― sept

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c'est pas que chez toi c'est le bordel, prune, mais c'est mal rangé. m'a dit yvick en retournant tous les placards à la recherche d'un économe.

bah putain yvick, tu te plains pas mal pour un gadjo que j'heberge gratuitement. j'ai dit entre deux cuillères de céréales.

il a ouvert le tiroir des casserole. il a vu le chaos qui y régnait et la refermé d'un seul coup.

je retire ce que j'ai dit.
    c'est totalement le bordel chez toi.

je lui ai tiré la langue.
il a trouvé son économe et commencé à éplucher son kiwi.

tu sais que tu peux le manger à la cuillère ton kiwi ?

il l'a enfilé entier dans sa bouche avant d'articuler :

oui mais ch'est moins bon.

il est partit se doucher.

de : sulli
viens on décale ce soir

à : sulli
où ?

de : sulli
j'sais ap, en boîte ?

à : sulli
nan nan après je vais suer comme une sardine.

de : sulli
netflix alors ?

à : sulli
de ouf.

de : sulli
du coup on décale pas.
je viens chez oit' à 20h

j'ai laissé un petit mot à yvick avant de partir.

paris c'était pas l'idéal pour le calme dès le matin, mais je me rassurais toujours en me disant qu'une fois à la boutique, j'aurais ce que je désirais. mais à chaque fois, le calme de la boutique me rendait folle, et j'avais besoin de retrouver le paris bruyant.

putain de merde, prune ?

― hugo ?

le jeune homme qui venait d'entrer dans la boutique s'approchait pas à pas affichait un grand sourire. ses cheveux bouclés lui tombaient parfaitement. ses grands yeux bleus derrière ses lunettes me scrutaient de haut en bas.

ça fait...

― 5 ans. je l'ai coupé sèchement.

alors tu travailles ici ?

― hm, depuis un an et demi.
    et toi qu'est ce que tu deviens ?

― je suis en dernière année de master de gestion d'entreprise.

je n'étais pas super à l'aise. il se tenait si proche de moi, je sentais son souffle sur mes lèvres, j'entendais sa douce respiration. comme avant.

il avait disparu de ma vie après le lycée. j'avais essayé, de le recontacter. le rappeler. j'avais remplit sa messagerie avec mes messages vocaux. où je pleurais ― il était partit a l'instant où j'avais besoin de lui, ce même instant ou lui n'avait plus besoin de moi.

après une longue période de silence à se regarder yeux dans les yeux.  à scruter si l'étincelle qu'on avait eu l'un pour l'autre s'était éteinte, il a reprit la parole.

t'as pas gé-chan.

il n'avait plus le brillant dans les yeux qu'il avait auparavant; et je savais, au plus profond de moi je savais, qu'il avait vu que la mienne était toujours restée.
même si j'avais fini par me convaincre du contraire ce type m'avait marqué à tout jamais.
j'ai remis mes lunettes en place.

toi non plus

pourtant j'ai enlevé mes bagues.

j'ai souris.
puis nouveau blanc.

je crois que je vais y aller. je passais juste... enfin bref.

il est partit sans un mot de plus et des milliards et des milliards de pensées se bousculaient dans ma tête.

quelle idiote.

énergie sombre - NekfeuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant