je croisais les coureurs et marcheurs matinal habituel; on d'échangeait nos sourires hypocrite habituel. ce matin là, l'air frais caressait mes bras nus, et le soleil offrait une douce chaleur ― des conditions agréables qui me poussèrent à rallonger mon parcours.
il y avait cette fille intrigante. son sourire n'était pas forcé. elle était toujours rayonnante, transpirant la bienveillance. elle s'était arrêtée pour nouer ses lacets.
― excuse-moi !
elle s'est levée pour trotiner jusqu'à moi.
― ça fait des mois qu'on court tous les matins, on ne s'est jamais parlé.
j'ai à enlevé mes écouteurs, curieuse de savoir où elle voulait en venir.
― je me suis dit que ça pourrait être bien qu'on courre toute les deux, tu ne crois pas ?
malgré tout, j'appréciais mes moments de tête à tête avec la musique chaque matin. J'avais l'impression de retrouver la prune de avant. la vraie prune, pas celle qui fais des faux sourire aux passants, pas celle qui fait semblant de comprendre ce que les touristes asiatiques racontent. pas la prune déchirée. j'ai acquiescé en silence.
― je m'appelle candice.
― prune.
― j'adore ce fruit.
― t'es d'où ?
― suisse, mais j'ai déménagé il y a trois ans, ici. et toi ?
― aubervilliers. j'ai jamais trop kiffé voyager.
il y a eu un blanc. on entendait seulement nos pas sur les feuilles mortes et les graviers craquer sous nos pieds.
― tu fais des études ? elle a demandé.
― j'ai fait un DUT Info-Com, maintenant je travaille dans un petit shop de musique et de vieilles babioles. t'es en STAPS c'est ça ?
― Mhm, dernière année de master. j'aimerai être agent de carrière.
à nouveau, le silence s'installa entre nous, alors qu'on continuait notre compte. de temps à autres, nos regards se croisaient et nous nous échangions un sourire.
paris s'éveillait autour de nous. les rues étaient encombrées de voitures et de vélos, des parisiens aux visages cernés et aux postures épuisées, dos courbé.― c'est là que je te laisse.
j'ai dit alors qu'on arrivait devant mon immeuble.
― on de rejoint demain ? six heures quarante-cinq ?
j'ai acquiescé.
― à demain.
elle s'est éloignée en trottinant. j'ai poussé la lourde porte en verre.
dans le hall d'entrée, j'ai croisé mon voisin de palier. il devait avoir à peine dix sept ans, le yeux rivés sur son téléphone et son casque fixé sur ses oreilles, comme à son habitude. le son était si fort que je pouvais entendre sa musique. dans les escaliers, j'ai croisé sa mère, une femme dont les rides trahissait les cicatrices laissées par les épreuves par lesquelles elle etait passée. les bras chargés de sac, ses yeux remplit de détresse.
― vous avez besoin d'aide ?
― non. elle avait répondu d'un ton sec et catégorique
depuis le pas de la porte de mon appartement, j'ai pu l'entendre hurler sur son fils, comme je l'entendait régulièrement depuis mon appartement.
les murs étaient plus fins que du papier à cigarette, et il n'était pas rare que j'assiste à leur embrouilles.yvick dormait encore profondément sur le canapé. j'ai doucement enlevé mes chaussures et me suis faufilée dans la salle de bain en silence.
j'ai laissé les perles d'eau tièdes glisser sur ma peau et les larmes couler sur mes joues.
la prune déchirée refaisait surface ce matin là, alors je n'ai pas traîné.yvick tournait dans mon appartement. il a émis un long baillement.
― t'as pas de café ?
― bonjour. j'ai rétorqué.
― ouais, bonjour. t'as pas de café ?
― j'bois que d'la tisane.
il a haussé les sourcils.
― ça fait même pas vingt quatre heures que je suis ici, j'ai déjà l'impression d'habiter avec une grand mère.
j'ai enfilé une veste et un béret, avant d'attraper mes clefs.
― eh, vu que la grand mère elle est gentille elle va passer t'en acheter.
― parce qu'une deuxième personne habite ici ? tu me l'as pas présentée.
j'ai tiré la langue, avant de passer à nouveau le pas de la porte.
― essaye de pas trop rien faire aujourd'hui Yvick.
j'ai juste eu le temps de voir son majeur se lever avant de claquer la porte pour qu'elle se verrouille.
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énergie sombre - Nekfeu
FanficJ'ai éclaté en sanglots. J'aime bien cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il y a des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats. ― tellement sombre que mon ombre est plus claire...