« De toute façon je ne t'ai jamais imploré ! »
A cet instant j'étais toujours dans l'eau salée et je sentais mon cœur palpiter. Je voulais reprendre une respiration des plus normales mais dans ces circonstances-là cela était presque impossible.
Je regardais autour de moi sans trop lever la tête, j'étais tellement fatigué et déshydraté que je n'étais pas loin du malaise et au vu de ma situation ce n'était pas le moment.
Durant ces instants, j'avais eu des hallucinations assez prenantes. Je regardais le ciel et je pouvais apercevoir Dieu.
Dieu ?! Dieu. Le grand patron.
Je me rappelle que j'avais versé des larmes en voyant ce signe et avais commencé à entamer la fameuse discussion du dernier espoir.
J'étais en sanglot et avais la voix qui tremblait.
Brett – Oh mon Dieu je vous implore s'il vous plait ! Aidez-moi, offrez-moi votre Grâce ! J'ai été reconnaissant de la vie... Certes, j'ai été mauvais, j'ai pêché, je le reconnais. Mais par pitié aidez-moi je ne veux pas mourir dans l'océan, pas ici, pas comme ça... S'il vous plait...
J'étais devenu complètement taré.
Bien évidemment, je n'avais aucunes réponses mis à part un soleil qui me rendais aveugle rien qu'à sa vue. J'avais imploré le seigneur une bonne dizaine de minutes avant de le haïr au vu du silence qui régnait.
Brett – Espèce de connard. Je ne t'ai jamais imploré de toute façon ce n'est pas maintenant que ça va commencer. Je peux me débrouiller tout seul tu entends ?! Allez, barres toi connard !
Était-ce les dernières paroles que j'avais prononcé à son égard.
Après le départ de Dieu de mes... Il était environ 15 heures. Non. En fait, cela faisait 15 heures que j'étais dans l'océan et mes doigts étaient si fripés... On aurait dit des knackis restés trop longtemps dans le micro-onde.
Les knackis... Ah ce « fameux » aliment souvent pour les enfants. Julie en mangeait quand elle était petite. Mais pas que. A ces soirées avec ses copains, je les avais déjà vu manger pâtes-knackis au milieu de dizaines de bouteilles d'alcool et de canettes de bières.
Ce souvenir (bien qu'il y en avait des meilleurs) m'avait fait sourire un bref instant.
C'était trop pesant pour moi. Je souffrais. Je commençais à vouloir des envies de mourir. Je voulais mourir à cet instant. Je pensais au suicide et avais essayé de remplir mes poumons d'eau. J'avais voulu causer un dysfonctionnement à mon cœur et avoir un traumatisme cardiaque. Malheureusement je n'avais pas réussi, mon corps était bien plus résistant que cela et ne voulait pas mourir. C'est assez ironique.
J'avais voulu recommencer mais impossible pour moi d'ingurgiter une nouvelle fois l'eau trouble de l'océan. Aussitôt elle était dans ma bouche, aussitôt je la vomissais.
Quelques heures étaient passées depuis mon envie suicidaire. Toujours en train de flotter, j'avais ressenti une sensation étrange comme si quelque chose me frôlé. Une bestiole m'avait frôlé la jambe. C'était un gros poisson de la taille d'un bus Londonien... En fait, c'était un requin.
Au lieu de mourir d'un arrêt cardiaque, j'allais mourir déchiqueté en périssant dans un bain de sang. On allait rejouer Les Dents De La Mer. C'est en regardant dans l'eau que j'avais vu une pointe noire. C'était un requin qui m'était bien familier. Cette espèce ne s'attaque généralement pas aux êtres humains.
Manque de bol moi qui voulais me voir mort...
J'avais tout de même vu une chance à ce moment-là :
Un requin, ça nage.
Ça va un peu vite, en tout cas vis-à-vis d'un être humain.
Une échappatoire ?
De toute façon je n'étais plus à ça près.
Je m'étais empressé d'attraper la pointe noire de l'animal pour qu'il me tracte un moment dans l'océan. Je ne savais pas si j'allais pouvoir apercevoir une île mais, qui ne tente rien n'a rien comme disait le dicton.
Ma tentative de l'attraper avait échouée. Le requin, pensant à une attaque sans doute, s'était enfuit.
J'avais hurlé un bon coup. Je m'en souviens, j'avais une rage immense. J'avais commencé à m'énerver et à perdre patience.
J'avais pensé qu'entre les mouettes et le requin j'avais fais le tour. Quel idiot j'étais.
Brett – Mais cette fois, je ne craquerai pas... Avais-pensé.
Les mouvements que j'avais fait dû à la présence du requin avait attiré des méduses. Ça avait sûrement dû les déranger ce chao dans les courants d'eaux.
Nous, les surfeurs, on le sait tous ; ce qui est dangereux chez la méduse ce sont les tentacules. Le venin vient de là et la méduse libère son venin uniquement quand on la dérange.
J'avais été piqué aux jambes et de nombreux poissons me les mordillaient pendant que moi je me débattais. Cela faisait penser à une vraie scène de torture, certains pensaient « ce ne sont que des poissons, ça devrait aller ! » mais, un poisson parmi tant d'autres qui bouffe la chaire arrachée était clairement la pire sensation que j'avais ressenti depuis mon plongeon. J'étais un vrai buffet à volonté.
Sur nos plages à Perth on n'avait pas beaucoup de méduses qui s'échouaient sur le sable mais, de temps à autre, cela arrivait. Il y avait eu une année, où je n'étais pas encore installé là-bas, où il y avait eu une invasion de méduses que la mer avait ramenée. Des dizaines et des dizaines de méduses sur le sable. La brigade de la plage avait fait son nécessaire mais il arrivait que des touristes ou des surfeurs se faisait piquer.
J'avais rêvé de cette crème qu'ils appliquaient aux « victimes » de l'animal en forme de champignon.
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28H
ActionEt si au beau milieu d'une nuit arrosée et d'une pizza avariée vous vous rendez finalement compte que vous êtes perdu au beau milieu de l'océan ? Mais, qu'entendez-vous par « au milieu de l'océan » ? Cette histoire, inspirée de faits réels, raconte...