Au sein de l'Empire les lois et les dieux décident du destin de chacun de ses habitants. Tout le monde vivait dans cette contrée en harmonie, jusqu'à ce que la Sorcière Suprême croise la route du Divin Empereur, et que ces derniers constatent que l'...
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-Ma Dame ? Ce fut la douce voix d'Elena qui tira la Sorcière de ses rêves agités. Elle cligna des paupières et repoussa légèrement la chevelure rousse de la jeune fille qui balayait son visage. -Pardonnez-moi de vous réveiller, Sorcière, mais vous devez vous préparer pour vous rendre au Palais Impérial. -Merci de me le rappeler, Elena, mais ne t'en fais pas, ce séjour au palais m'a obsédée toute la semaine, je ne risquait pas de l'oublier ! Je suis si nerveuse, je sais que je ne devrais pas, mais j'ai l'impression de faire quelque chose de presque...interdit. Elena reposa sa tête sur l'épaule de la Sorcière, qui caressa la peau diaphane de son dos. -Vous n'avez aucune raison de vous inquiéter, vous serez resplendissante au bal. Et n'ayez crainte d'éventuels conspirateurs, vous savez très bien que vous avez le pouvoir de les écraser tels de vulgaires moucherons. -Mais Elena, ce n'est pas des médisants que j'ai peur, c'est des dieux ! Que penseront-ils lorsqu'ils me verront, grimée en concubine, au bras de l'Empereur ! Imagine qu'ils me jugent indigne de ma fonction, ce serait du jamais-vu ! -Justement, ma Dame, croyez vous que depuis des millénaires les Sorcières ont mené une vie totalement monacale ? Nous sommes des femmes fortes et libres, rien ni personne ne pourra nous empêcher d'en faire à nos têtes de temps en temps ! Regardez les orgies que nous faisons à la Lune Violette, sont-elles plus morales que le fait d'aller à un bal ? Nous y sommes justes habituées vu que c'est une traditions, pourtant si un groupe de paysans nous voyait faire cela ils tomberaient des nues... À ces paroles rassurantes la Sorcière se releva, décidée.
-Tu as raison Elena. Je serais la plus belle du Bal du Solstice d'Été, et rien ne pourra m'y en empêcher. Elle fouilla un instant dans sa garde-robe et choisit un pantalon de cuir, des bottes de cavalière et une chemise de lin, une brigandine et des gants de cuir noirs, une longue tunique ouverte damassée et une cape mauve. Elle prit également deux dagues d'argent ornées d'améthystes, une à la cuisse et une à la ceinture, ainsi que deux sabres, qu'elle portait dans son dos. Elle avait teint et noué ses longs cheveux bouclés, désormais couleur de vin, en deux tresses et avait dissimulé le bas de son visage derrière une voilette. Elle voyagerait seule, car personne ne devait la reconnaître. Elle enfourcha son percheron noir. Elena se tenait dans l'embrasure de la porte, son corps de sylphide à peine dissimulé sous un déshabillé de soie crème. -Vous êtes sûre de vouloir partir seule, Ma Dame ? La sorcière hocha la tête. -L'empereur n'est plus l'adolescent que j'ai connu. Il est devenu tellement pervers et mégalomane...Il pourrait vous faire du mal, vraiment. -Vous l'aimez ? La Sorcière failli tomber de son cheval en entendant cela. -Tu es folle, Elena ! C'est vous, mes femmes, que j'aime, et cela ne changera jamais ! D'ailleurs, prends-en grand soin en mon absence, et que les dieux vous protègent ! Sur ces entrefaites, elle parti au galop dans un grand nuage de poussière dorée. Alors qu'elle chevauchait sans répit, ni même pour boire ou dormir, seule, à travers les bois et les prés, elle réfléchissait. Et si Elena disait vrai ? Elle tenait à ses femmes plus que tout, mais n'était-ce pas les traditions qui voulaient cela ? Et cette semaine, n'axait-elle pas bousculer ces mêmes traditions en se présentant elle-mêmes au Bal ? Elle fit accélérer son, cheval, comme pour chasser ces pensées déviantes de sa tête. Elle ne pouvait pas, elle ne devait pas aimer ce coureur de jupons assoiffé de grandeur...