« MATT ! JACOB ! GREG ! JULIANN ! MARCO ! »
Il était 2 heures et demie du matin. Il n'y avait aucunes lumières ni aucuns bruits si ce n'est celui des vagues de l'océan. Je n'avais ni radeau, ni bouée, ni gilet de sauvetage et la côte la plus proche se trouvait à plus de 30 kilomètres. Autant dire que tout était perdu pour moi d'avance.
J'avais hurlé de toutes mes malheureuses forces le nom de mes amis mais rien n'y faisait, ma voix était masquée par les vagues. J'avais littéralement brisé mes cordes vocales.
J'avais vite fait de changer de tactique et avais décidé de nager le plus vite possible pour essayer de rattraper le bateau mais, entre un bateau à moteur et un corps humain dans l'eau, la distance ne faisait que de s'accroitre. Je m'étais épuisé en un rien de temps. Il était trop tard de toute façon. Je ne voyais plus l'ombre du bateau. J'étais désemparé et complètement perdu.
Le cocktail explosif à base de solitude et d'impuissance allait être ma dernière collation. Je regardais autour de moi et ne voyais que simplement le drap bleu qui enveloppait déjà une partie de mon corps. C'est assez désolant pour un surfeur qui aime l'océan que de le haïr d'un simple claquement de doigts, d'un rebondissement soudain. La tempête s'était calmée et le soleil allait bientôt se lever. En revanche, je ne m'étais pas calmé et mon esprit était couché.
J'avais longuement dans ma vie admiré le silence et de le vouloir juste un instant, et bien là j'étais servi mais pas pour très longtemps : En effet, j'avais entendu un bruit qui provenait de l'eau, sous mon corps. C'était un rire. Un rire fourbe. J'étais dévasté par la peur. On avait tellement vu de choses horribles aux informations avec les garçons sur des surfeurs qui se faisaient déchiqueter en mer sans retrouver leurs corps dans 50 % des cas que ce rire complètement fou me rendait tout chose.
Ce n'est qu'au bout d'une minute, je m'étais aperçu que ce n'était simplement moi qui provoquais ces sons par de simples ricanements incontrôlables à cause de l'état de choc psychologique dans lequel je me trouvais. Je devenais fou.
J'essayais tant bien que mal de contrôler de fou rire mais ce n'est qu'une bonne dizaine de minutes que je réussie à retrouver le calme que j'admirais tant avant. Je repensais à ma vie, à Julie qui devait se faire un sang d'encore... Je perdais la tête. Comment pouvait-elle le savoir ? D'ailleurs, les garçons savaient-ils à cet instant là que j'étais en mer ? Non ce n'était pas possible, il était super tard, enfin très tôt, tout le monde dormait.
Malgré ce début catastrophique, j'avais réussi à garder plus ou moins la tête hors de l'eau même avec la tempête et les grosses vagues du début. J'avais quand même eu le droit à quelques tasses d'eau d'océan.
A la base quand on surf, on se retrouvait contraint de boire fréquemment la tasse. On s'habituait et cela ne nous faisait plus rien mais là, dans cette situation, cela était l'une des premières sensations des plus horribles qui soient.
J'avais un arrière-goût qui me donnais des remontées gastriques. L'estomac était en vrac, et je ne disais pas ça pour la pizza avariée.
Je ne voulais pas mourir. J'ai encore des tas de choses à vivre et à apprendre. J'avais donc eu l'idée de faire la planche, le comble pour un surfeur.
Je m'étais donc laissé dériver un long moment jusqu'à m'endormir de fatigue ; cela m'avait fait le plus grand bien de reposer mes yeux secs et gonflés mais, peu de temps après, j'avais repris conscience à cause d'une importante douleur à la tête : des mouettes...
Des mouettes ?!
J'avais déjà regardé Némo avec Julie quand elle était plus petite et, ces oiseaux pour moi, étaient très débiles. Ils le sont toujours d'ailleurs. La société nous montre les mouettes comme étant l'oiseau représentatif des plages. Les enfants reconnaissent cet oiseau par sa couleur et le cri qu'il émet. Oui, pour tout le monde ce n'est qu'un oiseau. Insignifiant. Sans risque. Foutaise.
Une mouette était au-dessus de ma tête et visait cette dernière. Je m'étais retrouvé avec deux mouettes qui me fonçais dessus. J'avais reçu quelques coups de becs par-ci par-là. J'avais saigné du nez et, en y réfléchissant bien maintenant, je pense qu'elles essayaient de viser mes yeux.
Quand vous vous faites frapper par une batte de Baseball, la douleur est immense et insoutenable. Cette douleur était la même.
J'avais pensé à saisir l'une des mouettes et de lui arracher la tête avec mes dents. Je perdais la tête. J'avais faim. Elles étaient folles. J'étais fou. Elles piaillaient. J'hurlais.
Voyant qu'elles n'obtiendraient rien de moi, elles m'avaient enfin abandonné. J'avais repris un peu mon souffle bien qu'il soit irrégulier. Cette mésaventure à base de mouette, n'était que le début d'une longue série de malheurs que j'allais vivre.
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28H
ActionEt si au beau milieu d'une nuit arrosée et d'une pizza avariée vous vous rendez finalement compte que vous êtes perdu au beau milieu de l'océan ? Mais, qu'entendez-vous par « au milieu de l'océan » ? Cette histoire, inspirée de faits réels, raconte...