Le Professeur De Chimie

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La classe s’était tue. C’était la toute première fois qu’elle se défendait de la sorte. Tous la savaient vulnérable et timide. Certains ne connaissaient même pas sa voix. Pendant qu’elle parlait, un enseignant de chimie du lycée était placé à l’extérieur et observait la scène. Dès qu’elle eut terminé, il entra. Elle courut s’asseoir. Un calme s’installa dans la salle. Tous savaient que Monsieur Martin Ne Montrait les dents avec personne. Un seul bruit et toute la salle pouvait être punie.

Il scionna les couloirs de la salle, regarda chaque élève sans sourire. Au moindre petit bruit, il frappait sur une table de manière à faire partir les cœurs. Même les mouches quittaient la salle lorsqu’il entrait. Meda avait particulièrement un faible pour cet enseignant qui lui accordait plus de faveur qu’aux autres. Peut-être était-ce là une autre cause du mécontentement de ses camarades ?

Après avoir fait le tour de toute la classe, il revint devant et prit la parole.

Monsieur Martin : un jour vous comprendrez pourquoi il est important de respecter les autres. Lorsque vous entrerez dans un bureau pour demander un service qui doit changer votre vie et que c’est elle qui sera sur le siège, vous prierez qu’elle ait toujours son cœur d’aujourd’hui.

Une voie lança du fond de la salle,

-on sait que c’est votre copine

Monsieur Martin : que la personne qui a dit ça se lève avec toutes ses affaires et rentre chez lui avant que ça ne devienne autre chose.

Lorsqu’il parlait, ses yeux sortaient de l’orbite. Les mots étaient articulés avec rage. Il fallait avoir plus d’une tête pour contester ses ordres. Même cet élève indiscipliné n’avait pas pu se fondre parmi les élèves. Il devait sortir avait un grain de honte sur la tête. Apeurer par les heures d’absence, il se mit à supplier l’enseignant.

-je suis désolé monsieur, je ne vais pas recommencer. Je n’ai fait que dire ce que les élèves disent sur vous.

Monsieur Martin : tu es donc le malheureux qui va payer pour tous les autres. Laisses ta langue pendue et on te la coupera. Vas m’attendre à l’extérieur, les toilettes ont besoin de nettoyage.

Meda observait la scène sans rien dire. Elle avait la tête posée sur la table et visionnait son enseignant comme s’il fut un téléviseur. Malgré sa peur de s’approcher de cet homme frustrant, elle le voyait néanmoins comme étant le plus beau de tous de par son élégance, sa propreté, sa délicatesse lorsqu’il s’adresse à elle. Elle le pensait marier et trop vieux, elle préférait refouler ce qu’elle appelait un caprice de gamine.

La petite scène était passée, l’enseignant de l’heure était revenu terminer son cours. Pendant la pause, Meda qui n’avait pas vraiment d’ami était comme d’habitude allé se cacher au pied du grand arbre pour regarder les autres. Elle amassait les nouvelles qu’elle allait raconter à Mère Esther en soirée. Pendant qu’elle observait, Monsieur Martin s’approcha d’elle, lui donna un léger coup sur l’épaule. Elle sursauta.

Meda : oui monsieur, j’ai fait quoi ?

Monsieur Martin : J’admire ton courage, tu n’es pas comme les autres filles de ton âge.

Meda : ce n’est que normal, toutes les autres filles ont une famille. Moi j’ai mes bonnes sœurs

Monsieur Martin : je te trouve bien ingrate jeune fille. D’autres n’ont même pas eu la chance de continuer leur vie dans un couvant comme toi car ils sont morts. D’autres ont grandi dans la rue car il n’y avait personne pour les prendre en charge. Certains sont devenus des voleurs par manque de nourriture. Mais toi tu as été béni par ces femmes qui t’ont inconditionnellement donné leur amour. Sois plus reconnaissante.

la femme rouge Des histoires addictives. Découvrez maintenant