Chapitre 9 : Baby quoi ?

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Nightmare se réveilla doucement dans une pièce sombre qui lui était inconnu, allongé dans un lit au matelas un peu trop dur et recouvert d'un drap blanc. La lumière du jour passait à travers les stores et traçait des lignes parallèles sur lui et le sol gris en linoléum, signe qu'il avait passé la nuit. Pas de Ccino ni de Choly près de lui, et l'odeur du café manquait. Alors il se redressa désorienté et se mit à réfléchir. Rapidement il se souvint tristement des évènements de la veille : l'orage, Melancholy éplorée, Ccino malade, hôpital... Oui, il était sans doute à l'hôpital mais il lui semblait qu'il n'était pas allé se coucher. D'ailleurs on ne lui avait pas proposé un lit n'étant pas un patient.

Soudain il perçut des voix et des rires, majoritairement de femmes, provenant de l'autre côté de la porte dont l'embrasure s'était éclairé. Voulant résoudre le mystère, il se leva et s'y dirigea un peu chancelant vers celle-ci.

Il y découvrit un petit réfectoire où des femmes en blouses blanches, roses ou bleues prenaient le petit-déjeuner. On venait de mettre en marche la cafetière. L'une d'elle croisa le regard du squelette étourdi et se figea. Ses collègues l'imitèrent, rendant Nightmare un peu embarrassé.

- Monsieur Nightmare ! Dit gentiment une infirmière. Avez-vous bien dormi ?

- Euh... oui. Répondit-il timidement. Comment suis-je arrivé là ?

- Vous vous êtes assoupi en plein couloir, reprit une collègue, non loin de la chambre de votre conjoint. Notre chef de service nous a demandé de vous emmener en salle de repos des salariés. Toute l'équipe de nuit avait bien peine pour vous, vous sembliez vraiment exténué. Là c'est la fin de notre service, l'équipe de jour a pris le relai, nous allons prendre le petit-déjeuner avant de rentrer chez nous. Venez vous joindre à nous, nous avons du café, du thé, du pain, de la confiture, du beurre. Ah et Marguerite a ramené des viennoiseries, vous êtes tombé le bon jour.

- Je vous remercie, répliqua Nightmare plus à l'aise, c'est gentil de votre part mais je préférerai retrouver mon compagnon et je dois impérativement appeler une amie qui a du garder ma fille.

À ce moment une jeune en blouse rose l'interrompit.

- Il faudra un peu attendre Monsieur Nightmare, le médecin qui a prit en charge Monsieur Sans a transmis ce matin votre situation à Jackie, la sage-femme qui suivi la grossesse de votre compagnon et qui l'a assisté lors de l'accouchement. Elle est en ce moment même avec lui en entretien dans sa chambre. Mais je peux vous assurer que Monsieur Sans va mieux. Il s'est réveillé et semblait plutôt calme. Il n'a pas beaucoup mangé cependant, juste un café au lait.

Nightmare lâcha un profond soupir qui faillit le faire pleurer de soulagement. Ccino avait été amené dans un piteux état.

- Vraiment ? Il va bien ?

Il le demanda d'une voix tremblante pour l'entendre encore une fois et être certain que cela fût vrai. La petite équipe entière acquiesça et le confirma.

- Vous semblez dans tous vos états Monsieur Nightmare. Ne vous inquiétez pas tout se passera bien. Dans notre métier nous avons eu affaire à de nombreuses crises de paniques. Allez, mettez vous à l'aise, vous prendrez bien un petit café pour vous requinquer ?

- Volontiers, accepta-t-il plus par courtoisie que réel besoin, vous êtes bonnes mes petites dames, puis-je vous demander de m'appeler Night ?

Les « petites dames » gloussèrent comme des dindes devant tant de familiarité. Cela fit sourire le squelette et le détendit un peu avant de se confronter à nouveau à son compagnon.

Mon baby bluesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant