Il fallait à tout prix que je quitte cette salle pleine de monde, car les rires, les paroles, les couleurs, la musique, absolument tout me faisait tourner la tête. Je ne me sentais pas bien du tout mais en l'instant actuelle, j'étais bien incapable d'analyser ce que je pouvais ressentir exactement. Je m'étais brusquement levée de ma chaise, sans adresser le moindre regard, ni à Adrian, ni à la salle elle-même, je baissais la tête, regardant mes escarpins noirs, les lèvres pincées, la démarche incontrôlable et énergique. En ce moment même, nous pouvions me qualifier de "désespérée", car c'était bel et bien ce que j'étais : ne sachant ou j'allai, ne sachant quoi penser de tout cela, mon esprit demeurait vide, sans pensées, sans réflexions sur le sujet.
J'avais quitté la salle de bal et j'empruntai dans un élan de colère, les escaliers, courant à demi, les dévalant trois par trois le plus vite possible, manquant de tomber à plusieurs reprises à causes de ces stupides chaussures que je décidai d'enlever sur un coup de tête. J'étais aussitôt arrivée à l'entrée principale, plongée dans une profonde obscurité. Je poussai la grande porte de toutes mes forces et parvins à me faufiler à travers l'étroit passage que j'y avais délivré. Je courais à présent, pieds nus, dans les champs de fleurs illuminés par la lune. Je respirais enfin cet air pur, cet air qui emplissait mes poumons. Je fermais les yeux, savourant ce court sentiment de liberté, cet éphémère sentiment de liberté.
Je décidai de m'asseoir, ici, au milieu des fleurs de toutes sortes, de toutes les couleurs, leur parfum chatouillant mes narines comme à leur habitude. La nuit était calme, le vent était léger, seul le bruit des vagues au loin était perceptible. Les étoiles étaient nombreuses dans ce ciel d'automne, et je les regardais, je m'allongeai, la douceur du vent caressait mon visage, mes cheveux, je n'avais plus envie de bouger, plus envie de partir. Je repensais aux paroles de mon cavalier tout en méditant sur ces dernières, les mêmes phrases revenaient sans cesse me hanter :
"Je suis un très bon ami à Jason (...) jamais il n'aurait fait un truc pareil (...) la légende (...) nous en avons tous peur, y compris Jason, sur ce point là, il n'a rien de différent"
Il n'avait rien fait, Sacha avait tout inventé... Comment avait-elle osé accuser une personne innocente ? Je savais qu'elle détestait Landley, mais au point de lui attribuer des actes dont il n'était guère le maître, tout cela allait un peu loin. Je soupirais, me demandant ce qu'il m'avait prit de quitter le bal aussi inconsciemment, la haine m'avait aveuglée. Au loin, la grande horloge sonna vingt trois heures, puis le silence s'installa de nouveau, assourdissant, étourdissant. Fallait-il que je rentre ? J'avais beau essayer de m'en convaincre, je n'osais pas bouger, j'attendais, là, parmi les fleurs, à regarder le ciel nocturne, sans jamais avoir à m'en lasser.
Mais tout à coup, un bruit retentit, un bruit léger, à peine perceptible, mais pourtant, je l'avais entendu, il avait rompu le silence pesant, présent depuis que j'étais arrivée dans ce champs. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien être ? Un craquement ? Des pas ? Etais-je réellement seule ? Fallait-il que je regarde d'où cela provenait, ou bien que je reste allonger sans m'en préoccuper ? J'entendais ma propre respiration, aussi légère que l'air, aussi douce que le bruissement qui se rapprochait de moi à pas feutré. Cette fois j'en étais certaine, il s'agissait bel et bien d'une personne. Était-ce Sacha, John, Elen, ou bien...
-Salut-dit une fois familière, une voix que je détestais.
Je ne répondis pas, je me contentais de lever la tête pour l'examiner. Il était éblouissant dans son costume de bal, élégant, séduisant comme à son habitude. Il passa une main dans ses cheveux châtains et m'adressa un regard gêné, sombre, gris. Il s'était rapproché doucement de moi et avait sorti quelque chose de la poche intérieur de sa veste.
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Blossomwood
Misteri / ThrillerSamantha Dawkins est une jeune adolescente rebelle de 17 ans. Après avoir été injustement accusée d'avoir tenté de mettre le feu à son établissement scolaire, un prestigieux lycée privé, elle est renvoyée sur le champ sans autre forme de procès. Alo...
