Chapitre 5 : Désenchantement (2)

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La petite famille rentra au café le lendemain peu après midi. Nightmare avait les bras chargés d'affaires, Ccino portait Melancholy. Devant la porte close, le squelette aux pupilles violines posa son chargement et chercha ses clés. Il déverrouilla la porte et laissa passer Ccino en premier. Il entra à son tour et alluma la lumière (les stores étant fermés). Enfin de retour, pensait le barista.

Ils se firent accueillir en trombe par une armée de petits fauves qui avaient tant manqué au barista qui les reçut avec grande joie. Ce n'était pas le cas de Nightmare déjà bien encombré.

- Pshhhh ! Ouste ! Ouste !

Il essaya de les dégager à coup de pied mais perdit l'équilibre et tomba à la renverse. Certains d'entre eux le prirent d'assaut, se frottant contre lui ou faisant sa toilette. Nightmare n'aimait toujours pas les chats, même sous sa forme passive.

- Saleté ! Pesta-t-il.

La mésaventure eut pour le moins l'effet d'arracher un rire à Ccino.

- Ne soit pas trop dur Nighty, ils sont contents de te voir.

- Tsss !

Melancholy, confortablement installée dans les bras de sa mère, ouvrit les orbites et porta son regard sur les petites peluches vivantes. Elle gazouilla et montra son intérêt soudain en tendant ses petits bras vers le sol. Cela attira l'attention du barista. « Oh, elle semble aimer ça... » se dit-il. Lancé par une initiative, Ccino se mit à genou et présenta Melancholy aux chats pour mieux voir et interagir avec eux. La petite était émerveillée. Les petits félins s'approchèrent tout doucement du nourrisson pour la renifler. Contrairement avec le partenaire de leur maître, ils s'y prirent avec grande délicatesse. La petite laissa éclater sa joie en riant et en gigotant. Le barista commençait à trouver cela plutôt agréable. Puis vint l'imposant matou à l'effigie d'un poulpe noir et visqueux, Goopy. En le voyant le sourire de Melancholy en fut plus grand, elle avait déjà choisi son favori. Ils n'allaient pas tarder à se trouver nez à nez que Nightmare le chassa très brusquement !

- VA T'EN DE LA TOI ! T'APPROCHE PAS DU BEBE !

Les chats se dispersèrent craignant la colère de Nightmare, Goopy se permit un feulement dédaigneux avant de décamper. Sa fille, impressionnée par les cris de son père, se mit à pleurer, chose que le barista ne pouvait supporter.

- Nighty ! Tu lui as fait peur ! Reprocha-t-il à son amant.

Nightmare s'en voulut aussitôt. Il prit sa fille et la couvrit de milles câlins et baisers.

- Oh ma princesse, ce n'était pas contre toi, mais ce vilain pouilleux allait te griffer.

Des remarques désobligeantes envers ses compagnons à fourrure, il en avait entendu maintes fois sans rien dire. Mais cette fois elle ne passait pas.

- Tu sais que c'est faux ! Ils ne lui feraient jamais de mal, même Goopy ! Dit-il sèchement sur le point d'exploser.

Nightmare dévisagea Ccino, jamais il n'avait réagit comme il venait de le faire, même pendant la grossesse. Dans son esprit quelque chose clochait. Le barista n'aima pas l'air que son amant lui portait, comme si il était en colère ou écœuré.

- Tu devrais aller dormir un peu, suggéra doucement Nightmare.

Ainsi son amant le rejetait ?

- Mais Nighty...

- Va te reposer.

Le ton était plus ferme. La tension de Ccino chuta d'un seul coup, alors il ne protesta pas et s'en alla sans se retourner à l'étage. Il attrapa Goopy en chemin.

Mon baby bluesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant