Ts'avali se trouvait dans l'un des bâtiments incendiés, une riche bâtisse qui appartenait au prince électeur de la bourgade, elle donnait sur la place centrale du village. Le vent automnale balayait les cendres.
- Tu es vraiment un faux frère, lança Ts'avali tout en levant de sa patte une planche calcinée.
- Faux frère, ce n'est pas ce que tu m'as dit après que je t'ai sauvé à Tsakhaldag Talbar.
Ts'avali renacla tout en se penchant pour observer ce qui se trouvait sous la planche. Un gant en cuir tanné et rembourré. Il regarda à l'intérieur et en sortie quelques poils blancs appartenant sûrement à son propriétaire. Il le rangea dans sa besac.
- Ah un indice ! s'enjoua Partk'.
- Je ne sais pas, ce gant brûlé doit appartenir à l'un ou l'une des anciens locataires de cette bâtisse. Déduisit-il tout en massant l'arrière de son crâne.
Partk' cela fait trois foyers d'incendie que l'on inspecte et toujours rien. La maison du commandant du Guet, d'un riche marchand et du prince électeur sont en ruine mais seulement elle. Ces personnes de pouvoir ont perdu tous leurs biens en une nuit chacun mais personne n'est mort dans ces incendies. Il n'y a pas de témoin ou plutôt ceux indiqué par le Gitnakan n'ont rien vu.
- Ts' tu penses que c'est lié ? S'interrogea Partk'.
Le mage errant fixa Krak.
C'est un Gitnakan qui peut contrôler le feu, mais pourquoi aurait-il incendié des maisons ? Les étrangers sont mal vus dans le Royaume, il n'aurait jamais risqué sa carrière sans raison.
Beaucoup de mages sont arrogants Ts', il a voulu se venger des Goupiliens qui le mésestiment et le dédaignent. Sans compter que les mages des cours étrangères sont plein d'ambition. Il aurait voulu monter en poste plus vite en résolvant l'affaire qu'il a lui même créée. Mais alors pourquoi nous recruter, si il nous venait dans l'idée de lire ses souvenirs ou juste déduire que c'est lui le pyromane.
- "Nous ?" ria Ts'avali. Il sait que le code du Duché m'empêche de rentrer dans les esprits d'autrui sauf si un autre mage le valide et cet règle est renforcée par mon statut d'étranger. Il me laissera faire et voir que ce qu'il veut. Quand bien même je découvrirai quelque chose ma parole n'a pas de poids ici, je ne suis qu'un t'ap'arrogh, un mage errant alors que lui est un mage au service de la couronne.
Des cris attirèrent l'attention de Ts'avali, il tourna la tête vers la place centrale. Là se situait au centre de la place un pilori surélevé par un échafaudage en bois d'où un Goupil était en train d'être libéré. Il regarda Krak qui attendait en dehors des ruines à plusieurs embrasures de là. Ts'avali lui envoya un message mental pour lui signaler qu'il allait enquêter seul pendant quelques temps. Le mage ne l'en empêcha pas, il marqua juste sa déception. Ts'avali l'ignora, il sortit des ruines et se rapprocha de la place où une foule de citoyens faisait face au supplicié tout en l'invectivant. Le mage se demandait quel délit le coupable avait commis pour qu'autant de monde lui en veuille. Ts'avali ne se mêla pas à la foule et préféra rester aux abords de la place non loin des ruines pour éviter toute réaction hostile du peuple à son égard. Pendant qu'il balayait la foule du regard, il remarqua à sa gauche qu'une autre créature appliquait la même démarche. Une capuche cachait son visage, et le reste de ses vêtements chauds n'aidaient pas à s'imaginer à quoi elle ressemblait. Allant au culot, il s'approcha d'elle, et lui glissa :
- Qu'a-t-il fait pour mériter ce sort ?
Malgré sa capuche, il remarqua que c'était une femelle ; la trentaine pensa-t-il quand il vut son poil soyeux. Mais chose étonnante, là où les Goupils arborent un pelage à majorité brun ou roux, le sien était tout blanc. Seul le bout de sa queue était rousse.
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Falashas
FantasyLe mage errant Ts'avali pensait apprécier sa chope dans cette auberge en toute sérénité, c'était sans compter sur cette série d'incendies qui secoue sa ville de passage...
