Chapitre 20: Je le mérite.

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Je marquais au crayon à papier la petite case du calendrier accroché sur le mur de ma chambre sous les combles. Cela faisait deux semaines tout pile que j'habitais avec ou plutôt chez les GOT7, quatorze jours exactement s'étaient écoulés aujourd'hui.

 Je m'offrais une petite tape sur l'épaule en hochant la tête, « Choi Da Hye, tu es encore en vie et tu respires, félicitation ma chérie » me chantonna alors ma voix intérieure d'un ton ravi. Encore vêtue de mon pyjama, je me détournais du calendrier pour commencer à me préparer tout en me remémorant les souvenirs qui affluaient à l'intérieur de mon esprit.

 En l'espace de ces deux semaines, j'avais déménagé du trou à rat qui m'avait servi d'appartement depuis mon arrivée à Séoul après y avoir rencontré Haneul pour ensuite recevoir ce fatidique appel de ma chère mère. Tout s'était ensuite enchaînée à une vitesse incroyable, ma rencontre avec Yoo Hee, mon réveil forcé le même jour endoctriné par les soins de Jaebum que j'avais ensuite traité de 'blondasse' ou en d'autres mots lui offrir un surnom qui lui allait à ravir. 

Ce même Jaebum qui m'avait une nouvelle fois insultée lorsque je m'étais malencontreusement endormie à côté de Jin Young en accompagnant Yoo Hee à l'aéroport. Puis sans transition, mes deux visites au commissariat après m'être retrouvée avec un visage tuméfié à cause de Kim Noha-la-tarée dont les parents m'avaient ensuite proposé le chèque du siècle, une opportunité en or mais évidemment qui était sans compter Jaebum qui avait prit grand soin de me l'arracher. En y pensant ainsi, j'irais presque jusqu'à me demander pourquoi nous avons fini par faire la paix. 

N'est-ce pas ? Ce n'était pas comme si cet imbécile d'Im Jaebum était la raison principale de tous mes maux ou presque. Enfin. Puisque c'était fait, cela ne valait plus la peine d'y revenir.

Je réprimais un soupir en me penchant sur le tiroir de la table de nuit où j'avais rangé mes sous-vêtements propres. Tout cela pour dire qu'en temps normal, il m'aurait probablement fallut des années pour accumuler autant de mésaventures d'un coup. 

En l'espace de ces deux semaines, c'était presque comme si j'étais devenue l'héroïne d'une écrivaine de fiction, un peu mégalo sur les bords, qui m'obligeait à vivre les évènements les plus insolites, les uns que les autres, en un temps record. Non mais rendez-vous un peu compte de ce qui se passe s'il vous plait. Même si on mettait toutes mes aventures sur le côté. J'habitais à présent dans une maison remplie d'idoles, de sept garçons aux allures de mannequins dont j'étais devenue l'employée de maison. 

Cela sonnait aussi vraisemblable que l'intrigue d'un drama à l'eau de rose pour adolescentes amourachées. Sans compter le fait que j'avais quand même signé un contrat portant la clause qui interdisait « les relations sentimentales dites amoureuses ainsi que les relations sexuelles avec aucun des membres du groupe ». Non seulement cette mention, dont je me souvenais encore avoir entendu dire qu'elle avait été créée rien que pour moi, était risible mais cela ajoutait encore plus à mon impression de me retrouver au beau milieu d'un livre. Qui allait coucher avec qui ? Moi... ? Avec eux ? Un peu de sérieux ! On était à la limite du sarcasme quand même. Ceux qui avaient pris la peine d'ajouter cela m'avait accordé beaucoup trop d'importance ou... en donnait beaucoup trop à ces garçons. 

Eh oui, je parle de 'garçons' et pas d'hommes. J'avais appris de la part de Yugyeom qu'à seulement vingt-et-un an, j'étais déjà plus âgée que la bonne moitié d'entre eux, cela incluant Jaebum et Jin Young qui se privaient pourtant bien d'employer les honorifiques nécessaires à mon égard. Je n'étais pas d'habitude du genre à m'en soucier mais pour ces deux-là, si. De plus et en toute honnêteté, maintenant que j'avais appris à les connaître d'avantage, il était à présent sûr et très certain que cette clause ne risquait pas d'être enfreinte de sitôt, pour ne pas dire jamais. Sans vouloir me lancer des fleurs, j'en étais venue à décider que j'étais beaucoup trop bien pour eux et c'était mieux que de penser qu'ils étaient trop bien pour moi. Conclusion, il valait mieux de ranger cette clause sur le côté et de ne plus y penser.

Mes sous-vêtements en main, je me détournais ensuite vers l'armoire pour sélectionner ma tenue de la journée. Cela ne me prit pas plus de quelques secondes, comme d'habitude j'allais au plus simple : pantalon de jogging noir et t-shirt de la même couleur pour éviter de me salir. Puis, je me dirigeais vers mon porte-manteau où j'avais accroché ma serviette de bain pour la décrocher. Je ne pus réprimer un petit rire lorsque d'autres souvenirs atterrants de mes jours chez les GOT7 passèrent entre les rouages de mon cerveau. 

Qui aurait cru que je serais encore ici à Séoul ? Eh bien pas moi. Si on m'avait dit, deux semaines auparavant, que Choi Da Hye serait à l'intérieur de cette villa à l'heure actuelle, se préparant à aller prendre une douche matinale dans une salle de bain de rêve, je leur aurais probablement ris au nez. J'avais été prête à abandonner tous mes espoirs de vie citadine pour retourner à Daegu.

 Prête à en finir pour de bon avec la capitale. Et, vous avais-je aussi mentionné que j'avais été frappée, étranglée, insultée à cause des GOT7 avant d'avoir été ensuite menacée d'être virée de la maison par ses propres habitants (même si cette information s'était révélé être une intox, le choc était le même.) 

Le saviez-vous ? Oui ? Eh bien, excusez-moi de me répéter mais cela fallait quand même le coup d'être surligné, souligné et mise en emphase ! Mais c'était le passé et j'avais décidé d'être magnanime malgré mon statut de survivante. Car tout ce qui comptait, c'était que pour le moment moi, Choi Da Hye était à Séoul, nourrie blanchie et surtout payée à travailler dans une belle villa. Et je le méritais amplement. 

When A Maid GOT7Où les histoires vivent. Découvrez maintenant