Chapitre 4

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Je suis docilement Fulgur. Ses pas sont rapides, je suis obligée de trottiner pour rester à sa hauteur. Nous parcourons le palais pendant ce qu'il me semble être une éternité. Et la décoration intérieure ne m'aide pas à m'occuper. Les couloirs sont exactement les mêmes à n'importe quel point du palais. Entièrement en marbre blancs, des piliers se fondant dans les murs, et des flambeaux en métal onyx accrochés tous les deux mètres. Pour courroner le tout, je suis incapable de me repérer grâce à l'extérieur. Les architectes ont sûrement eu un ennui avec les fenêtres et ouvertures, et ont donc décidé de n'en mettre aucune à part les deux immense portes pour entrer.

Le dieu s'arrête devant une gigantesque arche menant à une pièce dont je ne peux voir l'aspect, un voile doré recouvre l'entrée. Il pose ses yeux turquoises sur moi et me demande d'une voix désagréablement autoritaire :

-Qu'est ce que tu lis ?

Il pointe du doigt un point juste au dessus de l'arche. Je vois inscrit en une écriture fine et dorée...

-Conseil. Non mais vous me prenez pour une analphabète ou une myope ?!?!

Jouer l'insolente avec un dieu n'est peut être pas la meilleure idée. Mais après tout, au point où j'en suis...

-La ferme, répond t-il en ignorant ma provocation.

Il réfléchit quelques secondes puis me pousse pour que je passe le voile doré.

-Me le demander aurait aussi marché, grommelais je.

J'avance tout de même. Au contact du voile un chatouillement agréable et une douce chaleur me traverse. De l'autre côté se trouve une grande salle destinée aux réunions. Une table en bois noir trône au centre. Autour six fauteuils vides. Sur les murs de la salle sont fièrement posés des armes. Épées, hallebarde, boucliers, il y en a pour tous les goûts. Je m'avance pour les observer. Elles sont magnifiques et ont l'air terriblement efficaces, j'en serais presque jalouse. J'aimerais bien les toucher mais je pense que cela ne plairait pas à Fulgur.
Je suis coupée dans mon observation par justement Fulgur qui rentre à pas pressés dans la pièce en murmurant des injures.

-Si je vous dérange tant que ça, je peux retourner auprès des autres âmes, tentais je.

-Dans tes rêves. Tu ne bouges pas d'ici. Et je t'interdis de t'assoir, continue t-il en voyant que je me dirige jusqu'à l'un des sièges.

Je lève les yeux au ciel mais obéis. Je ne pense pas que contredire les ordres d'un dieu soit une bonne idée.
Fulgur de son côté ne bouge pas, il reste planté au milieu de la pièce à rien faire. Je me rends compte après quelques secondes d'analyse qu'il se concentre pour utiliser sa magie divine. Il appelle les autres habitants du palais grâce aux pouvoirs mentaux que possèdent les dieux. Théa l'avait noté dans son carnet, et de ce que j'ai lu ils sont semblables aux miens. En tout cas le blond n'a pas l'air des plus à l'aise avec ces pouvoirs. Je vois des gouttes perlées sur son front tant l'effort lui est difficile, pourtant il n'utilise qu'une petite quantité de magie. Je trouve cela bizarre et le note dans un coin de ma tête.

-Ils vont bientôt arriver, me dit le dieu en s'asseyant sur l'un des sièges. Alors tu la fermes et ne bouge pas.

-Vous voulez que je reste plantée là ?! Et puis d'abord, qui est ce qui va bientôt arriver ?

Il me toise quelques instants avant de répliquer.

-C'est vrai, mets toi debout à côté de moi.

J'écarquille les yeux mais obéis. À ce moment précis je voudrais réellement être une déesse pour pouvoir lui mettre une bonne raclée.
À peine je me place aux côtés de Fulgur qu'apparaissent quatre personnes sur les autres sièges. L'une d'elle est vêtue d'une longue robe drapée blanche, un anneau doré sur chacun de ses majeurs. Sa posture droite et digne révèle son visage doux. Ses cheveux dorés, assortis à ses yeux, descendent en cascade sur sa peau miel. Il s'agit de Théa.

La reine divineDes histoires addictives. Découvrez maintenant