Au sein de l'Empire les lois et les dieux décident du destin de chacun de ses habitants. Tout le monde vivait dans cette contrée en harmonie, jusqu'à ce que la Sorcière Suprême croise la route du Divin Empereur, et que ces derniers constatent que l'...
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La sorcière suprême cligna des yeux pour dévisager l'homme nu qui lui enserrait le cou, ses cuisses musclées lui compressant les hanches. Elle plongea ses yeux d'améthyste dans ceux noirs, trous béants remplis de cruauté du divin empereur.
Elle tenta de lire au plus profond de son âme impénétrable, de trouver trouver une once de miséricorde en l'homme le plus puissant de l'empire, le seul être humain plus puissant qu'elle, le seul capable de la battre. Mais elle ignorait que ce quelle allait y trouver la troublerait plus que la situation délicate où elle se trouvait.
Dix ans. Dix ans auparavant, alors qu'elle avait treize ans, elle s'était trouvée exactement dans la même position.
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- Ma dame ? Vos dames de compagnies vous attendent, il est temps de partir. Vous vous débarbouillerez ce soir, vous avez déjà pris trop de retard.
Elle leva, époussetant la terre rouge souillant sa brigandine de cuir noire, et se tourna vers le Maître d'armes en tapant du pied.
- Maître, laissez-moi encore une dernière chance, je veux le battre !
Elle pointa du doigt le jeune homme de seize ans qui remettait nonchalamment ses gantelets de cuir poupre, satisfait de sa victoire.
- Tu ne peux pas me battre, tu le sais bien. Tout le monde dit que ce sera moi le meilleur guerrier de la ville. Où tu iras, ce sera sûrement toi la meilleure. Puis tu apprendra également à utiliser tes pouvoirs, à la Tour des mages, et là, tu sers invincible.
- Mais je ne veux pas partir, c'est injuste ! S'écria la jeune fille, les yeux embués de larmes en se jetant dans les bras de son ami.
- Tu dois partir, tu dois finir ton apprentissage loin d'ici, l'impératrice l'a décidé. Son entourage et elle se font vieux, ils seront bientôt remplacés. Une place importante d'attendra sûrement au sein du gouvernement, tout comme moi. Nous devons accepter nos destins, il en est de la survie de l'empire contre les menaces extérieurs et les créatures du mal.
Ici, le statut de chacun est choisi de droit divin. Un fils de paysan peut devenir conseiller impérial, une fille de courtisane cheffe de guerre. Quand on naît, les saintes prêtresses qui accouchent les femmes savent si l'enfant deviendra un personnage haut placé.
Les enfants ordinaires sont élevés par des professeurs dans leur village d'origine, et deviendront marchands, artisans, paysans...
Les autres sont envoyés dans les palais seigneuriaux où on leur apprend les trois Grands Arts, qui sont les arts martiaux, les arts manuels et les arts de la pensée.
Entre treize et vingt ans ces jeunes gens choisis par les dieux développent leur pouvoir, et sont envoyés dans différents lieux leur permettant de trouver leur voie : les Tours des Mages, où sont enseignés l'alchimie, la sorcellerie et la divination ; où seront envoyés aux palais impériaux où est enseignée la politique.