Chapitre 2 : Le club des cinq

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« Et pour votre télévision, on fait comment ? Cela revient à madame, non ? »


Ces rendez-vous avec les avocats, le notaire et le juge, il y en avait souvent. Beaucoup trop à mon goût. Oui, évidemment, on a divorcé Agatha et moi. Elle me trompait depuis trois mois déjà avec ce Bryan, le chef de service du restaurant. Je hais les Bryan. En fait, je pense que niveau karma je ne pouvais pas rêver mieux. Rêver de mieux, tu parles.

Julie est une semaine sur deux chez sa mère, l'autre avec moi. Et Matt. Oui, forcément, dans 50 % des divorces, cela se passe très bien. Mais dans les 50 autres pourcents, cela ne se passe généralement pas comme on le voudrait. Réclamation d'argent, pension alimentaire, une partie de l'argent du loyer, les meubles, la vaisselle, l'électroménager, et la fameuse télé qui a évidemment coûté une blinde.

Elle m'a tout prit. J'ai été dévasté, énervé, triste, pris de remord... Toutes les émotions sont passées, et tout cela devant Matt qui m'avais accueilli chez lui, dans son appartement. C'est assez gênant. Tous les trois soirs je rencontre une nouvelle jeune fille plutôt mignonne et je garde mes écouteurs sur les oreilles à chaque fois. Ce mec est vraiment un chaud lapin.

Il évite quand même cela quand Julie vient à l'appartement ; et heureusement. Mon emploi du temps a rudement changé entre les allers-retours à l'école, la cuisine, le ménage, les courses... Car, oui, Matt est jeune et peu indépendant et les plats préparés et les fast-foods, c'est bien un temps mais Julie n'a pas à manger ce genre de cochonneries surtout à son bas âge. Je m'improvise donc femme de ménage, cuisinier, uber eat et taxis. Un soir, pendant que nous étions tous les trois à table, une discussion lointaine ne cesse de traverser mon esprit :


Julie – Papa, je peux avoir des pâtes ?

Brett – Je n'entends pas.

Julie – S'il te plais.

Matt – Elle est bien polie ta fille. C'est bien, elle a reçu une belle éducation.

Brett – Oui bah heureusement que sa mère est là tu sais... Disais-je en servant Julie.

Matt – Mmh. Dis-moi Julie, tu sais ce que tu veux faire comme métier plus tard ?

Julie – Oui ! Être la princesse des îles de roucoucounacou !

Matt – Que, hein ?

Julie – C'est papa qui m'a dit ça ! Je vais glisser sur les vagues et elles vont m'emporter dans l'île de roucoucounacou où je serais la princesse des îles de roucoucounacou !

Matt – Où t'es allé chercher ce nom ?! M'avait-il demandé.

Brett – Mon père avait sortie ça à ma petite sœur. T'as entendu, elle veut être surfeuse !

Matt – La fin équipe. En tout cas je te rappelle que l'entraînement pour demain va être intense.

Brett – Demain je serais sûrement en retard...

Matt – Jeffrey va encore te maudire. Ce n'est pas la première fois...

Brett – Je dois ramener la petite chez sa mère...

Matt – Tu sais, Disait-il en soupirant, La vie de famille est une chose, mais il faut savoir s'organiser correctement et gérer famille, travail, loisir, sport... Et ne pas sombrer, dans l'alcool.


Les mots de Matt avaient été dure à entendre mais, depuis le divorce, j'ai beaucoup de mal à m'en remettre. Je ne sais pas trop comment appeler ça mais disons que la joie que je ressentais depuis ces quatre dernières années s'est envolée. Elle s'est dissipée avec le temps et je ne ressentais plus rien. Il arrivait parfois que je laisse Julie à Matt certains soirs pour me bourrer la gueule un soir. Je bois presque tous les jours. Je prenais des verres avec les copains tous les soirs, c'est vrai, mais je n'étais pas tous les soirs bourré (bien qu'Agatha me le reprochais).

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