《 17 mai. 3 mois, 12 jours. Ça fait trois mois que tu... dors. Tu ne peux pas imaginer à quel point tu me manques. Tout le temps. Chaque minute qui passe. Tes bêtises me manquent. Tes sourires me manquent. Ton rire aussi. Ton regard, ta voix, tout. Toutes les questions existentielles ou bizarres que tu te posais. Nos délires, nos jeux, nos fou-rires. Et même nos disputes. Parce que j'ai peur. Et si... et si c'était fini ? Si je ne les revoyais plus ?
Je me souviens qu'une fois, on s'était disputés juste avant les vacances. On devait avoir 12 ans à peu près. Tu étais parti en colère. Et une heure après, j'avais voulu m'excuser. Alors j'étais allé chez toi. Mais vous étiez déjà partis. Je m'étais dis que ce n'était pas grave, puisque j'allais te revoir vite. Mais aujourd'hui c'est différent.
Comment je fais pour savoir si je vais te revoir maintenant? Comment je fais pour ne pas désespérer? J'ai peur, Eren. Tellement peur. Et si tu ne te réveillais jamais ? Comment je ferais sans toi ? Qui me donnerait la force d'avancer ? Je ne te l'ai sûrement pas assez dit mais je t'aime, gamin. Peut-être plus que tu ne peux l'imaginer.
Mes parents croient que je vais bien. Nos amis croient que je vais bien. Parfois, je crois que je vais bien. Mais je ne vais pas bien. Et je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir faire semblant.
Les faux sourires, les rires forcés, la "bonne humeur" apparente. Autant de choses auxquelles ils croient. Autant de choses que tu aurais su décrypter en un clin d'œil.
Il n'y a que deux personnes à qui je ne peux pas mentir. D'abord, toi, avec qui j'ai grandi et qui me connaît par cœur, sûrement mieux que moi-même. Mais tu ne peux pas voir ce manège que je répète tous les jours.
Ensuite, Hansi, ma meilleure amie, avec qui je ris tout le temps et qui sait tout de moi. Mais elle est à Trost et moi à Shiganshina. Et elle n'a pas de téléphone.
Personne ne voit que j'ai mal et moi, je n'ose pas appeler à l'aide. Alors je ne dis rien. Je souris la journée, je dis que je vais bien, je leur mens. Et le soir, seul, dans mon lit, caché par l'obscurité de la nuit, je laisse couler mes larmes et je souffre en silence.
Armin passe toujours très souvent à l'hôpital, Mikasa et Tête de cheval viennent régulièrement. Sasha, Connie et compagnie viennent toutes les deux semaines.》
Livai posa son stylo sur le bureau, ferma le cahier et le rangea, tout au fond du tiroir, celui du bas, là où personne n'irait regarder. Personne ne le lirait. Personne ne saurait. Il ferma doucement le tiroir, éteignit la lampe et se glissa dans ses draps.
Dans l'obscurité complice de la nuit, il s'autorisa enfin à laisser tomber son faux sourire et à écouter ses émotions. Une larme se fraya un chemin sur sa joue. Puis deux. Puis trois. Puis tout un torrent. Elles exprimaient sa peur, sa tristesse. Sa colère, sa haine, son angoisse. Sa solitude. Son désespoir. En silence.
Et il pensait, comme chaque soir, ces mêmes mots. Deux phrases.
Et demain, personne ne verra rien.
J'aurai un grand sourire, je dirai
Que je suis juste fatigué
Ou que je ne dors pas très bien.
Il pleurait. En silence. Seul. Personne ne saurait. Parce que, comme toujours, il leur répéterait ce mensonge.
Tout va bien.
586 mots
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Reviens...
FanfictionCertains disent que ceux qui ne montrent pas leurs émotions sont aussi ceux qui en ont le plus. J'ignore si c'est vrai, mais en ce qui concernait Livai Ackerman, c'était bien le cas. Depuis qu'Eren, son petit ami, était dans le coma, une explosion...
