ce soir là, j'ai pris le bus ― il était vide, comme chaque mardi soir. à travers la fenêtre, je regardais les lumières se refléter sur la seine, la tour eiffel briller au loin. il y avait un charme dans les lumières du soir. un charme indéniable, obscur, envoûtant.
❝' faut pas que tu t'arrêtes de vivre.❞ les mots de sulli semblaient résonner, se dessiner partout autour de moi.
au plus profond, je savais qu'elle avait raison. qu'il fallait que je sorte de cette coquille que je m'était créé depuis neuf mois.je suis descendue du bus et je me suis laissée guider par le vent. le vent qui m'a emmené la ou mon coeur pourrait être apaisé. ses battement se sont accéléré lorsque j'ai poussé la lourde porte en verre.
les murs étaient blanc et vert. froid. ici, aucun sourire réconfortant. juste des yeux mouillés de larmes. des infirmières épuisées. je me suis approchée de comptoir.
― bonsoir, j'aimerai voir rémi boher s'il vous plaît.
― à quel titre ? m'a répondu sèchement la femme de l'accueil, qui me scrutait derrière les epais verres de ses lunettes.
― je suis sa soeur. prune. prune boher.
elle à tapé quelque chose dans son ordinateur avant de relever les yeux vers moi et d'ordonner d'un ton las
― veuillez attendre dans la salle d'attente sur votre droite.
j'ai obéï et me suis assise sur une des chaises rigide. tout était si silencieux qu'on entendait les tic tac des montres.
cet endroit était détestable. tout ici me repugnait, je haissais les yeux sur mon téléphone.à : sulli
j'deteste quand t'as raisonde : sulli
meuf même ma daronne elle sort plus que toibien sûr que j'ai raison
à : sulli
.de : yvick
wesh t'es où ?à : yvick
à l'hôpital.de : yvick
chaudt'as quoi ?
à : yvick
je vais voir mon frère.de : yvick
courage :)rentre pas trop tard stp.
à : yvick
j'reve ou tu t'inquiète pour oim ?de : yvick
nan, j'ai la dale.y'a r dans ton frigo
à : yvick
bah commande espèce de schlag.de : yvick
t'es un génie.on m'a appelée, j'ai suivit une jeune femme cernée, dont la fatigue se ressentait jusque dans sa démarche. elle n'adressa pas un mot avant qu'on s'arrête devant une porte peinte en gris clair, 387 écrit banalement au marqueur sur celle-ci.
― vous avez vingt minutes. après, on ferme les chambres pour la nuit.
j'ai jetté un coup d'oeil à ma montre et acquiescé. elle a ouvert la porte, puis est entrée, je l'ai suivit.
mon frère était dos à nous, assis sur le lit. il regardait par la fenêtre.
― monsieur boher,
votre soeur est là.il n'a pas bougé d'un poil.
― vous avez sûrement des choses à vous dire.
elle m'a lancé un regard désolé avant de partir en refermant soigneusement la porte derrière elle. je me suis assise à côté de lui.
― rémi...
― tu m'as laissé neufs moi, six jours, quatorze heures et vingt-sept minutes.
j'ai posé ma main sur la sienne. il l'a retiré instantanément.
― t'avais promis de jamais me laisser.
t'avais promis. t'avais promis. t'avais promis.mes yeux se remplissaient de larmes. tout a coup, je me sentais vide. la vérité venait de me frapper en pleine face et tous mes sentiments avaient déserté. des mois de guerre intérieure.
― rémi.. je suis désolée.
j'ai pas d'excuses. j'ai jamais trouvé la force de venir te voir.il n'a même pas cilé.
― tu m'as même pas empêché d'être interné.
je suis enfermé ici depuis neuf mois, prune.
parfois, je me sens normal. c'est les pires moments, tu sais.
comment t'as pu me laisser là ? j'ai cru que tu viendrais quand j'en avais besoin. j'ai cru que t'entendrai ma douleur. et puis j'ai arrêté d'espérer.― je suis là, maintenant.
je partirai plus, je te le jure.― maintenant, j'ai plus besoin de toi.
je suis partie sur ces mots. je pensais qu'il déposerai le drapeau de paix en moi. je pensais qu'il appaiserait la bataille incessante que livre mon esprit.
mais il n'avait fait que donner des armes aux émotions négatives. j'ai laissé les larmes couler sur mes joues.
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énergie sombre - Nekfeu
FanficJ'ai éclaté en sanglots. J'aime bien cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il y a des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats. ― tellement sombre que mon ombre est plus claire...