Charlie est une étudiante australienne quelque peu sauvage, qui manque cruellement de tact. Malgré tout, en raison de son physique avantageux et de son apparente confiance en elle, les hommes gravitent autour d'elle comme les particules de glace aut...
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Chapitre 6
You like it rough, don't ya?
La pénombre ambiante. L'odeur de sueur. L'alcool fort qui coule à flot. Les jets de fumée. Les lasers multicolores sur nos corps embrasés. Les basses qui raisonnent dans le sol. La voix tonitruante du DJ qui nous intime d'hurler plus fort. La musique qui se tord, ralentit, repart et explose.
Tout ça tourne si vite autour de moi que je ne prends même plus le temps de l'assimiler. Il est bientôt minuit et la salle ne se désemplie pas : c'est même le contraire on dirait. Les corps suintants se frottent les uns contre les autres et sautent avec enthousiasme en poussant des cris d'exclamations. En d'autres termes : l'ambiance est à son comble.
Pourtant, malgré l'agitation et l'euphorie générale de cette boîte de nuit, je ne suis concentrée que sur une seule chose : séduire la jeune femme qui me fait face et qui se donne à moi depuis que je suis arrivée.
Nous sommes dans un coin reculé et moins éclairé que le reste de la salle. Malgré cela, les confettis de lumière qui passent parfois sur son joli visage m'apprennent la couleur mate de sa peau et les éclats rosés de ses longs cheveux détachés sur ses épaules. Nous dansons collé-serré depuis quelques temps déjà. En plus, lorsque je suis partie boire une bière pour me rafraichir il y a une heure de cela, elle m'a suivi. Depuis, nous ne nous sommes pas quittées. Pourtant, malgré le temps qui passe, nous n'avons toujours pas échangé un mot. A vrai dire, d'après les regards relativement explicites et silencieux que je lui lance, n'importe quelle parole apparait comme futile.
Une nouvelle musique commence et nos deux corps ne font plus qu'un afin de s'adapter à la cadence. J'attrape ses poignets, soulève ses bras et les enroule autour de ma nuque. Immédiatement, sa chaleur corporelle et la mienne se mélangent. Son bassin se dandine au rythme du mien. Sa respiration est calquée sur la mienne. Mes yeux ne quittent pas les siens.
J'ai envie de lui faire tout un tas de vilaines choses, afin de faire taire ma frustration toujours présente depuis que le « dernier des coureurs » m'a rejeté.
A vrai dire, cette fille est vraiment mignonne. Avec sa peau chocolatée, son gloss rose bonbon, son piercing au nez et ses sourcils bien dessinés, elle doit en faire craquer plus d'un.
Rien à voir avec ce gars plutôt frêle pour un homme, pas assez musclé pour la norme et au style désuni et trop simplet.
Je fronce les sourcils et secoue légèrement la tête afin de me recentrer : le fait de penser à lui m'énerve plus qu'autre chose et je suis justement venue ici afin de me vider la tête. Alors ce n'est pas le moment de rater l'instant présent pour des choses aussi futiles.
Comme elle est plus petite que moi, je dois me pencher en avant afin d'être plus proche de son visage. Quelque part, j'adore ce sentiment de supériorité. De plus, son regard obsidienne m'inspire un caractère espiègle et rieur.