Damien agrippa la tête du cobra et tira dessus, libérant sa chair des crochets envenimés.
Cyril était paralysé par la peur, il ne bougeait littéralement plus, il faut dire qu'à une seconde près c'était lui qui y passait.
Mes yeux se posaient sur les deux petits trous dans l'avant bras de Damien : le tour commençait à noircir et des petits vaisseaux sanguins prirent également cette inquiétante couleur.
« Un seau ! Il faut le mettre dans un seau ! Cria presque Damien. »
J'attrapais donc le seau dans lequel était le serpent et mis son corps dedans. Il ne restait plus que la tête, je regardais autour de moi et aperçu un grand et gros livre, je le pris. Damien lâcha la tête et je posais rapidement le livre sur haut du seau de manière à le fermer.
Cyril ne bougeait toujours pas.
Damien lui s'assit parterre, le regard dans le vide en se tenant l'avant bras. Cela dura une minute.
« Thomas, Cyril, sachez que c'était un plaisir de vous avoir rencontré.
- Quoi ? Pourquoi tu dis ça ? Lui dis-je soudainement paniqué.
- Je vais mourir. Dit-il calmement, mais en écoutant bien on pouvait entendre sa voix trembler.
- Quoi ?! Comment ça ? Pourquoi ?
- Le venin du cobra à haute dose étant mortel et sachant qu'il est peu probable que vous aillez un anti venin sur ce rafiot, j'ai moins d'une heure.
- Mais y'a pas une autre solution ?
-Non.
- Il est mortel qu'à haute dose, il a pas eu le temps de-
-Thomas, je l'ai senti. Il m'en a injecté beaucoup.»
Son regard me pétrifia : un cocktail d'émotions passait dans ses yeux à toutes vitesses.
La peur, la panique, le retour à un calme à peu près crédible, la tristesse, une étrange joie, une sorte de sérénité effrayante et déconcertante.
Mon sang se glaça.
Je le fixais. Il ne pouvait pas mourir d'une simple morsure. Ce n'était pas possible.
C'était impensable.
J'eu une sorte de flash.
Je le revoyais, ce jour où il était aux portes de la mort, allongé dans la cale, ses blessures l'ayant trop affaiblies.
Il me regardait.
C'était le même regard que lorsqu'il était sur la planche.
Mes yeux se posèrent alors sur l'armoire derrière lui. Il y avait là bien assez de fioles pour y tenir une boutique d'apothicaire.
Je me retournais vers Cyril, toujours paralysé, je le pris par les épaules et le secoua. Il fallait qu'il m'aide à trouver cet anti venin.
Une simple intuition que j'avais eu en l'espace d'une seconde, je ne sais pas d'où elle mettait venue, mais j'avais cette intime et surprenante conviction qu'il y avait quelque chose dans cette armoire.
VOUS LISEZ
La Malédiction du Cobra's Hook
FanfictionSi je vous dis XVIII ème siècle, bateaux, trésors, et aventure cela doit certainement vous évoquer un monde apprécié de certains : la piraterie. Un monde merveilleux pour Thomas, qui lui permet de survivre assez facilement en ces temps difficiles...
