de répondre.

— Est-ce qu'elle a réussi ? demanda la voix grave de Vadim.

— Oui, répondis-je en jetant un coup d'œil à Lana, toujours inconsciente.

— Et maintenant ?

— Maintenant, elle va nous aider. Fais-moi confiance.

Un silence, puis un léger ricanement de l'autre côté de la ligne.

— Bien. Très bonne nouvelle. J'ai nos passes. On doit faire quelques arrangements avant demain. Où est-elle maintenant ?

— Évanouie.

— Laisse-moi deviner, tu la ramènes chez toi.

Je ne répondis pas. Vadim soupira.

— James, fais gaffe. Cette fille peut être dangereuse.

— Je te rappelle quand je suis rentré, dis-je en coupant court à la conversation.

La route défila sous mes phares. L'air était lourd, la nuit opaque. Une tension sourde me rongeait, mais je l'ignorais. Il fallait avancer. Une fois chez moi, je portai Lana jusqu'à ma chambre et l'allongea sur le lit. Son souffle était calme, régulier. Elle ne se réveillait toujours pas. J'observai une seconde ses paupières closes, avant de tourner les talons. J'avais des affaires à régler.

Dans mon bureau, Franco m'attendait déjà.

— Qu'est-ce que je dois dire à Dom ? demanda-t-il, les bras croisés.

— Qu'il patiente. Dis-lui que ce sera bientôt réglé et qu'il ne doit surtout pas répliquer. On ne veut pas déclencher une guerre.

— Compris.

J'acquiesçai, fixant un point invisible sur le mur. Soudain, des pas résonnèrent derrière moi. Un frisson imperceptible me parcourut. Franco m'adressa un regard entendu avant de quitter la pièce.

Lana se tenait dans l'ombre du couloir, une lueur incertaine dans les yeux. Elle avait l'air perdue, encore sous le choc.

— Où est-ce que je suis ? murmura-t-elle en avançant avec prudence.

— Chez moi. Son visage se tord de panique.

— Non... non, je dois partir, balbutia-t-elle en scrutant autour d'elle. Où sont mes affaires ? Je veux partir d'ici !

— Tu n'iras nulle part, Lana. Pas avant qu'on ait eu une discussion. Il se fait tard, alors tu restes ici ce soir.

— Je veux rentrer chez moi !

Dangerous TiesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant